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L'Ecole du socle commun déjà expérimentée à Brest

04 mars 2019 à 08h04 Par Alexandra BRUNOIS
Crédit photo : Yann Launay

Obtenir une plus grande continuité entre l'école maternelle, l'école élémentaire et le collège : c'est l'objectif de l'"Ecole du socle commun", dont le gouvernement veut accélérer la mise en place. Un dispositif déjà expérimenté à Brest. Reportage de Yann Launay.

Il s'agit par exemple de renforcer les liens entre l'école et le collège pour réduire les risques de difficultés pour les élèves à l'entrée en 6ème. Concrètement, des binômes "école-collège" sont mis en place pour faire travailler ensemble profs des écoles et profs de collège, par des réunions régulières, des formations communes. Un système qui fait débat, et qui est même regardé avec méfiance par une partie des enseignants.

Mais un système qui existe déjà : l'école du socle commun est expérimentée depuis plusieurs années dans quelques secteurs de l'Ouest. C'est le cas par exemple à Brest : 3 collèges et 8 écoles, situées en zone d'éducation prioritaire, y participent depuis 5 ans, tout particulièrement sur la thématique de l'apprentissage de la lecture.

L'ensemble des enseignants d'une école et de son collège suit l'ensemble des élèves, de la maternelle à la 3ème, ce qui change la donne, comme l'explique Nadia Météry, coordonatrice du réseau éducation prioritaire de Brest :

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"Lélève est aussi l'élève d'un ensemble d'une équipe pédagogique, ce n'est pas l'élève de ma classe à un instant T... Je pense que le fait de se sentir concerné par ce qui s'est passé dans la classe d'avant et se qui se passera dans la classe d'après, tout au long du parcours de lélève, cela créé une intelligence collective, et cela permet de faire monter en compétence les enseignants."

Pour éviter l'échec scolaire à l'entrée au collège

Le lien école-collège a été particulièrement renforcé : des profs de collège interviennent pour des cours en CM1 ou CM2, pour des séances d'anglais, d'Histoire ou de formation au secourisme. Pour mieux préparer les élèves aux changements du collège, mais pas seulement, comme l'explique Gilles Cornillet, principal du collège La Fontaine Margot :

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"Cela a aussi un autre objectif : outre les réunions, il faut trouver d'autres prétextes pour que les enseignants du collège aillent voir leurs collègues professeurs des écoles.. Ils vont partager, parce qu'ils vont forcément préparer la séance ensemble... Les barrières entre enseignants tombent, et ils construisent des choses ensemble..."

Pour Gilles Cornillet, les "échanges" d'enseignants rendent plus naturel, plus fluide, le parcours des élèves. De quoi faciliter l'entrée au collège, de réduit l'effet "palier" pour les élèves :

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"Ils vont dans l'année de CM2 voir régulièrement le principal du collège de rattachement, ils vont voir des professeurs qui vont venir enseigner... ils se rendent compte que les différents enseignants se parlent, se coordonnent, que l'on ne passe pas brutalement d'un univers à l'autre..."

Ce travail en commun entre profs des écoles et profs de collège est un moyen de lutte contre l'échec scolaire, comme l'explique Catherine Belzon, inspectrice de l'Education nationale, coordonatrice de l'école du socle à Brest :

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"Cela donne une très bonne visibilité du parcours, des progrès de chacun des élèves, et donc une plus grande réactivité si à un moment l'élève trébuche. Les ajustements pédagogiques vont être apportés plus vite, sans attendre que l'élève se décourage durant la première période, par exemple..."

Un dispositif qui ne fait pas que des émules

La mise en place de ces nouvelles façons de travailler a pu rencontrer des réticences, chez certains enseignants. Comme par exemple pour l'élaboration d'un système unique d'évaluation des élèves, utilisable du CP à la 3ème :

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"Il a fallu que l'on se mette d'accord sur des évaluations : pour un élève X, autour de la reconnaissance des mots, de la vitesse de lecture, où en est-il en CP, en septembre, en décembre, en juin, et l'année suivante, et on continue.. Certains enseignants se sont un peu arc-boutés sur le fait que l'on puisse "imposer" des temps de passation, une réflexion autour de ces évaluations, au début c'était un peu compliqué.. Mais quand les évaluations nationales sont arrivées, il y a un an ou deux, les collègues ont dit : on fait les évaluations nationales, mais on conserve les évaluations de notre réseau, parce qu'on en a besoin."

Une méthode mais pas de moyens supplémentaires

Après 5 ans de fonctionnement, Gille Cornillet estime que l'école du socle est un bienfait, et repose davantage sur la méthode que sur des moyens supplémentaires :

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"C'est d'abord une volonté, une réflexion commune. On aurait pu avoir les moyens et ne pas faire grand chose, ou faire des choses juste pour satisfaire l'institution, mais on en est pas là, on est proactif sur le sujet. Certes cela prend du temps, mais c'est pour le bien commun des écoles et des collèges. Les collègues (d'autres secteurs) vont peut-être découvrir ces modes de fonstionnement, mais ils vont en tirer tous les bénéfices, c'est sûr."