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L’aéroport de Lorient en mode survie

23 octobre 2020 à 09h47 Par Emilie PLANTARD
Crédit photo : @Hit West

On le sait, la crise sanitaire n’a pas épargné le ciel français et international. Première victime dans l’ouest, l’aéroport de Lorient Bretagne Sud qui n’a aucune visibilité sur son activité. Seule la compagnie Air France assure encore des rotations… Plus pour longtemps.

Alors que, cet été, les entrepreneurs morbihannais manifestaient leur intérêt pour la reprise des vols (repris le 31 août), l’aéroport de Lorient Bretagne-sud vient de franchir une nouvelle étape vers le risque de fermeture. En effet, si Air France a rouvert une ligne, la compagnie n’assure plus que 4 rotations par semaine, pour l’instant. Ni suffisant, ni pérenne dans le temps, ce rythme met gravement en péril la santé de l’aéroport, géré par la CCI du Morbihan. Loïc Bardin est directeur de la Chambre de Commerce et de l’Industrie, il revient sur la chronologie des événements qui ont précipité la dégringolade :

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"Air France nous a annoncé courant août l’arrêt définitif de la ligne de Lyon et qu’ils pourraient reprendre Roissy mais à raison de 4 rotations par semaine, au lieu de 24 habituellement. Donc la dégringolade fut rude, mais on a tenu le coup puisqu’Air France nous annonçait une reprise début septembre, 4 rotations jusqu’au 26 octobre. Courant septembre nous annonce poursuivre jusqu’au 4 janvier, et en nous indiquant en même temps que la ligne serait définitivement fermée le 31 mars 2021. Re-douche froide. Il n’y a jamais d’écrits avec Air France mais c’est acté."

Opération sauvetage

Face à ces annonces, le gestionnaire de l’aéroport se doit donc de réagir pour sauver l’aéroport. En interpellant le ministère des transports, car le seul moyen de sauver notamment cette ligne Lorient-Roissy serait qu’elle devienne une Obligation de Service Publique. Et puis en recrutant…

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"Je rappelle ce qu’à la CCI nous avons lancé, tout d’abord une demande d’OSP, Obligation de Service Public, auprès du ministre Djebbari, donc nous attendons le retour positif ou négatif sur cette OSP entre Lorient et Roissy ou Lorient et Lyon. Deuxième point, nous avons lancé un appel à manifestation d’intérêt, pour faire venir n’importe quelle autre compagnie sur Lorient, qui peut opérer donc j’appelle aujourd’hui les compagnies, qu’elles peuvent venir dès demain opérer les lignes qu’elles souhaitent, elles seront les bienvenues."

Un avenir incertain

Malgré le déficit chronique de la gestion de cette structure aéroportuaire, la CCI tient à cet équipement pour maintenir l’économie du territoire et fera tout ce qui est en son pouvoir pour la sauver… Au moins jusqu’à la fin de son contrat de concession.

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"On est aux commandes jusque fin 2021. Notre volonté c’est évidemment de ne pas le fermer. Et il ne fermera pas puisqu’on a toujours un peu d’aviation d’affaire, on a des vols foot… Donc on va redimensionner notre aéroport, en bon gestionnaire que nous sommes, pour adapter nos moyens à la demande et à la vie de cet aéroport. Au-delà, on œuvre pour que ça redémarre, pour aller chercher des partenaires, des acteurs sur le territoire qui, après 2021 reprendront la gestion, avec nous ou sans nous, de cet aéroport à partir de 2022. S’il n’y a personne, effectivement, quelque part ça fermera."

Une restructuration inévitable

Cette crise des transports aériens est donc venue terrasser ce petit aéroport, déjà fragilisé par une activité mesurée et des avances faites par la CCI à la DGAC, toujours pas remboursées à ce jour. Son avenir est particulièrement incertain et il est nécessaire de tout reposer sur la table, pour prendre un nouveau départ.

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"L’aéroport, au-delà de 2021, la CCI ne pourra plus être seul à ses commandes. On a fait en 2018 un beau pari, celui d’arrêter Orly pour avoir 2 nouvelles lignes, Roissy et Lyon, qui ont extrêmement bien fonctionné puisqu’on a dépassé les chiffres espérés par Air France. Ça veut dire qu’il y a du potentiel, qu’en tant que gestionnaire de cet aéroport, on se doit de s’adapter mais de ne pas baisser les bras et donc de créer un projet pour cet aéroport. Oui on y croit, on ne voit pas Lorient sans aéroport, quel qu’il soit. Tout est une question d’adaptation de nos moyens qu’ils soient humains et financiers, à ce que nous aurons en terme de vols."

12 licenciements sont déjà en cours. L’aéroport a accueilli 102.000 passagers en 2019.