La vaccination s'accélère : place aux professionnels de santé

8 janvier 2021 à 4h15 - Modifié : 8 janvier 2021 à 4h41 par Dolorès CHARLES

HIT WEST
Crédit: Yann Launay

Les points à retenir de la conférence de presse du Gouvernement hier, et la vaccination des professionnels de santé hier à Vannes.

Un lit sur deux est occupé par un malade du Covid-19, dans les services de réanimation. La France compte ce matin plus de 21.000 nouveaux cas confirmés au coronavirus, sur les dernières 24 heures, et avec 277 décès enregistrés à l’hôpital hier, la maladie a désormais tué 66.841 personnes. Face à cette situation sanitaire compliquée, le Premier ministre Jean Castex a confirmé sans surprise, hier soir, le report de l’ouverture des salles culturelles, de sport et des restaurants. Un nouveau point sera fait le 20 janvier. Pas d’ouverture immédiate non plus pour les remontées des stations de ski.

Couvre-feu prolongé

Le couvre-feu à 20 heures est prolongé sur le territoire français. Le couvre-feu est déjà avancé à 18h dans plusieurs départements de l’Est et il devrait être étendu aujourd’hui à dix autres départements, mais l’Ouest plus épargné par le COVID619 ne sera pas concerné. Le Premier ministre a détaillé également l’accélération de la campagne de vaccination, aux côtés du ministre de la santé Olivier Véran. Le but, atteindre un million de français vaccinés à la fin du mois. Les plus de 75 ans pourront se faire vacciner à compter du 18 janvier.

Quant aux variants du virus, le Gouvernement se dit attentif : deux clusters ont été signalés en France, près de Rennes (pôle gériatrique Chantepie) et en Ile de France. La vaccination se déploie et accélère, dans l'Ouest : à leur tour, les pompiers et les soignants ont commencé à se faire vacciner. Ceux en tous cas qui ont plus de 50 ans, ou qui sont touchés par une maladie chronique. Reportage hier à Vannes, au Centre Hospitalier Bretagne Atlantique. Parmi les premiers à recevoir une dose du vaccin Pfizer : le médecin-colonel Christian Motreff, pompier du SDIS Morbihan..Alors quel sentiment domine, une fois reçue la fameuse injection ? La réponse du médecin-colonel :

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"C'est vraiment la sécurité, la tranquilité aussi... De savoir que je ne vais pas infecter mes amis, ma famille, de savoir qu'on va pouvoir intervenir, en tant que pompiers, sans risque particulier, et de savoir qu'on va pouvoir revivre, que tout va réouvrir... On attendait ça depuis longtemps, quand on m'a proposé, j'ai dit oui tout de suite..."

Pascal Bozec, sapeur-pompier professionnel à Lorient, n'a pas hésité lui non plus :

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"On cumule plusieurs contraintes opérationnelles : les interventions en contact avec des personnes susceptibles d'être Covid, et puis pour ma part, au niveau personnel, je cumule le fait d'être une personne à risque, avec un traitement, et le fait d'avoir plus de 50 ans. C'est une protection, j'en suis satisfait... En tant que pompier, on évalue la balance bénéfice/risque, et je n'ai pas le sentiment de me mettre en danger, mais plutôt au contraire, de me protéger, et -j'espère- d'être un élément protecteur pour les victimes..."

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La médecine de ville concernée

La vaccination concerne les professionnels de santé hospitaliers, mais aussi la médecine de ville : Valérie Bertrand est infirmière à domicile, à Brandivy, près d'Auray, et présidente de l'URPS Bretagne (l'Union Régionale des Professionnels de Santé). C'était pour elle un devoir de se faire vacciner :

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"L'exemplarité est un principe chez le soignant : comment conseiller au mieux ses patients ? En étant soi-même convaincu de la vaccination... C'est quelque chose qui me semble logique si l'on veut sortir de cette crise..."

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Des médecins se sont aussi portés volontaires pour se faire vacciner : c'est le cas du Dr Patrice Caillibotte, médecin généraliste à Vannes :

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"Ce fut un plaisir... C'est surtout intéressant parce que je pense que je ne vais pas être transmetteur du virus auprès de mes patients... C'était une angoisse quotidienne... Je me fais vacciner pour la grippe depuis plus de 30 ans, c'est la même démarche pour la grippe ou pour le coronavirus... Ce n'est pas un vaccin très nouveau : il n'est pas grand public dans le mode de vaccination, mais ce sont des vaccins qui existaient, ce sont des expérimentations qui ont commencé il y a plus de 20 ans..."

Des professionnels de santé, appelés à vacciner eux-mêmes

Pour accélerer la vaccination, l'Agence Régionale de Santé a décidé de faire appel à des professionnels de santé volontaires, qui vaccineront... Mais à quelles missions, sur quels sites seront-ils mobilisés ? La réponse de Claire Muzellec-Kabouche, directrice de la Délégation morbihannaise de l'ARS :

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"Déjà, pour vacciner dans des structures Ehpad, puisque dans certaines structures nous avons des directeurs qui rencontrent des difficultés, soit de médecins coordonateurs, soit d'infirmiers, pour pouvoir procéder à cette vaccination. Ensuite, avec l'ouverture des centres adossés aux établissements de santé, nous avons fait appel à des renforts en médecins, infirmiers, pour que les professionnels de santé puissent se faire vacciner rapidement, et ils le seront par des collègues médecins encore en activité, ou médecins retraités..."

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Même si la vaccination a vocation a se massifier et à se simplifier, un suivi précis sera assuré, grâce à un logiciel dédié :

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"Lorsque la personne est vaccinée, il y a un outil, qui s'appelle"vaxi"', de façon à suivre la vie du vaccin : à qui il est administré, est-ce que cela a généré des effets secondaires... Tout cela permettra de voir comment se passe la vaccination... Il est bien évident que ces données sont protégées et n'ont pas vacation a être utilisées autrement que pour la vaccination..."

Le ministre de la santé Olivier Véran a annoncé hier soir que la deuxième phase de la vaccination concernera à partir du 18 janvier les personnes âgées de plus de 75 ans, qui vivent à domicile. Pour le grand public, il faudra patienter sans doute jusqu'au printemps.