Bretagne

L'étude prévalence du Morbihan a livré ses premiers résultats

02 juin 2020 à 11h33 Par Dolorès CHARLES
Crédit photo : Yann Launay pour Hit West

Nous vous avions parlé en avril de cette première en France, le lancement d'une étude sur le nombre d'habitants déjà en contact avec le nouveau coronavirus. Voici les résultats, ils sont près de 10%.

Près de 10% des Morbihannais avaient été en contact avec le coronavirus début mai, 9,7% exactement : c'est le premier résultat de l'étude lancée par le Conseil départemental du Morbihan et pilotée par la société vannetaise OpenHealth. Les prélèvements sanguins avaient été effectués début mai sur un échantillon de 1252 personnes représentatives de la population.

Près de 70 000 personnes contaminées par le covid-19

L'étude montre donc que début mai dans le Morbihan, près de 70 000 personnes auraient été contaminées par le virus et auraient développé des anticorps. Le virus aurait donc circulé beaucoup plus largement que ne laissaient penser les évaluations du Ministère de la santé... et montre du même coup que la proportion de cas graves ou mortels a été bien inférieure dans le Morbihan à ce que l'on a pu observer ailleurs... Mais pour quelle raison? La réponse du Dr Patrick Guérin, directeur d'OpenHealth :

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"Mon propos va être à prendre au conditionnel : on a constaté en Lombardie comme dans l'Est de la France, un phénomène de pollution avant l'explosion du nombre de cas. Il y aussi sûrement un facteur d'événements, de lieux, qui peuvent être supercontaminants, et dans le Morbihan, les premiers cas ont été diagnostiqués par les médecins de proximité très vite, et ont sans doute été très bien aiguillés à l'hôpital, et de ce fait il semble qu'il n'y ait pas de foyer de surcontamination dans le département..."

L'étude va se poursuivre

Ces chiffres sont les premiers résultats d'une étude qui va se poursuivre, pusqu'elle ne permet pas encore de se faire une idée précise de l'évolution de l'épidémie dans le Morbihan, département où un cluster était apparu dès les premiers jours de mars :

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"La première phase de l'étude ne portait que sur une photo entre le 4 et le 12 mai, qui marque l'immunité de personnes au 1er mai, puisqu'il faut un temps de latence pour développer des immunoglobulines. La deuxième phase de l'étude va démarrer, et c'est l'objet de discussions de savoir : faut-il faire une "photo" plus récente"?, Faut-il avoir des photos plus anciennes ? L'enjeu est d'arriver à tracer la courbe de production d'anticorps dans la population morbihannaise..."

Une interview de Yann Launay.