Bretagne

Importante mobilisation contre la réforme des retraites

05 décembre 2019 à 15h59 Par Emilie PLANTARD
Crédit photo : Hit West

Le rendez-vous attendu a été à la hauteur des attentes des syndicats. A Nantes, Rennes, Brest, Lorient, Vannes… Plusieurs dizaines de milliers de personnes sont descendues dans la rue pour manifester, entre autres, contre le projet de réforme des retraites.

Démonstration de force avec 1,5 million de personnes dans la rue pour la CGT, 800 000 selon le Gouvernement. Ce sont des flots de manifestants, armés de pancartes et de banderoles qui ont rejoint les centres-villes de Rennes (13.000) et Nantes (autour de 20.000) ce jeudi matin. Parmi eux, des retraités, des fonctionnaires, des salariés des enseignants, des infirmiers, des étudiants… Toutes et tous, vent debout contre le projet de réforme des retraites qui risque de pénaliser majoritairement les travailleurs de la fonction publique et verra peut-être repousser encore l’âge du départ à la retraite.

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"On est là pour défendre le droit à la retraite dans son ensemble, aux jeunes qui seront en difficulté si jamais la réforme se mettait en place. Et puis on est là aussi pour les nôtres parce qu’on sait que, dans le viseur du gouvernement et du patronat, il y a la baisse de nos pensions… C’est important de montrer qu’on est tous en colère. Je suis enseignante et je trouve ça lamentable de travailler pour se retrouver avec une retraite lamentable… Moi je suis paysan et je ne suis pas dans la division de « Lui il part à 57 ans, lui il part à 52 ans… » Je pense que tout le monde doit être solidaire et tirer tout le monde vers le haut. Tout le monde devrait partir à 57 ans et pas à 62 ans."

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Une grogne générale

Sur les pancartes, il n’y a toutefois pas que la réforme des retraites qui semble crisper les manifestants. Capitalisme, hôpitaux, salaires… Les sujets sont nombreux à mécontenter la rue.

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"C’est vraiment un raz-le-bol aujourd’hui entre les salaires des fonctionnaires, les retraites mises à mal donc c’était important de descendre dans la rue… J’ai commencé à 16 ans, ça fait 40 ans que je travaille, moi je ne peux pas continuer à travailler jusqu’à 67 ans… En fait ça va au-delà des retraites, avant d’avoir une retraite il faut avoir du travail, espérer que les salaires augmentent, espérer qu’un jour on ait un CDI… Et tout ça aujourd’hui est quand même bien battu en brèche… Pour que les choses changent, il faut que les gens bougent et là, il y a beaucoup de gens qui ont bougé aujourd’hui et j’espère que les choses vont changer bientôt… Ça montre quand même que les gens prennent les choses au sérieux, se rendent compte que l’avenir n’est quand même pas extraordinaire…"

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Les manifestants étaient aussi 10 000 à Saint-Nazaire et Brest, 9 000 à Angers, 8 000 à Quimper et Lorient, 7 000 à Saint-Brieuc, 5 000 à La Roche-sur-Yon, 3 000 à Laval, Vannes et Morlaix, 2 000 à Dinan, et un millier à Cholet, Pontivy, Quimperlé ou Redon.

Les pompiers présents dans les défilés

En tête de cortège, derrière la ligne des représentants syndicaux, les sapeurs-pompiers de Loire-Atlantique. En grève depuis l’été, ils se sont joints au mouvement contre le projet de réforme des retraites car eux aussi se sentent menacés. Jonathan Gazeau est sapeur-pompier pro, représentant SUD SDIS 44 :

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"On est en tête de cortège parce que c’est dans la continuité de notre mouvement qui date depuis juillet. On n’est pas entendu de notre gouvernement. On est là pour notre métier qui est de plus en plus dangereux, on est de plus en plus agressés. On travaille de plus en plus, nos effectifs sont amoindris. Aujourd’hui, en Loire-Atlantique, on travaille 15% de plus qu’il y a 10 ans. On a demandé une valorisation de notre prime de feu, ce n’est pas accepté, ou ce qui est proposé n’est pas acceptable. Notre retraite, on est incertains, c’est-à-dire qu’avoir un pompier professionnel de 70 ans dans un camion de pompier, pour nous c’est inadmissible."

Les syndicats satisfaits et regonflés

Forts de l'affluence de ce premier jour de mobilisation, les syndicats, satisfaits, veulent continuer à amplifier ce mouvement le temps qu’il le faudra, jusqu’à ce que le gouvernement renonce au projet de réforme tel qu’il se profile aujourd’hui. Jean Brunacci, porte-parole de Solidaires :

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"Oui c’est exceptionnel par rapport à ce qu’on a connu ces dernières années. Nous espérons que l’ampleur de cette journée va permettre d’enclencher un mouvement de grève reconductible, dans de nombreux secteurs, donner un rythme permettant aux hésitants de rentrer dans le mouvement et d’annoncer d’autres manifestations encore plus massives et de permettre un mouvement qui bloque l’économie et qui fasse plier le gouvernement."

Grève reconduite, et transports ferroviaires perturbés

A la SNCF, les syndicats ont voté la reconduction de la grève ce vendredi, et cela reste très perturbé – comptez un TGV Atlantique sur 6 et une circulation TER sur 5, à 85% assurée par car. Aucune circulation sur les lignes Intercités Nantes - Bordeaux et Nantes – Lyon. Une nouvelle manifestation est prévue dès samedi prochain à Nantes à 14H, devant le château des Ducs de Bretagne.

A Rennes comme à Nantes, les manifestations ont été la cible de quelques casseurs cagoulés. A Nantes, un groupe vêtu de noir, intégré au cortège, a fait céder la vitrine d'une mutuelle à Talensac, puis celle d'SFR à Bouffay.

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