La Toussaint : aller à la messe, un acte de résistance pour les fidèles !

1er novembre 2020 à 13h54 par Dolorès CHARLES

Alors que le deuxième confinement en est à son 3ème jour, les messes de la Toussaint se poursuivent jusqu'à ce dimanche 1er novembre. Le contexte est doublement particulier, après l'attentat de Nice dans lequel trois paroissiens sont morts.

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Crédit: pixabay

Le plus haut niveau du plan Vigipirate est activé sur le territoire, après l'attaque de Nice cette semaine, tout juste 13 jours après celui de Conflans-Sainte-Honorine, dans lequel l'enseignant Samuel Paty a été sauvagement assassiné. A Nice, trois fidèles ont été tués au sein de la Basilique Notre-Dame de l'Assomption par un jeune tunisien "venu en France pour tuer" selon le ministre Gérald Darmanin. Ce niveau d'alerte "Urgence Attentat", pour lutter contre le terrorisme, conduit à une mobilisation exceptionnelle des moyens. Depuis Nice, le Président Emmanuel Macron a notamment a annoncé le renforcement des effectifs de l’opération Sentinelle, passant de 3000 à 7000 militaires. Tous les lieux de culte sont placés sous surveillance.

Les fidèles sur le qui-vive

Les gendarmes en faction devant l'église de la Chapelle-sur-Erdre ce dimanche matin n'étaient pas là pour vérifier les attestations, mais bien pour assurer une surveillance de l'édifice, dans le cadre du dispositif national déployé après l'attentat de Nice. Une présence discrète, mais qui rappelle qu'aucun lieu de culte n'est épargné. Si Raphaëlle continue d'aller à la messe chaque dimanche, cette pratiquante régulière est désormais sur le qui-vive, elle se confie à Jules Housseau :

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« Ca fait plusieurs années, depuis notamment l'attentat du père Hamel, et plus largement depuis tous ces attentats islamistes sur le sol français, je l'ai toujours dans un coin de ma tête. Ca m'est arrivé parfois d'entendre du raffut au fond de l'église et de me demander quelle était l'issue de secours s'il fallait que je parte ou que je résiste. Je pense que l'acte de Nice nous rappelle juste qu'on a une guerre à mener contre le vrai terrorisme qui va contre la fraternité nationale. C'est plus un rappel qu'une première sur le sol français ! »

Pour Raphaëlle, il était important de se rassembler dans ce contexte difficile :

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« Je pense qu'on avait tous dans un coin de la tête ce qui s'est produit à Nice il y a quelques jours et ce qui s'est produit près de Rouen avec le père Hamel... On était tous unis dans la prière. Moi à la messe j'ai prié particulièrement pour cette personne qui a commis cet acte à Nice et qui est entre la vie et la mort. Si jamais il peut comprendre en ce moment que ce qu'il a fait dépasse l'entendement et qu'il a suivi une fausse route en faisant ça, ce sera déjà un succès dans cette peine. »

Aller à la messe, un acte de résistance

La messe de la Toussaint a attiré beaucoup de monde à la Chapelle-sur-Erdre en Loire-Atlantique. Pour certains pratiquants plus ou moins réguliers, c'était l'occasion de manifester leur attachement à l'église, durement éprouvée ces derniers jours. On y a même parlé d'acte de résistance :

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« Un acte de résistance oui par rapport à ce qui s'est passé cette semaine, mais en même temps on est sur une fête de la Toussaint qui est pour nous les Chrétiens une fête de joie et il faut garder le cœur positif et en joie par rapport à tout ce qui se passe donc oui, c'est un ensemble de résistances mais dans le positif / Moi ça avait du sens effectivement pour prier avec ces personnes-là parce qu'on est atteint au cœur de notre foi, c'était plus qu'important d'être présent tous ensemble / On essaie d'être tous solidaires et prier pour toute la communauté / Il faut garder cet espoir-là et grâce à notre foi / Il faut rester debout »

A La Chapelle-sur-Erdre comme partout en France métropolitaine, cette messe de la Toussaint constituait en tout cas la dernière cérémonie dominicale avec du public d'ici le 1er décembre.