La vaccination va encore s'accélérer cette semaine

11 janvier 2021 à 4h50 - Modifié : 11 janvier 2021 à 5h29 par Dolorès CHARLES

HIT WEST
Crédit: Yann Launay

Les Français de plus en plus enclins à se faire piquer, l'arrivée du vaccin Moderna et l'inquiétante progression en France du variant anglais... Le séquençage des prélèvements sera possible au CHU de Rennes d'ici quelques jours.

Les derniers sondages montrent une proportion de français souhaitant se faire vacciner contre la COVID-19 en hausse : 56 % selon un sondage Harris Interactive pour LCI et 58% selon un sondage Odoxa-Backbone consulting pour France Info et Le Figaro. Des chiffres en hausse de 10 points comparé aux précédents sondages. En Pays de la Loire, la campagne vaccinale a pleinement démarré la semaine passée auprès des résidents des EHPAD et Unités de Soins Longue Durée (USLD) et des professionnels de santé. Il y a 16 établissements pilotes dans la Région, dont 3 en Maine-et-Loire, 3 en Mayenne, 3 en Vendée, et 5 en Loire-Atlantique...





Sept centres de vaccination ont déjà ouverts ces derniers jours, dans les CHU d’Angers ou de Nantes notamment, et ils seront plus d’une trentaine d’ici le 25 janvier, selon l’Agence Régionale de Santé. Certains ouvriront cette semaine, ils seront dédiés aux publics cibles notamment les personnes âgées de 75 ans et plus, vivant à domicile, à compter de lundi prochain (18 janvier). C'est le deuxième vaccin autorisé après celui de BioNTech/Pfizer : le vaccin Moderna. Plus de 50.000 doses de ce vaccin seront livrées aujourd’hui pour être acheminées dans le Grand Est, en Auvergne-Rhône-Alpes et en Paca afin d'être utilisées dans la semaine.


Un variant inquiétant


Une nouvelle étude vient, elle, de confirmer la forte contagiosité du variant britannique du coronavirus : il serait 75% plus transmissible que la souche d'origine. Un variant évidemment pris très au sérieux par les autorités, comme le confirme le Dr Bertrand Gagnière, épidémiologiste chez Santé Publique France au micro de Yann Launay.


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"Finalement, on se retrouve au début de l'épidémie, presque... Les questions qui se posent sont des questions de circonscription d'un foyer épidémique le plus vite possible, pour éviter que ce virus à haut potentiel de dissémination ne prenne trop de place, et perturbe davantage l'organisation des soins, tout le système en place pour le tracing, pour la prise en charge des patients, etc..."


Le kit Thermo Fischer, et séquençage des prélèvements bientôt possible au CHU de Rennes 


Dans l'Ouest comme dans toute la France, une organisation est en place pour repérer les cas suspects, qui pourraient trahir la présence du variant anglais :


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"La démarche diagnostique est une espèce d'entonnoir : il y a des soupçons épidémiologiques à partir d'une situation, c'est à dire quelqu'un a été en contact avec un cas confirmé nouveau variant, ou bien revient d'Angleterre, etc... Dans ce cas-là, on fait le diagnostic avec le kit Thermo Fischer, qui permet de soupçonner un nouveau variant. Dans ce cas-là, la démarche consiste à envoyer ces prélèvements au centre national de référence pour séquençage..."


Seul le séquençage du prélèvement suspect permet d'identifier à coup sûr le variant britannique. Pourquoi alors ne pas systématiquement séquencer les prélèvements des patients positifs au coronavirus ? La réponse du Dr Gagnière :


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"Un séquençage, ce n'est pas une démarche aussi banale que faire une PCR... Un séquençage, c'est 5 à 10 jours de travail incompressible, pour obtenir un résultat... Si on envoie tous les prélèvements aux centres nationaux de référence de Lyon et Paris, ils vont crouler sous les prélèvements, et leur capacité à identifier ceux qui sont le plus vraissemblable d'être la mutation risque d'être diminuée..."


Pour augmenter la capacité à faire des séquençages, et accélérer la traque du variant dans l'Ouest, le séquençage des prélèvements sera possible au CHU de Rennes d'ici quelques jours. C’est à Marseille actuellement que la présence du variant anglais monte très fortement.


Couvre-feu à 18H étendu en France


En France, le taux de positivité continue d'augmenter à 6,5%. 151 nouveaux décès ont été enregistrés dans les hôpitaux ces dernières 24 heures (67 750 décès).   De nouveaux départements (huit) observent un couvre-feu à 18H depuis hier en France : le Cher, l'Allier, la Côte-d'Or, le Haut-Rhin et le Bas-Rhin, le Vaucluse, les Alpes-de-Haute-Provence et les Bouches-du-Rhône ont rejoint les 15 départements français Deux autre suivront demain (mardi) : le Var et la Drôme... et puis c’est la nouveauté depuis hier en France : l’arrêt de travail pour risque de Covid-19 est entré en vigueur, pour les salariés du public & du privé. Objectif : éviter de prendre des risques et d’infecter les collèges de travail. Cet arrêt se fait sans passage chez le médecin, et l’indemnisation se fait dès le premier jour d’arrêt jusqu’à l’obtention du résultat du test… Le travailleur doit se déclarer sur declare.ameli.fr





En Europe ...
La Belgique a franchi la barre des 20 000 morts du COVID-19. Un chiffre qui rapporté à la population, en fait un des pays les plus touchés par le virus. 40 000 morts en Allemagne, et pour Angela Merkel la chancelière, le pire est à venir. La Suède vient de voter en urgence une loi pour prendre des restrictions plus fortes, après avoir prôné longtemps des mesures laxistes.