Pays de la Loire

Laval, une campagne pour vous faire aimer le centre...

18 février 2020 à 05h07 Par Dolorès CHARLES
Laval - campagne de communication des commerçants
Crédit photo : Ronan Le Mouhaer (Hit West)

« Mon commerçant en bas de chez moi », c’est ce que vous pouvez lire sur certains panneaux publicitaires à Laval. La campagne a commencé il y a une semaine, reportage de Ronan Le Mouhaër;

Jusqu’au 1er mars, comme c’était déjà le cas l’an passé, la Ville de Laval expose des patrons de commerce... Horloger, esthéticienne ou toiletteuse canin… Des visages pour incarner un centre-ville en recherche de dynanisme. Pour Jean-Jacques Perrin, adjoint au commerce, c’est toute la ville qui doit en profiter. Aux commerçants de jouer le jeu :

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"Notre réflexion est bien celle de vouloir priviligier l'attractivité de Laval au sens large. Un des moyens de cette actractivité réside dans les commerces. Il est clair que si la Ville de Laval essaye d'avoir une enseigne importante, elle peut mettre son poids mais ce n’est que de l’influence. Je suis fils de commerçant, je me rappelle que ma mère avait toujours le sourire. C’était peut-être son meilleur argument commercial. Commerçant, c’est une profession de liberté et de responsabilité... et une profession indépendante ne doit pas tout attendre de la collectivité."

Le centre-ville a souffert de la concurrence des zones commerciales périphériques. Ce sont pourtant deux modèles à ne pas opposer estime Jean-Jacques Perrin:

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"On a eu une période relativement récente où l'attractivité de la périphérie était très forte notamment pour des questions de parking et d'utilisation de la voiture. Nous sommes dans un département essentiellement rural donc avec des déplacements de véhicules. Il n'y a pas d'opposition entre la périphérie et le centre-ville. Si, par hasard, les gens viennent sur l'agglomération lavalloise, qu’ils aient aussi la possibilité de venir dans le centre. On ne parle pas du commerçant individuel qui embauche quelqu’un. Par contre, on parle de l'enseigne qui embauche quinze personnes. Quinze commerçants qui embauchent une personne, ça revient au même."

"Dans un centre, il y a une âme..."

Chantal Sans la torréfactrice figure sur ces affiches, elle veut défendre un savoir-faire et une relation privilégiée avec ses clients :

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"Quelques fois, je vois des gens dans les zones commerciales qui posent leurs voitures et font tous les magasins. Dire qu’ils font des économies par rapport aux petits commerces je ne pense pas car ils achètent certaines choses dont ils n'ont pas forcément besoin. C'est impersonnel. Il y a un turn-over important des gens qui vous accueillent. Dans un centre, il y a une âme. Et ce qui m’a plu dans cette opération c’est le choix des commerçants. Ce sont des métiers vraiment artisanaux, on voit bien que c'est quelqu'un qui connaît son métier."

"Il faut se bouger les fesses..."

Frédéric Heurtin, maître-artisan cordonnier, participe également à cette campagne de communication, et il reste prudent quant aux effets de l’opération :

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"Le dynamisme, il n’est pas sur Laval. Le commerce c'est un plaisir. C'est à dire que si vous venez vous garer en centre-ville et que vous vous énervez déjà, vous êtes psychologiquement pas en bonne émotion pour consommer. Le fait d'aller sur les extérieurs c'est malheureusement plus simple. On se repose trop sur nos acquis. Encore plus maintenant qu'avant, il faut se bouger les fesses, apporter de nouvelles compétences. Moi, je me forme chaque année, j'apprends de nouvelles choses dans mon métier pour dynamiser, pour apporter plus de valeur à mes clients."

Propos recueillis par Ronan Le Mouhaër