Bretagne

Le confinement impacte le secteur de la pêche !

02 avril 2020 à 09h24 Par Dolorès CHARLES
Crédit photo : Pixabay

Le marché des produits de la mer a chuté de 75% en France, depuis le début du confinement lié à l'épidémie. Une grande partie des bateaux reste à quai, et pour ceux qui sortent en mer, difficile de s'y retrouver financièrement.

La filière laitière en colère… Face aux ventes en baisse, les laiteries demandent aux producteurs de réduire les volumes, et évoquent une baisse du prix. L’Interprofession a demandé à Bruxelles de créer un fonds de solidarité, qui pourra indemniser les éleveurs impactés. Autre filière touchée, l'horticulture. Certains membres de la profession au lieu de jeter leurs fleurs sont allés fleurir les tombes ou les ont données. Le salon du Végétal qui se tiendra à Angers en septembre, apporte son soutien aux producteurs. Les équipes du salon travaillent à apporter des solutions concrètes post-crise !

Le choc est rude pour la pêche

Le marché des produits de la mer a chuté et les pêcheurs bloqués à terre observent aussi les gros chalutiers piller leurs eaux... Pour ceux qui sortent encore, difficile de s'y retrouver financièrement : c'est le cas par exemple de Philippe Briant, spécialisé dans la pêche au bar, qu'il pratique à bord du "Namouic" au large de la côte sud -Finistère :

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"On ne va pas aller vendre du poisson à 8 ou 9 euros quand il se vend habituellement à 20 euros. On a du mal à écouler la marchandise à un prix correct. L'un des marchés les plus importants : l'Italie, mais aussi la Suisse, l'Allemagne... ces marchés-là sont pratiquement fermés... Je vendais aussi à un restaurant étoilé, il est fermé... Il faut que j'essaye de pêcher d'autres espèces, et puis essayer de vendre davantage au détail..."

Le consommateur a un rôle à jouer

Lionel Faure est le secrétaire général de l'ABAPP - l'Association bretonne des acheteurs des produits de la pêche - et pour lui, le consommateur a un rôle à jouer pour relancer la filière et limiter les dégâts économiques :

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"Beaucoup de gens sont allés acheter des boîtes de conserve, des pâtes, et c'est bien légitime dans ce mouvement de repli un peu sur soi, mais on espère que les gens vont comprendre que pour leur santé, il faut que les gens achètent des produits frais, du poisson : on peut aller chez son poissonnier, ou au rayon poissonnerie des grandes surfaces, et plus les gens iront vers ces rayons-là, plus ils seront alimentés : ce sera un cercle vertueux..."

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La vente directe

Comme d'autres de ses collègues, Philippe Briant s'est mis à la vente directe, au port de Trévignon, à Trégunc près de Concarneau, pour tenter d'écouler une partie de sa pêche auprès des particuliers. Mais pas question pour lui de négliger les consignes de sécurité sanitaire :

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"Il y a un local de vente, il y a des horaires différents suivant les pêcheurs. Les clients n'ont pas le droit de toucher le poisson : je présente la caisse à distance et je leur demande ce qu'ils veulent. Je n'ai fait qu'une vente pour l'instant mais j'ai trouvé les gens très disciplinés..."

Philippe sera de nouveau ce dimanche (5 avril) au port de la pointe de Trévignon, entre 10h et midi, pour vendre sa pêche. Vous avez peut-être un point de vente directe de poisson près de chez vous : vous pourrez le savoir grâce à la carte participative établie par l'ONG "Pleine Mer" et disponible sur la page facebook de l'association : fecbook.com/PleineMerAsso/

Pour Lionel Faure, le développement de la vente directe se comprend, pour tenter de limiter les dégâts, mais avant tout c'est le système de vente sous criées qui doit retrouver un fonctionnement plus proche de la normale :

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"La pêche, c'est quelque chose de très encadré : la vente en criée permet la préservation des espèces, l'équité aussi entre les acheteurs. Il ne faut pas perdre de vue que nous avons une filière française exceptionnelle , en terme de qualité des produits, avec la vente en criée. Il faut la préserver..."

Le gouvernement ne doit pas oublier les pêcheurs

Philippe Briant sait que la vente directe ne compensera pas les pertes, et le breton compte aussi sur le gouvernement pour ne pas oublier les pêcheurs artisans :

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"On a eu un hiver très dur, avec énormément de vent, donc on n'a pas pu faire grand chose, et là maintenant c'est laborieux... On espère avoir les 1.500 euros d'aide que le gouvernement nous promet, normalement... On a énormément de charges, donc 1.500 euros ce serai un bon petit coup de main..."

Un reportage de Yann Launay.