L'épidémie épargne plutôt l'Ouest, mais il y a des conséquences psychologiques

3 février 2021 à 3h54 - Modifié : 3 février 2021 à 5h32 par Dolorès CHARLES

HIT WEST
Crédit: pixabay

La situation épidémique dans l'Ouest, l'influence du climat ou la présence des variants... L'épidémiologiste Pascal Crépey était l'invité hier midi de "Sur place ou à emporter" sur Hit West.

Le Président Emmanuel Macron présidera un nouveau conseil de défense sanitaire ce matin. Hier soir au 20 heures de TF1, le chef de l’Etat a déclaré que tous les français qui le souhaitent pourront être vaccinés avant la fin de l’été. Ils sont aujourd’hui plus d’1,6 million dont près de 95 000 en Pays de la Loire et plus de 85 000 en Bretagne. Face à la situation épidémique en France, il a beaucoup été question ces derniers jours de potentiel reconfiment mais finalement ce sont des mesures plus strictes qui ont été instaurées par l'exécutif, comme la fermeture des frontières aux pays hors UE et des grands centres commerciaux, non alimentaires.

Cela va-t-il suffire pour enrayer une troisième vague ? La réponse de Pascal Crepey, épidémiologiste à Rennes et invité de l'émission "Sur place ou à emporter" hier midi avec Julie et Fabien. Selon lui, l’arrivée des variants a changé la donne :

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"S'il n'y avait pas eu l'apparition de ces variants et notamment du variant britannique, on n'aurait pas forcément eu besoin d'avoir recours à des mesures plus fortes que ça, parce que nous sommes sur un plateau certes élevé, mais avec la vaccination et l'arrivée des beaux jours, on aurait certainement pu continuer à rester dans la situation actuelle, et puis les choses se seraient améliorées progressivement... Le fait que ce variant britannique se propage beaucoup plus facilement que les variants actuels, et qu'ils progresse sur le territoire, autour de 15 à 20% de cas, cela fait craindre un rebond épidémique et donc bientôt un non contrôle de l'épidémie."

Retour aussi sur cette enquête publiée la semaine dernière dans le journal gratuit 20 minutes et qui faisait un lien entre la propagation du virus et le climat breton. Des experts scientifiques penchaient pour une incidence favorable du climat sur la propagation du COVID-19 en Bretagne, une région plus épargnée que d'autres en France, comme celle des Pays de la Loire :

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"Sur les climats plutôt océaniques, l'inertie liée à l'océan en termes de témpérature fait qu'il fait relativement doux, et puis peut être que les niveaux d'humidité combinés à ces niveaux de températures font que le virus a un peu plus de difficultés à se transmettre que dans d'autres régions... Mais ce n'est qu'un élément parmi d'autres... Ce n'est qu'une hypothèse qui peut expliquer partiellement les différentes dynamiques que l'on observe, et il ne faut pas se sentir non plus totalement protégé parce que l'on vit en Bretagne."

Une école a été fermée en Ille et Vilaine : 19 personnes ont été testées positives à la COVID 19 au sein du personnel et des élèves de l’école La Providence de Bruz. Fermeture jusqu’au 10 février inclus selon l'Académie de Rennes. 

En Pays de la Loire, le coronavirus circule toujours un peu moins chez nous qu’ailleurs en France. L’Agence Régionale de Santé a publié un nouveau bulletin hier : et le taux de positivité est de 5,9 % contre 6,68% de moyenne en France… A titre de comparaison, ce taux de positivité était de 14% à la fin novembre en France. La Vendée, la Loire-Atlantique et le Maine et Loire sont les trois départements les moins exposés dans la région, qui compte 98 patients hospitalisés pour des formes graves. 

Un 3ème vaccin autorisé en Europe

Les premières doses du vaccin AstraZeneca arriveront d’ici dimanche en France… C’est le 3ème autorisé en Europe après Pfizer/BioNtech et Moderna. Son avantage, il se conserve au frigo, en revanche les seniors en sont privés. Seuls les - de 65 ans pourront recevoir une injection du vaccin AstraZeneca. Une décision de la Haute Autorité de Santé, qui l’a restreint à cette population par manque de données. Un 4ème vaccin pourrait bientôt être autorisé en France puisque le vaccin russe Spoutnik V serait efficace à 91,6% selon les spécialistes...

Les conséquences sont aussi psyhologiques

Il y a les conséquences sanitaires bien entendu, mais aussi les conséquences psychologiques de cette crise qui dure depuis maintenant un an. Eviter un confinement c’est aussi le souhait des psychologues et psychiatres qui constatent, dans leurs cabinets, une forte hausse des consultations… C’est le cas de la psychologue Céline Haissat-Tarat, qui exerce à Saint-Sébastien sur Loire en Loire Atlantique :

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"J'ai pu observer dans mon cabinet de fortes augmentations de crise d'angoisse et de déprime, de stress aussi et d'anxité. On est dans une vague de stress pour la plupart des Français... ça touche les jeunes, on en a énormément parlé. On a parlé beaucoup d'étudiants mais les lycéens sont aussi touchés,ils sont en grosses difficultés avec des idées morbides... et ça c'est compliqué et j'ai beaucoup de personnes qui travaillent à la maison donc en télétravail, où il y a un mélange de la sphère professionnelle et de la sphère privée, et pour eux il y a un gros problème de coupure...Ils sont en permanence sollicités et ils sont en danger pscyhologique...""