Bretagne

L'Ille-et-Vilaine manque d'eau

20 mai 2019 à 22h44 Par Emilie PLANTARD
Le 15 mai dernier, la préfète de Bretagne et d'Ille-et-Vilaine, Michèle Kirry, a placé le département en "vigilance sécheresse". Aucune restriction, mais un appel à la vigilance quant à la consommation d'eau.

L'hiver n'a pas permis aux nappes phréatiques de l'Ill et Vilaine de se remplir suffisamment, du moins sur certains secteurs. La faute à une pluviométrie trop faible, du moins pas assez efficace. En mai par exemple, on est à près de 40 % de pluviométrie en moins. Rien de catastrophique pour autant, mais mieux vaut être prudent. C'est pour cela que la préfecture de région a déposé un arrêté pour placer le département en "vigilance sécheresse". Olivier Vincent est responsable du pôle police d'eau à la DDTM (Direction Départementale des Territoires et de la Mer), il revient sur la raison de cette décision.

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"Cette année n'est pas exceptionnelle du point de vue des faits. C'est simplement qu'on est dans une situation où les pluies d'hiver qui permettent le remplissage des nappes ont été moins abondantes qu'une année. normale. On a eu un déficit de pluie de 15 à 20% suivant les secteurs donc on n'est pas sur une année exceptionnellement sèche. C'est aussi qu'on a eu des pluies irrégulières qui ont moins bien rempli les nappes."

Pas d'interdiction mais des conseils

La vigilance sécheresse est la première mesure que la préfecture peut mettre en place, elle est surtout préventive afin de ne pas aggraver une situation difficile, à savoir des cours d'eau à des niveaux inférieurs à la normale. Aucune restriction ni interdiction, mais chacun est appelé à faire preuve de civisme en adoptant une attitude éco-responsable, en évitant le gaspillage. 

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"La préfecture donne un certain nombre de conseils qui sont dans l'arrêté. C'est par exemple de faire attention à mettre en route son lave linge bien rempli, de ne pas arroser son jardin de manière intempestive, d'éviter de laver sa voiture trop fréquemment, de préférer les douches aux bains... Ce sont des gestes citoyens pour faire attention au quotidien. L'idée c'est d'alerter la population pour faire attention, plus qu'avant, à économiser l'eau, chaque jour."

Une hausse de la consommation préoccupante

Cet arrêté se traduit également par une vigilance accrue du niveau de ressource en eau de la part des services de l'Etat et la réunion régulière d'un comité de gestion rassemblant professionnels comme les agriculteurs, d'associations et des pouvoirs publics. Par ailleurs, la consommation d'eau potable sur le département est regardée de près chaque année. Depuis quelques années, elle connaît une augmentation significative. La météo n'est donc pas la seule crainte des autorités qui redoutent un pic de consommation d'eau.

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"En fait ce qu'on observait depuis 15-20 ans c'est une augmentation de la consommation d'eau qui était moins rapide que l'évolution de la population. Depuis 3 ou 4 ans, on observe l'inverse c'est à dire qu'on a une augmentation qui est plus importante que l'évolution démographique, c'est ce qui nous alerte. C'est peut-être conjoncturel c'est à dire que des années plutôt sèches en 2016-2017 ont probablement joué pour une augmentation plus importante de l'eau donc il va falloir analyser ça sur le temps mais aujourd'hui ça nous alerte tout de même."

A la DDTM, on regarde fébrilement le ciel et les cours d'eau ; Il suffirait de quelques jours de pluie disséminés sur la fin mai et le mois de juin pour démarrer l'été plus sereinement. A l'inverse, une évolution défavorable du niveau des ressources impliquerait certainement des restriction d'usage de l'eau.