Le Brexit inquiète dans l'Ouest

16 janvier 2019 à 16h24 par Katell LAGRE

Le Brexit inquiète plus que jamais, alors que le Parlement britannique vient de rejeter l'accord de divorce avec l'Union Européenne. La perspective d'un "Brexit dur", sans accord avec l'UE, effraie les milieux économiques... et les britanniques installés dans l'Ouest.

HIT WEST

De nombreux britanniques installés dans l'Ouest ont demandé la nationalité française, depuis le référendum de juin 2016. C'est le choix fait par Emily, installée dans le Morbihan. Elle vit et travaille en France depuis 20 ans :

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"J'étais très inquiète, parce que je suis fonctionnaire, j'ai eu le droit de passer les concours de l'Education nationale, et je me suis dit : mais est-ce que j'aurai encore le droit d'être fonctionaire ? Donc pour me protéger et protéger ma famille, j'ai demandé la nationalité française. Et de plus, je voulais rester européenne, c'était important pour moi.."

Dans l'incertitude, les Britanniques installés dans l'Ouest tentent de se protéger, et pour certains d'entre eux, les conséquences du Brexit sont déjà concrètes :

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"Pour certains amis qui sont déjà à la retraite, du fait que leur pension dépend de leurs revenus en Grande-Bretagne, il ont déjà, avec la baisse de la Livre sterling, perdu aux alentours de 20% de leurs revenus.. Toutes mes connaissances, tous mes copains d'origine britannique ont demandé la nationalité française, comme moi, parce que personne ne peut prévoir quels seront les droits et les devoirs des citoyens britanniques en Europe, et vice versa.."

Après ce rejet de l'accord de divorce par le Parlement britannique, la possibilité d'oraniser un nouveau référendum a été évoqué. Mais Emily n'est pas certaine d'y être favorable :

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"Si j'étais sûre que le résultat serait différend, oui. Mais je n'en suis pas sûre.. Je pense que la question devrait être posée différemment, et je pense que la première fois les choses n'ont pas été bien expliquées : les gens n'ont pas compris à quel point nous étions liés avec l'Europe, et combien l'économie du pays en dépendait.."

Emily se dit attristée par cette division à l'oeuvre au Royaume-Uni, une division profonde, et à tous les niveaux :

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"La fracture existe entre des amis, dans les familles, mais plus largement, dans le pays même : l'Ecosse a voté pour rester dans l'Europe, l'Irlande du Nord également, finalement il n'y a que l'Angleterre et le Pays de Galles où la majorité a voté pour partir.. La paix, qui a été rétablie entre les deux Irlandes, risque d'être fragilisée s'il n'y a pas un accord sur la frontière entre les deux Irlandes.. Les clivages sont à la fois petits et grands.."

Propos recueillis par Yann Launay.