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La rennaise Marie-Justine : maman, employée et schizo

26 mars 2019 à 08h10 Par Alexandra BRUNOIS
Crédit photo : Pixabay

Les Journées de la schizophrénie se sont tenues du 16 au 23 mars en France. Objectif : braquer les projecteurs sur cette maladie chronique mentale. Comment se traduit cette maladie ? Le témoignage de Marie-Justine, rennais diagnostiquée à 30 ans.

En cette fin mars, les journées de la schizophrénie ont pour but de braquer les projecteurs, sur la maladie chronique mentale la plus répandue, elle touche 600 000 personnes en France et se traduit par une perte de contact avec la réalité. Marie-Justine qui habite Rennes, et a été diagnostiquée schizophrène à l’âge de 30 ans.

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"J’ai toujours été perdu, j’étais là mais mes parents ma famille me disait Justine si tu entends des voix ne réponds pas. A 14-15 ans c’est devenu plus fort. Si je suis sur la route d’un coup j’ai envie de sortir de la voiture et m’échapper. C’est pas de la peur, c’est comme une ombre qui vient sur moi et qui me dit sors de la voiture, ouvre la porte, pars dépêche-toi. Moi je me dis si je sors je vais mourir, donc je ne vais pas le faire. C’est un combat entre la voix qui me parle et qui me dit vas-y sors et celle qui me retient. C’est comme si mon esprit est harcelé par une ombre".

LA SCHIZOPHRENIE FAIT PEUR

Aujourd’hui, maman de deux grands enfants, Marie-Justine reconnait que la maladie fait peur, rien que par son nom.

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"Par exemple si je dis à quelqu’un j’ai un trouble du comportement, ça veut rien dire, mais si je dis, je suis schizophrène, la personne en face de moi elle me regarde bizarrement, soit elle prend la distance, soit elle essaye de me comprendre. Je travaille dans un lycée, à 80%. J’ai des horaires adaptés parce qu’il y a la fatigue aussi. Dans cette maladie, si on est trop fatigué c’est foutu. J’essaye de m’en sortir, de bien manger, de faire du sport, de me retrouver avec moi-même et quand j’ai des allus, et bien je gère mes hallus".

Marie-Justine travaille à Rennes sur un poste adapté, de ménage dans les dortoirs d’un lycée. Elle a accepté de témoigner sur son quotidien.

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"Je vis seule, je ne peux pas vivre avec quelqu’un parce que j’ai des angoisses quand je suis avec les gens. J’ai peur qu’on m’enferme, j’ai peur qu’on m’attrape. Si je suis toute seule j’essaye de gérer mes angoisses. Mais si en plus j’ai ma souffrance et quelqu’un d’autre essaye de me guider, là ça devient plus fort. Ca peut aider d’en parler avec des psychologues, mais je prends beaucoup de médicaments, mais c’est pas suffisant les médicaments. Ca assomme, mais la maladie elle est là".

Une interrview de Cécile DAUGUET

A noter que le centre hospitalier de Blain en Loire-Atlantique lui  recherche des familles d’accueil qui acceptent d’héberger des personnes présentant des troubles psychiatriques pour leur permettre de vivre une vie de famille pendant plusieurs mois.