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L’hydrogène, le carburant du futur bientôt produit en Vendée

14 septembre 2020 à 09h17 Par Emilie PLANTARD
Crédit photo : @Lhyfe

Une jeune entreprise nantaise a fait le choix de miser sur l’hydrogène vert, comme carburant de l’avenir. Une première usine est en cours de construction en Vendée. Explications :

Si le gouvernement incite particulièrement les automobilistes à se tourner vers les voitures électriques, il devrait bientôt ajouter les véhicules à hydrogène. Rares sur le marché, ils existent surtout chez Hyundai et Toyota, à des prix particulièrement élevés. Mais la tendance est pourtant à la démocratisation de ce type de carburant, qui permet plus d’autonomie que l’électrique. C’est en tous cas l’ambition de Matthieu Guesné, fondateur de l’entreprise nantaise Lhyfe, née en 2017 à Nantes :

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"L’hydrogène, ce gaz, on le met dans le réservoir du véhicule. Ce gaz est ensuite transformé en électricité pour faire avancer le véhicule. Le véhicule est donc mû par un moteur électrique, ne fait pas de bruit et le gros avantage par rapport à un véhicule électrique classique, c’est qu’on va faire le plein à la pompe comme on fait le plein de GPL, gazole ou essence aujourd’hui. On prend le pistolet et on remplit le réservoir qui a la même capacité qu’une voiture classique. Le plein est à environ 70 euros et c’est amené à diminuer avec le développement des technologies de l’hydrogène."

L'ascension de l'hydrogène...

Aujourd’hui, l’hydrogène est principalement utilisé dans l’industrie et est très peu utilisé comme carburant. Pourquoi ? Parce que sa production actuelle, à base d’énergie fossile ou de bois, n’est pas très écologique…. Plus pour longtemps. Matthieu Guesné :

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"Aujourd’hui, la production d’hydrogène est très carbonée parce qu’on utilise, pour produire cet hydrogène, une énergie fossile. On utilise du gaz naturel, ou du charbon, ou du pétrole. Donc forcément, c’est très carboné. Et aujourd’hui, si vous rouliez à l’hydrogène et que vous utilisiez cet hydrogène gris, vous n’auriez pas un bilan carbone génial. C’est pour ça qu’il faut absolument que votre hydrogène soit vert et renouvelable pour créer une économie durable et soutenable."

Aujourd'hui possible

Ces dernières années, la recherche a permis de développer la production d’hydrogène vert, à échelle industrielle ; C’est la vocation de la future usine Lhyfe en Vendée. La technique utilisée est alors celle de la décomposition de l’eau. Un courant électrique permet de dissocier l’hydrogène et l’oxygène, et ce courant électrique peut, lui-même, provenir d’une source respectueuse de l’environnement.

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"La seule façon aujourd’hui qu’on ait de le faire, c’est d’utiliser l’énergie éolienne, solaire, en provenance d’un barrage hydroélectrique… Une énergie renouvelable pour que ce soit durable. On ne peut pas utiliser le nucléaire, ni le gaz, ni le charbon et donc ce que fait Lhyfe, c’est une première mondiale, on le fait aujourd’hui en Vendée et j’appelle tous les territoires qui souhaitent produire leur hydrogène à nous contacter parce qu’on va le dupliquer, dans les 4 prochaines années, sur une quarantaine de sites en France et à l’étranger."

Hydrogène : L'ambition française

L’usine vendéenne, en cours de construction à Bouin (85), devrait permettre de faire fonctionner en priorité les bus de la ville de Le Mans, qui dispose déjà d’une station-service équipée, puis de La Roche-sur-Yon. A partir d’avril 2021, elle pourra alimenter jusqu’à 700 véhicules ou 2 lignes complètes de bus. Mais ce n’est qu’un début, le gouvernement français compte sur le développement de l’hydrogène ces prochaines années.

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"Le plan français qui a été annoncé, c’est 6 gigawatt d’électrolyse d’ici 2030. Pour vous faire une analogie, c’est l’équivalent de la puissance de 6 EPR. C’est gigantesque. Notre objectif en Pays-de-la-Loire, c’est d’avoir un site de production par département, pour être vraiment très locavore, que chaque département, en fonction de ses ressources, produise son propre carburant. Là on change complètement la façon dont on voit l’énergie, puisque chaque population est capable de voir les retombées économiques et écologiques sur son propre territoire. Donc on est en train de complètement changer le monde de l’énergie."

Le soutient du plan de relance

D’où la présence de l’hydrogène dans le plan de relance annoncé la semaine dernière par le 1er ministre. L’entreprise nantaise attend beaucoup de ces mesures, notamment pour encourager l’achat de véhicules par les particuliers ou les collectivités.

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"Il est nécessaire de soutenir ceux qui souhaitent aller vers l’hydrogène étant donnés les prix des véhicules. Aujourd’hui, il y a besoin de subventions pour amorcer le marché, pour que les constructeurs de voitures par exemple, aient des volumes suffisants, pour faire baisser les prix. Tout est une question de volumes, on l’a appris avec les panneaux solaires, on l’a appris avec les batteries, plus on produit, moins c’est cher, mais il faut amorcer la pompe. Et aujourd’hui c’est l’amorçage et ce sont ces 10 ans d’investissement qui seront nécessaires à ce que demain, l’hydrogène ait une place dans le puzzle énergétique."

Le site de production vendéen, en partie financé par la communauté de communes de Challans Gois, sort actuellement de terre ; Il devrait être opérationnel au Printemps 2021. Le premier d’une longue liste en cours de désignation. Dans les Pays-de-la-Loire, 2 pompes sont actuellement en service à Nantes et Le Mans, qui teste actuellement un nouveau bus à hydrogène. La prochaine ville à s’équiper sera La Roche-sur-Yon. Dans un premier temps, l’ensemble des pompes de la région seront alimentées par l’usine vendéenne.