L'angevin gagne la finale de Top Chef, saison 10 !

9 mai 2019 à 0h54 par Alexandra BRUNOIS / Dolorès CHARLES

L'angevin Samuel Albert vainqueur de Top Chef saison 10, face au breton Guillaume Pape. La finale s'est déroulée hier soir sur M6. Désormais, le chef de l'ambassadeur belge au Japon compte ouvrir un restaurant à Angers.

HIT WEST
Crédit: Samuel Albert @Wlad SIMITCH / M6

A 30 ans Samuel Albert, rescapé de l’émission de M6 après avoir été éliminé lors de la 7e semaine de compétition, est revenu dans la course culinaire en remportant une épreuve opposant les candidats évincés, pour se hisser ensuite en finale ! Hier soir, c’est lui qui a gagné face à son ancien collègue de brigade, le breton Guillaume Pape. Un match serré 53,08%  contre 46,92%.

Avec cet argent (53 080 euros), Samuel actuellement chef de l’ambassadeur belge au Japon, compte revenir en France et ouvrir un restaurant à Angers : "Les Petits Prés". L'adresse de sa grand-mère, là où il a appris à cuisiner. L'ouverture est prévue en novembre !

Top Chef donne goût à la cuisine

Le programme télévisé est un succès comme chaque année. Un succès qui se prolonge toute l'année dans les cuisines françaises. En effet, la crise de recrutement de la restauration semble moins concerner la cuisine. De là à en voir une conséquence positive des émissions télévisées culinaires telles que "Top Chef", il n’y a qu’un pas… Que certains professionnels franchissent volontiers ! A Sainte-Luce-Sur-Loire, près de Nantes, Sébastien Thébaud est chef du restaurant "Villa Belle Rive". Il reconnaît que ces récents concours TV ont mis en valeur l’image de la profession, encourageant les jeunes à s’engager dans cette filière, trop souvent perçue comme une orientation par défaut.

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« Ca a permis de redorer un peu notre métier où quand on ne travaillait pas à l’école on était soit mécanicien, plombier ou cuisiner… C’est plus cuistot que cuisinier. Donc ça a permis de valoriser notre métier en montrant que c’est un métier manuel, où il y a une partie artistique, une partie professionnelle où il faut travailler avec un cerveau, où il y a beaucoup de choses à anticiper pour réaliser un service. »

Pour le chef nantais, vainqueur du concours national Gilles Goujon en 2015 avec son apprenti et son maître d’hôtel, Top Chef n’a pas seulement changé le regard des apprentis. L’émission a également affuté les connaissances des clients et par conséquent, accentué leur exigence. Ils attendent désormais d’un chef qu’il les surprenne.

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« Il faut faire découvrir des saveurs, des formes, des goûts, des textures… Il faut sortir des sentiers battus, vraiment. Moi mon établissement était auparavant une des plus belles tables de Nantes, qui avait 2 étoiles. Ce restaurant était très traditionnel. Vous aviez le sandre au beurre blanc avec des pommes de terre tournées, persillées, les cuisses de grenouille, le pigeon farci au foie gras… Maintenant il faut plus que ça. Vous avez toujours du sandre au beurre blanc mais plus les pommes persillées. Il faut des pommes soufflées, il faut de la texture, du moelleux, du croustillant… On est obligé d’amalgamer toutes les saveurs dans une assiette pour faire découvrir et surprendre surtout. »

Top Chef, incontournable à l'école

Au CIFAM de Loire-Atlantique, la filière cuisine recrute chaque année des apprentis du CAP jusqu’à la Mention complémentaire. Dans les sections, Top Chef est un incontournable. Même les professeurs utilisent ce programme où l'on voit des professionnels rivaliser de talent pour proposer des plats uniques, commentés par des pointures de la profession. François-Xavier Bee est enseignant de production culinaire, il en parle volontiers avec ses élèves.

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« Des fois j’essaie de faire des liens dessus, pour qu’ils s’inspirent sur les créations de plats, sur les recettes, pour valoriser les produits… J’essaie de m’appuyer dessus parce que c’est ça qui fonctionne. On voit sur les réseaux sociaux que ça fonctionne du feu de dieu donc pourquoi pas utiliser ça. Dans l’enseignement on a peur du téléphone portable et du savoir à portée de doigts pour les jeunes mais je pense qu’il faut savoir l’utiliser parce que ça va les booster dans leur créativité et c’est ce qu’il faut. »

Attention : tout n'est pas rose !

Les effets positifs sont certains, mais il y a des limites. Il faut d’abord rappeler que les productions n’offrent à l’écran que la partie la plus belle du métier. Il faut parfois rappeler aux plus jeunes que la cuisine, c’est aussi la préparation, la plonge, l’entretien… Et c’est surtout difficile. Sébastien Thébaud reconnaît doit parfois recadrer ses apprentis.

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« Il faut mettre un frein parfois parce que ce sont des émissions où ils sont très généreux sur beaucoup de choses, un morceau de beurre c’est une demi plaquette, sauf que maintenant il faut faire attention au coût, ne pas prendre que la partie la plus noble d’un poisson, ou prendre le foie gras d’un canard et jeter le reste par exemple. Les émissions ne valorisent pas ça. Par contre ça leur apporte de la créativité et ça apporte un plus par rapport à ce qu’on leur dit toute l’année. »

Un reproche pourrait aussi concerner la partie service. Inexistante lors des émissions, elle est pourtant indissociable de la cuisine. Dressage, accueil du client, mise en avant des plat… Les savoir-faire sont nombreux et des concours existent. La profession aurait d’ailleurs bien besoin d’un coup de pouce tant les difficultés pour recruter sont croissantes. En 2 ans, le CIFAM de Loire-Atlantique a perdu plus de 2 classes dans les formations de services en salle, faute de candidats.

Un reportage d’Emilie Plantard.