Pays de la Loire

Gilets jaunes : Un samedi tendu à Nantes

13 septembre 2019 à 16h09 Par Emilie PLANTARD
Crédit photo : Gilets Jaunes 44

Alors que de nombreuses villes de France s’apprêtent à vivre une 44è journée de mouvement des gilets jaunes, les forces de l’ordre craignent des affrontements à Nantes, sur fond de violences policières, liées à la mort de Steve en juin dernier.

C’est la rentrée et c’est aussi celle des manifestations et des revendications, notamment de la part des gilets jaunes. Pour cette 44è journée, le rendez-vous est donné à Nantes, où plusieurs organisations appellent également à défiler contre les violences policières. Les services de Police déployés seront importants, au moins autant que le 3 août pour encadrer le rassemblement pour Steve, disparu en marge de la fête de la musique.

Benoît Desferêt est directeur de la DDSP de Nantes :

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"La menace est importante, il faut s’attendre à ce que on ait une manifestation violente, avec la commission d’exaction de dégradations, sur la présence notamment de Black Bloc, qui ne viennent pas manifester pour en découdre et qui nécessitent un dispositif d’envergure."

Un point de départ changé

Aucune déclaration n'a été déposée en préfecture, mais le rendez-vous est donné à midi pour un pique-nique place Mellinet, puis à 14H place Delorme, et non plus à Commerce. Une décision prise par GiletsJaunes44 puisque « les forces de l’ordre sont désormais parvenues à cantonner les manifestations sur 4 axes du centre-ville, dont 1 seulement constitue une rue et offre une visibilité au défilé », est-il précisé dans leur communiqué. Côté forces de Police, l’objectif est pourtant de guider un maximum le cortège sur le cours des 50 otages et surtout d’éviter les points sensibles.

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"Le périmètre a été restreint de manière à répondre au déroulement de la fête foraine sur Nantes et au niveau de la préfecture pour éviter d’autres exactions à son endroit, sans oublier la place Delorme où il y a l’appel à rassemblement qui est un lieu stratégique puisqu’il y a beaucoup de bâtiments institutionnels et de commerce autour."

Contexte de violences policières

Un climat toujours tendu à Nantes, quelques mois après la disparition de Steve, tombé dans la Loire après l’intervention des forces de l’ordre le soir de la fête de la musique. L’appel à manifester contre les violences policières également lancé n'affectera cependant pas la stratégie des forces de l’ordre.

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"L’objectif est surtout d’éviter toute dégradation et toute exaction vis-à-vis notamment des commerçants. C’est ça ma première préoccupation, après les violences policières… D’abord je ne sais pas ce que c’est, moi je connais les violences illégitimes éventuellement commises par les policiers. C’est une conséquence éventuelle, ça. Mais l’objectif pour nous c’est de préserver l’intégrité des périmètres en question."

La déclaration du ministre de l’intérieur

Le ministre de l’intérieur Christophe Castaner a dévoilé ce vendredi le contenu du rapport administratif concernant la fête de la musique le 21 juin dernier sur le quai Wilson et les conditions d’intervention de la Police cette nuit-là. Concernant cette dernière, le Ministre de l’intérieur reconnaît qu’elle a manqué de discernement. Le commissaire divisionnaire en charge des opérations ce soir-là va, par conséquent, être muté sur un emploi sans responsabilité de maintien de l'ordre.

Le ministère de l'Intérieur a également précisé que plus aucune intervention policière de nuit n'aurait lieu "dans les lieux dangereux sauf atteinte aux personnes ou aux biens". Enfin, sur l’île de Nantes, "plus aucune manifestation susceptible de rassembler un grand nombre de personnes ne devra être autorisée sans analyse préalable et mise en sécurité"