La grogne enfle dans les ports de pêche

27 avril 2021 à 5h41 - Modifié : 27 avril 2021 à 6h20 par Alexandra BRUNOIS

HIT WEST
Crédit: Yann Launay

100 millions d'euros : c'est l'enveloppe qui sera débloquée pour aider les pêcheurs français face aux conséquences du Brexit. Une annonce hier de la Ministre de la Mer attendue en Bretagne vendredi. Annick Girardin qui devrait être interpellé par les pêcheurs inquiets du Brexit mais aussi des cours en nette baisse dans les criées et de l'augmentation du prix du gasoil. Le Président du Comité régional des Pêches au micro de Yann Launay

La Ministre de la Mer est attendue dans le Morbihan vendredi… Annick Girardin devrait se rendre à Etel, Locmiquélic, Lorient et Larmor-Plage… Visites envisagées de la criée du port de pêche, du Cross d’Etel et du port de Kernével. Elle a annoncé hier une enveloppe de 100 millions d’euros aux pêcheurs hier pour les aider à faire face aux conséquences du Brexit.

La grogne enfle dans les ports de pêche : les cours sont en nette baisse, dans les criées, sur une partie des espèces. La pandémie explique une partie des difficultés, il y a aussi l'augmentation du prix du gasoil, le Brexit...

Mais les marges trop grandes des revendeurs est aussi en cause, comme le dénonce Olivier Le Nézet, président du Comité régional des Pêches de Bretagne :

Olivier LE NEZET 1

"Je prends la lotte, achetée aux pêcheurs 2,50 euros, ce poisson est revendu 25 euros le kg... Il est fondamental que du transporteur aux grandes et moyennes surfaces, aux poissonniers, aux mareyeurs, tout le monde doit jouer le jeu : rien ne serait pire que des bateaux qui demain restent le long du quai..."

"Les consommateurs ont un rôle à jouer"

Olivier Le Nézet demande au gouvernement la mise en place d'un observatoire des prix et des marges, à l'image de ce qui éxiste désormais pour les produits agricoles. Pour le président du Comité des pêches de Bretagne, les reven deurs, les grandes surfaces notamment, ne mettent pas assez en avant, et ne distinguent pas les produits de la pêche française, garante de bonnes pratiques, des produits d'importation. Et pour Olivier Le Nézet, les consommateurs ont aussi un rôle à jouer

Olivier LE NEZET 2

"J'appelle le consommateur à modifier son comportement, à manger des produits pêchés par la pêche française. Souvent, sur les étals, quand on voit "pêché en Atlantique Nord-est", c'est tellement vaste, cette identification n'est pas assez précise. Il faut que le consommateur demande "Pavillon France", et demain "Breizh Mer", un écolabel qui sera sur les étals pour que le consommateur puisse acheter sereinement et identifier le poisson breton..."

Le Brexit est loin d'etre réglé

Des cours qui chutent alors que le dossier du Brexit est loin d'être réglé, pour les nombreux bateaux qui fréquentaient les eaux britanniques

Olivier LE NEZET 3

"Certains navires n'ont pas eu les autorisations, donc ils n'ont plus accès aux eaux territoriales , dans les 6-12 milles anglais, ou dans les eaux de la baie de Granville : Jersey, Guernesey. Certains navires se retrouvent en difficulté et doivent se redéployer sur d'autres zones de pêche... Où il y a déjà d'autres pêcheurs, donc ça crée des conflits de cohabitation..."

Les pêcheurs pourraient profiter de la visite de la ministre de la mer, vendredi, dans le Morbihan, pour exposer leurs difficultés et demander plus de soutien de l'Etat.