Le boom des jardineries et pépinières !

16 avril 2021 à 4h06 - Modifié : 16 avril 2021 à 4h19 par Dolorès CHARLES

HIT WEST
Couëron - La Maison du bananier
Crédit: Cédric Mané (Hit West)

Un an après le premier confinement, les pépiniéristes et les jardineries font toujours le plein. Chacun s'attache à arranger son jardin ou sa jardinière. Reportage à Couêron de Cédric Mané.

"Même si ma terre est naze, je m'éclate dans mon jardin". Frédérique déambule entre les feuilles qui débordent dans les allées de la pépinière qu'elle a découverte il y a un an, "La Maison du bananier" dans la campagne autour de Couëron. Elle sait y piocher les semis et les conseils, mais ne se formalise pas pour autant : si ça pousse c'est bien, mais pour elle, le plaisir est avant tout de mettre les mains dans la terre.

Frédérique

"J'ai la chance d'avoir un jardin donc c'est agréable de prendre l'air, de sortir. Depuis un an je plante plus, je choisis un peu plus, je réfléchis plus.
J'ai un petit jardin mais j'arrive quand même à mettre des trucs. On réagence un peu le jardin, on enlève et on replante. Donc on passe le temps... Le jardin va être magnifique (rires)... Non, il n'est pas magnifique mais il est pas mal".

A La "Maison du bananier", la ruée sur les plants et semences se confirment : il y a un peu moins d'un an, à la sortie du premier confinement, 85% des Français affirmaient avoir passé du temps à s'occuper de leurs plantes, au jardin, au balcon, ou sur le rebord de la fenêtre. En 2020, la vente de semences et de plants potagers avaient permis aux commerçants de quadrupler leur chiffre d'affaires. Une tendance qui se confirme cette année : après avoir partagé la zénitude des tomates et des plantes d'ornements, ou s'être arrachés les cheveux face aux invasions de moucherons, les Français se sont lancés dans une "saison 2". Au point que les pépiniéristes ont parfois du mal à fournir, c'est le cas de Julien Bernard, pépiniériste à "la Maison du bananier" à Couëron :

Julien Bernard

"C'est un peu la folie, en effet. On travaille les petits fruits, les légumes et il y a une énorme demande là-dessus, ça peut poser des problèmes parce que mine de rien le milieu horticole manque de plantes, le temps de produire il faut du temps : la fraise, la verveine, des fruitiers comme la framboise.
Ca se refait assez vite, donc dans les deux mois ça va se remettre, mais le temps que ça pousse un minimum, il y a un petit laps de temps où il y a un creux pour certaines plantes".

Pour cette deuxième année, les profanes de 2020 ont retenu la leçon : malgré ses déboires et la bagarre contre les limaces l'an passé, Lucile n'abandonne pas :

Lucile

"Depuis un an, c'est super intense car je n'ai pas autre chose à faire, je n'ai vraiment pas de boulot du tout, je n'ai rien d'autre à faire, du coup je fais ça tout le temps et je m'éclate dans mon jardin qui est tout pourri parce que la terre est vraiment naze. Le potager j'ai essayé, l'année dernière, je n'ai rien eu du tout parce que tout a été bouffé par les limaces... Cette année, je refais mon jardin de manière beaucoup plus pro, avec des "carrés potagers", un système pour couvrir le carré. J'ai bon espoir de manger des tomates et des courgettes, et c'est quand même assez facile si les limaces me laissent tranquille...et du coup je devance les limaces et j'ai mangé mes premiers radis. Là, il y a trois jours".

En jardinerie, on cultive les conseils

Aider les débutants à lutter contre les déconvenues, c'est le gros du travail de Julien Bernard avec les clients : donner des conseils, même basiques, que ce soit au jardin ou sur le balcon :

Julien Bernard 2

"Il y a différentes plantes qu'on ne peut pas se permettre de mettre dans des balcons, dans des pots, etc. Mais, on a de quoi travailler pas mal de choses, c'est plus un apport de bonne terre, un bon mélange, avoir un apport nutritif, de bons nutriments... C'est une logique qu'il faut avoir dès le départ, même si elle ne mange pas un steack haché tous les jours, elle a besoin d'éléments nutritifs, un engrais naturel : si c'est fait régulièrement, la plante pousse correctement".

Un reportage fleuri de Cédric Mané.