La culture dans la rue

5 mars 2021 à 8h18 - Modifié : 5 mars 2021 à 8h27 par Alexandra BRUNOIS

HIT WEST
Crédit: Yann Launay

Le monde de la culture mobilisé, hier, dans l'Ouest comme dans toute la France. A Brest, par exemple, ils étaient plusieurs centaines, place de la Liberté : des artistes, des techniciens, des régisseurs, des organisateurs de spectacles... un an après les premières restrictions qui ont touché le secteur. Reportage de Yann Launay

Tous demandent au gouvernement un calendrier de réouverture des lieux de culture, mais aussi un renforcement des aides. L'inquiétude grandit chez des professionnels comme Lionel Jaffrès, metteur en scène sous le statut d'intermittent du spectacle :


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"Pour créer des nouveaux spectacles, c'est extrêmement compliqué : les salles sont saturées de propositions, il y a comme un effet "bouchon", comme tout a été reporté, il n'y a plus de place pour créer de nouvelles choses... En tant que metteur en scène, je vois mon taux horaire diminuer, et je ne sais pas si je vais réussir à faire mes heures... Si je ne fais pas mes heures, je serai au RSA..."


Les manifestants demandent une prolongation jusqu'en décembre de l'"année blanche" pour les intermittents, qui doit pour le moment prendre fin au mois d'août.


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DES AIDES PAS FORCEMENT ADAPTEES


Les manifestants saluent les mesures de soutien déjà mises en place par le gouvernement et les collectivités, mais ils soulignent aussi que ces mesures ne profitent pas à tous les acteurs de la culture, et qu'elles ne sont pas forcément adaptées aux spécificités du monde de la culture. Ecoutez le témoignage de Sylvain Turpin, co-directeur de l'entreprise "Audiolite" (prononcer Audiolitte), basée à Brest et Rennes, qui sonorise des concerts et festivals :


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"On bénéficie, comme toutes les entreprises, du chômage partiel, qui, à la fin du mois, va commencer à s'arrêter... On ne comprend pas trop : les salles de spectacle restent fermées, les rassemblements restent interdits... Le gouvernement pense faire ce qu'il faut, et derrière, ce n'est pas toujours le cas... Par exemple le PGE, le Prêt garanti par l'Etat, nous cela va faire un an qu'on l'a demandé, qu'on la eu, l'argent est là, mais on n'y touche pas, parce qu'on n'a pas de perspective de reprise et que ne sait pas comment on va le rembourser... On va le rendre sans avoir pu l'utiliser..."


UN PLAN DE REOUVERTURE CLAIR ET COHERENT


Le monde de la culture demande un calendrier de réouvertures, des perspectives. Mathilde Pakette est membre de la compagnie de théâtre brestoise "Dérézo". Elle attend du gouvernement un plan de réouverture clair et cohérent :


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"Ils parlent d'abord de réouverture des musées, puis des festivals... On souhaiterait que tout le monde puisse rouvrir au même moment, pour ne pas créer de déséquilibres... Je pense que maintenant tous les professionnels savent comment accueillir le public sans danger... Pourquoi cette décision par exemple d'ouvrir les lieux de culte et de ne pas ouvrir les théâtres, puisque les mesures sanitaires peuvent être similaires ?..."


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Et l'annonce d'une possibilité pour les festivals de réunir jusqu'à 5000 spectateurs assis n'a rien résolu, comme l'explique Sylvain Turpin. Cette annonce doit s'accompagner d'un protocole sanitaire précis :


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"C'est quand même prendre de très gros risques aujourd'hui de se lancer dans la production d'un spectacle ou d'un festival sans savoir quelles seront les règles sanitaires le jour du show... 5000 personnes assises, ça fait des très grandes surfaces, bien plus que 5000 personnes debout, donc ça fait des infrastructures importantes en termes de son, de vidéo, ça a des coûts, et en termes d'équilibre financier, on n'y est pas... Si on rajoute à ça l'incertitude sur la restauration et sur les bars... On est encore dans le grand flou..."