Pays de la Loire

Fin des enquêtes épidémiologiques à Sainte-Pazanne

19 novembre 2019 à 10h38 Par Emilie PLANTARD
Crédit photo : Hit West

Hier soir, l’agence Santé Publique France a annoncé au collectif de parents qu’elle ne poursuivait pas les enquêtes épidémiologiques, faute d’avoir trouvé une cause de cancers commune à tous les enfants.

L’ARS des Pays-de-la-Loire accueillait lundi soir le 5è comité de suivi concernant les cancers pédiatriques autour de Sainte-Pazanne. Santé Publique France y a dévoilé les conclusions de 2 études, qui permettent d’abord de mettre en évidence un excès de cas. Oui, il y a plus de cancers pédiatriques sur le secteur du Pays de Retz que la moyenne nationale. En revanche, ces études ne permettent pas de mettre en évidence un facteur de risque commun à tous les enfants. 

SPF a donc annoncé qu'il n'y aura pas d'autres investigations à ce stade, mais une surveillance. En d'autres termes, Si l'ARS poursuit sa campagne de levée de doute, l'Agence nationale pour la santé se désengage sur ce dossier, en justifiant qu'elle ne possède pas les outils, c'est à dire les connaissances scientifiques, pour interpréter d'autres résultats. Par conséquent, l’agence s'en remet à la recherche fondamentale, qui cherche à expliquer les cancers pédiatriques sans encore y parvenir.

Lisa King est épidémiologiste pour Santé Publique France :

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"Nous avons informé le comité de suivi du fait que nous validons la présence d’un excès de cas de cancers pédiatriques sur le secteur de Sainte-Pazanne, les 7 communes. Nous avons aussi restitué que notre enquête épidémiologique ne met pas en évidence un facteur de risque documenté qui serait commun aux enfants sur le secteur que nous étudions. Ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas une éventuelle cause commune à ces cancers. Nous sommes une agence de santé publique qui travaillons avec une littérature scientifique documentée donc tant que la science n’a pas répondu à pourquoi les enfants tombent malades de cancers, nous ne pouvons que nous appuyer que sur les connaissances connues aujourd’hui."

Colère des parents d'enfants malades

Du côté des parents, qui ont répondu pendant l’été à ce questionnaire de Santé Publique France, c'est  la déception, voire la colère qui domine. Marie Thibaut est membre du collectif Stop aux cancers pédiatriques de Sainte Pazanne :

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"Plutôt colère, là. Parce qu’il y a cluster, il y a plus d’enfants qui déclarent des cancers mais tout s’arrête. Je ne comprends pas, je m’insurge. C’est compliqué depuis le début et ça c’est ce qu’ils nous annoncent depuis le premier jour où on a lancé les choses et si nous on n’avait pas avancé dans le collectif, rien de tout ça n’existerait rien n’aurait été fait pour améliorer la situation. Si on ne va pas chercher, on ne trouvera pas !"

Poursuite des levées de doute

L'ARS va quant à elle poursuivre ses levées de doutes aux domiciles des familles durant les 3 prochains mois. Les enquêtes se concentrent sur l'intérieur des logements où vivent les enfants malades, de quoi susciter un sentiment de culpabilité chez les parents. 

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"Ca il faut que ça se stoppe. C’est toujours à l’intérieur de nos logements et donc la faute revient aux parents, parce que certainement l’air intérieur doit être de mauvaise qualité et que c’est ça qui déclare les cancers de nos enfants. Mais n’allons surtout pas voir à l’extérieur. On est prêts à assumer d’enquêter à l’intérieur de nos logements mais il faut aussi que l’Etat assume aussi d’aller les faire à l’extérieur aussi."

Les parents continuent les recherches de leur côté en menant des études privées, grâce notamment à une cagnotte lancée sur internet. Une réunion publique est organisée lundi 25 novembre à Sainte-Pazanne. Le prochain comité de suivi se tiendra quant à lui le 3 mars 2020.