Inédit : le Beauvau de la sécurité ouvre aujourd'hui

1er février 2021 à 6h09 - Modifié : 1er février 2021 à 6h27 par Dolorès CHARLES

HIT WEST
Crédit: Archives Hit West

L'ouverture aujourd'hui du Beauvau de la sécurité, sur fond de crise de confiance avec les français après les violences policières et la Loi de sécurité globale (article 24).

Le «Beauvau de la sécurité» ouvre aujourd’hui. C’est une grande concertation nationale et inédite sur la police. Une consultation décidée après les critiques émises sur la Loi de Sécurité globale (*), et l’affaire Michel Zecler, un producteur de musique tabassé à la fin de l'année 2020 par certains policiers. Le Président Emmanuel Macron avait reconnu en interview le contrôle au faciès. Le but est donc de retrouver une confiance avec les Français, et d'améliorer aussi les conditions de travail des forces de l'ordre. Ce Beauvau de la sécurité oit durer 4 mois. Les discussions doivent accoucher de « 7 ou 8 propositions que le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin présentera au président de la République ».


Le contexte tendu à Nantes


A Nantes le contexte est tendu avec quatre interventions pour des fusillades depuis décembre, dont une fusillade endeuillée par la mort d'un jeune garçon de 15 ans tué par balle. Les habitants reprochent plus globalement à la Police de ne pas être présente là, où il le faudrait, notamment dans les cages d'escalier où se déroulent les trafics de drogue et à proximité desquelles sont donnés les coups de feu. Arnaud Bernard, secrétaire régional adjoint du syndicat Alliance avec Cédric Mané qui revient sur les interventions dans les quartiers nantais et ses difficultés :


SON


"Il n'y a pas un quartier dans lequel on ne va pas... On est vraiment présent sur tous les quartiers nantais, maintenant effectivement on ne peut pas rester à demeure sur tous les quartiers - ce n'est pas possible pour nous, parce que la délinquance est très mobile, elle se déplace et à partir de ce moment là nous on est obligés de s'adapter en fonction des situations qu'on nous signale. Il y a des quartiers où c'est compliqué et quand la police arrive il n'y a plus personne dans les halls, c'est normal ça s'appelle le jeu du chat et de la souris... Ca a toujours été, et à partir du moment où vous avez des choses à vous reprocher, même parfois quand vous n'avez rien à vous reprocher vous prenez la fuite, alors quand vous avez quelque chose à vous reprocher, vous vous doutez bien qu'il ne reste pas grand monde quand la police arrive dans ce genre d'endroits."


Pour expliquer sa difficulté à intervenir et la sensation d'une police impuissante ressentie et exprimée par les habitants, le syndicat Alliance avance le manque d'effectifs. Il réclame l'arrivée de 100 policiers en renfort, pour environ 1000 en zone police sur la Loire-Atlantique. 


(*) Les opposants à la proposition de Loi sur la Sécurité globale étaient dans la rue ce samedi mais à Nantes il y avait surtout des teuffeurs. Le cortège a réuni moins de 2 000 personnes, et une centaine de personnes à Saint Nazaire et à La Roche sur Yon. En Bretagne, les manifestants étaient 450 dans les rues de Brest, 300 à Rennes, et 250 à Quimper et Vannes.