Le 1er mai, c'est le jour du muguet !

1er mai 2019 à 2h26 par Emilie PLANTARD

C'est le printemps ! La petite fleur aux clochettes blanches va garnir les étals des fleuristes ces jours-ci, demain les vendeurs particuliers prendront parfois le relai. Reportage d'Emilie Plantard.

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Crédit: Pixabay

Chaque année, les fleuristes attendent fébrilement leur livraison.... Car le muguet est une petite fleur qui fait ce qu’elle peut pour tenir le planning imposé du 1er mai et ce n’est pas toujours facile ! Ceci dit, l’hiver 2019 a connu quelques douces températures en février et il devrait être prêt dans les temps pour être offert en guise de porte-bonheur. Quelques jours durant lesquels les fleuristes vont le vendre en brin seul ou ornementé de quelques fleurs, en pot ou en composition. Et quelques jours seulement.

Le muguet est délicat et fragile, il est en fleur peu de temps et ne se vend plus après le 1er jour du mois de mai, comme l’explique la fleuriste Sandra Cambriel, gérante des boutiques Hibiscus à Nantes.

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« La particularité du muguet c’est que vous l’offrez soit avant le 1er mai, soit le 1er mai. La plupart du temps vous l’offrez le 1er mai pour porter bonheur.  C’est un signe, comme au nouvel an vous souhaitez les vœux, au 1er mai c’est une tradition, surtout en France, vous offrez votre brin de muguet. »

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« Les demandes ont changé depuis 2 ans, on vend plus de compositions de muguet, de pots de muguet… Parce que je pense que les personnes veulent quelque chose qui dure, qu’ils peuvent replanter, qui dure plus que le brin de muguet qui est éphémère. Nous on s’adapte et c’est bien à notre époque actuelle d’avoir quelque chose qu’on peut replanter et se dire que le muguet qu’on a acheté va pouvoir pousser tout autour de chez nous »

La vente "à la sauvette", spécialité du muguet !

L’autre contrainte des fleuristes face au muguet, c’est l’autorisation aux particuliers de le vendre le 1er mai. Une autre coutume, largement pratiquée et qui vient concurrencer le travail des professionnels, même si ces vendeurs d’un jour sont censés respecter quelques consignes. Le législateur impose en effet que le muguet soit sauvage, vendu sans autre fleur et en petite quantité, à distance des fleuristes. Pas toujours réglo, ces vendeurs font malgré tout partie du folklore selon la fleuriste qui s’approvisionne chaque année auprès de producteurs locaux.

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«Ca a toujours été… On a juste une qualité différente. Les fleuristes, nous proposons du muguet extra, du 1er choix, alors que les vendeurs à la sauvette vendent généralement les restes des producteurs qui n’ont pas été vendus. Il faut savoir que ces vendeurs n’ont pas le droit de vendre des compositions, des pots de muguet… Donc nous on apporte tout ça, un service en plus que ne vous apporteront pas les vendeurs à la sauvette. »

 Une fleur délicate et ephémère

Pour autant, les fleuristes sont de plus en plus nombreux à renoncer à cette fleur exigeante… D’autant que la production n’augmente pas. En Loire-Atlantique, 15 producteurs fournissent 85% du muguet français. Ils doivent faire face à des difficultés de timing mais également de recrutement pour que le muguet soit prêt en temps et en heure… Pas évident, en particulier cette année.

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« Il y en a moins de muguet, c’est une production qui est très compliquée, qui mérite un vrai savoir-faire donc il y a moins de producteurs. Et puis il y a aussi des périodes de renouvellement des bulbes, et cette année on est en période de renouvellement. Donc cette année il y aura moins de muguet, pour tous les producteurs. »

Ils sont toutefois de nombreux artisans fleuristes à ne pas imaginer un Printemps sans muguet, heureusement ! Vous en trouverez donc à des prix démarrant à environ 1 euro le brin.