La Transat AG2R La Mondiale : c'est parti !

23 avril 2018 à 3h15 par Alexandra BRUNOIS

C'est l'unique transatlantique en double à armes égales... Le départ de la Transat AG2R a été donné hier de Concarneau. 19 équipages ont quitté le Finistère à bord de leurs monocoques Figaro de 10 mètres. Direction : Saint Barthélemy, aux Antilles. En tête ce matin au dernier pointage : le duo Simon/Lagravière sur Bretagne CMB Performance.

HIT WEST

Parmi les 19 concurrents, un équipage mixte : les morbihannais Clarisse Crémer et Tanguy Le Turquais, en couple dans la vie comme sur l'eau. Tous les deux ont 28 ans, et si Tanguy a plus d'expérience dans la course au large, Clarisse s'est récemment classée 2ème sur la Mini-Transat. Mais est-il vraiment simple de faire équipe lorsqu'on est un couple ? La réponse des 2 skippers d'Everial

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"On est un peu moins tendre avec les gens qu'on aime.. du coup entre nous, sur un bateau, comme on est deux passionnés, qu'on est tous les deux régatiers et qu'aucun ne lâche le morceau, de temps en temps, cela créait des tensions... on a su prendre ce défaut et en faire une qualité, et maintenant on arrive à ne plus trop s'engu... et cela se passe très bien à bord."

Pas question pour Clarisse et Tanguy de faire de la figuration, même s'ils ne se font aucune illusion... La partie sera dure, comme l'explique Clarisse :

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"Il faut imaginer qu'il y a 19 bateaux qui sont tous pareils, avec deux gros compétiteurs à bord de chacun de ces bateaux, il y a vraiment un niveau global très élevé... C'est une course où souvent à l'arrivée il n'y a que quelques minutes d'écart entre les premiers, ce qui est exceptionnel à l'échelle d'une traversée de l'Atlantique, c'est une espèce de sprint pendant trois semaines."

UNE 14EME EDITION MARQUEE PAR L'OURAGAN IRMA

Cette édition 2018 de la Transat AG2R toute particulière : les concurrents arriveront sur une île de Saint Barthélémy qui se remet, comme sa voisine Saint Martin, du passage de l'ouragan Irma. C'est Saint Barthélémy qui a tenu à accueillir la Transat, comme tous les 2 ans, et les concurrents de la course ont ce contexte en tête ! Clarisse Crémer et Tanguy Le Turquais

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"On est assez bluffés de voir que Saint Barth peut nous accueillir après les ouragans, on est vraiment très heureux de pouvoir aller à Saint Barth, d'aller à la rencontre des gens qui vivent à Saint Barth, pour les remercier et pour leur montrer toute notre admiration.. et on n'oubliera pas d'aller faire un petit clin d'oeil sur la tombe de Johnny, bien évidemment."

Une situation qui touche particulièrement le costarmoricain Anthony Marchand et son co-équipier Alexis Loison, skippers du bateau Groupe Royer / Secours Populaire :

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"Cela va faire partie des fêtes sur l'île qui vont un peu détendre l'atmosphère et prouver aussi que St Barth s'est relevée... "On porte les couleurs du Secours populaire, qui a récolté des dons, et on emmène un chèque à bord du bateau, pour le déposer au Secours populaire de Saint Barthélémy.. c'est pour cela que l'on doit terminer la course."

LA TRANSAT, UNE COURSE RIGOUREUSE

Le niveau est particulièrement relevé, et parmi les concurrents les plus affutés : le tandem finistérien Erwan Tabarly  -Thierry Chabagny, 15 participations sur la Transat AG2R à eux deux... et la victoire, lors de la dernière édition. Ils n'ont donc plus rien à prouver, mais les skippers d'Armor Lux - Gedimat ne se lassent pas de cette transat en double...

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"C'est une super course parce que c'est 3 semaines en autonomie totale, on a tous les mêmes bateaux, c'est une vraie bagarre sur l'eau, c'est des petits décalages, de la micro-météo, c'est très prenant, on est dessus 24h sur 24, on ne s'ennuie pas sur ce genre de course."

Une course transatlantique qui ressemble à une régate, où chaque détail compte, comme le souligne le nantais Adrien Hardy, co-skipper d'Agir Recouvrement :

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"C'est déplacer les poids devant, derrière, s'appliquer à prendre chaque vague, pour construire une micro avance... il faut s'atatcher à s'appliquer pendant 20 jours, et 20 jours c'est long, donc il faut y aller cool mais concentrer sur l'objectif, en jouant tous les coups à fond..."

Les 19 concurrents s'élanceront dimanche à 12h55 pour environ 3 semaines de course à travers l'Atlantique, avec des points de passage obligatoires et des pièges à éviter dès le départ, comme le souligne Anthony Marchand, co-skipper de Groupe Royer - Secours Populaire avec Alexis Loison

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"On est parti pour faire un début de parcours dans la baie de Port la Forêt, on va même chercher des bouées dans l'entrée du chenal de Concarneau : il faut ressortir, des croisements de bateaux.. Pur l'instant les conditions vont être assez clémentes mais cela peut être piégeux. Et surtout le piège c'est le vent fort au Cap Finistère, à la pointe de l'Espagne, donc là il faut faire attention..."

Sur chaque bateau, les 2 skippers vont se relayer à la barre jour et nuit, mais comment s'organisent-ils concrètement ? Le détail d'une journée type de navigation océanique avec Anthony Marchand

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"C'est des quarts de 2 ou 3 heures : on essaye de rester quand même 15 minutes ensemble sur le pont, pour échanger sur la stratégie, la météo, les réglages, les sensations de l'autre.. Après, il y en un qui descend à l'intérieur pour se reposer, mais il se fait à manger, envoie des informations, prend des fichiers météo, donc 2 heures off mais seulement une heure de repos."

Des interviews de Yann LAUNAY