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Le port de Saint-Malo se prépare au Brexit

18 octobre 2019 à 10h06 Par Alexandra BRUNOIS
Crédit photo : Yann Launay

Un accord autour du Brexit trouvé hier entre l'Union Européenne et le Royaume-Uni. Accord or not de toute façon, on se prépare dans l'Ouest et on semble prêts. Un test grandeur nature a eu lieu hier à Saint-Malo. Reportage de Yann Launay

L'incertitude persiste autour du brexit : un accord a été trouvé hier matin, mais le texte doit maintenant être voté par le Parlement britannique, ce qui est loin d'être acquis... Le Royaume-Uni pourrait donc quitter l'Union Européenne le 31 octobre, sans accord...

Les douanes françaises en tous cas se disent prêtes, quoi qu'il arrive : un nouveau test grandeur nature avait lieu hier matin au port de Saint-Malo. L'enjeu est de pouvoir rétablir le contrôle des camions qui débarquent du ferry, sans provoquer d'engorgement...

Un système baptisé "frontière intelligente" a été mis en place : grâce au numérique, les douaniers reçoivent les déclarations correspondant aux marchandises pendant la traversée, et un message sms est envoyé aux chauffeurs pour leur dire s'ils pourront prendre la route directement, ou s'ils devront s'arrêter en douane, comme par exemple Jonathan, contrôlé sous l'oeil de Christian Boucard, directeur interrégional des douanes Bretagne - Pays de la Loire

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Jonathan : "Je ne savais pas que j'allais avoir un accueil aussi chaleureux ce matin.. si, on a eu dans le bateau un message comme quoi j'allais venir dans une file orange pour un contrôle de douane... Espérons qu'on ne va pas être tout le temps arrêtés comme ça...Le temps c'est de l'argent.."
Christian Boucard : "Le but c'est de cibler les contrôles sur les chargements à risque. Pour cela, on a toute une série de renseignements, de critères, pour sortir un ou plusieurs camions à contrôler... Les contrôles documentaires sont faits à 100% avant : ça ne bloque pas, puisque c'est fait avant l'arrivée des camions..."

Le chargement de Jonathan était en règle, le chauffeur a pu repartir après moins de 15 minutes. 17 douaniers vont venir renforcer les effectifs dans les ports et aéroprts bretons.

PRESERVER LA FLUIDITE

Le terminal ferry de Saint Malo a été reconfiguré pour pouvoir effectuer des contrôles de chargements sans occasionner de bouchon, sans faire perdre trop de temps aux transporteurs. Pour Christian Boucard, la fluidité paraît garantie :

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"On a constaté ce matin, que compte tenu du nombre de poids-lourds actuel, il n'y a pas de risque de blocage sur Saint Malo.. Ce que l'on ne peut pas totalement anticiper, c'est les détournements de trafic : si des camions sont réorientés sur Saint Malo, sur Roscoff, parce que ce serait un peu embouteillé dans les Hauts de France. Dans ce cas-là, on serait amenés sansd doute à renforcer les moyens, en Bretagne, pour effectuer ces contrôles..."

SAINT MALO TERMINAL FERRY CONTROLE DOUANES 1.jpg (306 KB)

La Brittany Ferries assure la liaison quotidienne Saint Malo - Portsmouth, et pour la compagnie bretonne, préserver la fluidité du trafic est impératif, comme l'explique Jean-Marc Roué, président de la Brittany Ferries :

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"Pour nous, l'enjeu c'est de ne pas rallonger le temps d'escale des navires. Il faut que le garage du bateau se vide aussi vite que par le passé, de façon à recharger le garage et repartir... Si jamais on est obligé de rallonger le temps d'escale, le bateau ne fera plus sa traversée dans la journée.. on casse le modèle économique..."

INQUIETUDE SUR LE TRAFI PASSAGERS

La Brittany Ferries a travaillé avec le service des douanes pour mettre en place le système de "frontière intelligente", et devant les tests grandeur nature réalisés, Jean-Marc Roué se dit confiant : le transport de marchandises ne devrait pas être perturbé par un brexit sans accord... Mais le président de la compagnie reste inquiet pour l'avenir du trafic passagers, qui représente 80% de l'activité de la Brittany :

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"Potentiellement, pour les voyageurs qui veulent venir avec leur animal domestique, ils vont devoir avoir un passeport pour leur animal, pour démontrer qu'ils sont à jour des vaccins nécessaires. La deuxième chose, et on l'a vérifé déjà en 2019, c'est que le pouvoir d'achat des Anglais sur la zone euro s'est fortement érodé, la livre sterling a baissé de 20%... On espère que la livre ne baissera pas plus après le 31 octobre, mais à mon avis c'est un espoir qui est vain..."