Examens sans leçons... La colère des auto-écoles !

4 novembre 2020 à 19h27 par Emilie PLANTARD

Depuis lundi, les gérants et salariés d'auto-écoles bloquent les centres d'examen au permis de conduire en Loire-Atlantique. Si passer le permis est aujourd'hui autorisé, les cours de conduite ne le sont pas. Ils demandent donc au gouvernement de revoir sa copie.

HIT WEST
Crédit: @Hit West

Lors du premier confinement, les auto-écoles n’avaient pas donné de cours à leurs élèves, les centres d’examens n’avaient pas plus fonctionné. Résultat : 2 mois d’attente supplémentaire pour espérer obtenir le si précieux permis de conduire. Pour ce second confinement, le gouvernement a fait le choix de laisser les centres d’examens ouverts afin que les candidats puissent passer le permis, tout en interdisant aux auto-écoles de donner des leçons de conduite. Une aberration selon les professionnels de la conduite. Magalie Jallais est co-gérante de l’auto-école L’Hermine à Nantes, elle participait au blocage du centre d’examen de Saint-Herblain ce matin, pour dénoncer cette décision. Pour elle, les élèves ont besoin d’être formés à la conduite jusqu’au jour de l’examen et leurs plannings sont organisés en fonction.

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"Quand on a des places d’examen, il faut savoir qu’on les a 2 semaines avant le mois qui commence et on planifie nos élèves sur le mois à venir, en se disant qu’on va les former jusqu’à la date buttoir de l’examen. Donc on n’a pas un panel d’élèves prêts qui sont disponibles tout de suite pour passer leur examen, on doit les préparer avant. Il y a des élèves on avait projeté de leur donner 4, 5 heures, avant de leur faire passer l’examen. Là ils ne peuvent pas donc ils vont à l’échec."

Risque d'échecs à l'examen

Même constat du côté de son confrère de l’auto-école Pilote, Maxime Marcaillou. Si certains peuvent être prêts en ce début de semaine, ce ne sera pas le cas des élèves convoqués dans plusieurs jours. En cas d’échecs importants, ça ne fera que déplacer le problème de ces malheureux candidats contraints de le repasser après le confinement.

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"On va en passer certains qui vont le passer la première semaine, ceux qui se sont préparés la semaine précédente, mais à partir de la deuxième semaine, il y en a qui n’auront pas touché un volant depuis 7 ou 10 jours et qui vont avoir une perte de capacité. Ça reste des apprenants, ils ont besoin de régularité avant de se présenter à l’examen, chose qu’on nous empêche actuellement d’avoir. On va avoir certains élèves qui sortent de conduite accompagnée, mais s’ils ont continué de rouler, ils peuvent s’ancrer dans des petits défauts et ne pas avoir les corrections nécessaires de dernière minute qui feraient la différence aux yeux d’un inspecteur."

Trop ou trop peu d'activité

Au cours d’un examen, l’instructeur doit être présent dans la voiture avec l’inspecteur et l’élève. Les auto-écoles continueraient donc une activité très partielle et cet aspect fait également peur aux gérants d’entreprises. Pas assez de travail pour vivre mais trop pour percevoir les aides de l’Etat…

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"En fait on aurait tous aimé nos élèves passer l’examen, mais il faut une certaine cohérence dans ce que dit le gouvernement, c’est-à-dire soit on doit pouvoir rouler et passer des examens, soit il faut qu’on ait le droit de rien du tout. Parce que la chose à laquelle ne pensent pas forcément les gens c’est qu’aujourd’hui pour pouvoir faire une demande de mise en travail partiel, il faut avoir un document qui justifie le fait que nous ne pouvons pas travailler. Certains organismes seraient en droit de refuser de nous attribuer les aides, du fait que nous n’avons pas d’interdiction officielle comme pour la première phase de confinement au mois de mars."

Les efforts étaient pourtant importants

Des incertitudes mais aussi des incohérences aux yeux des gérants d’auto-écoles, d’autant que les centres de formations de professionnels peuvent continuer à donner des cours. Magalie Jallais juge cette situation injuste, alors même que tout a été fait pour respecter rigoureusement le protocole sanitaire :

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"Nous on veut continuer à rouler. Pourquoi le jour de l’examen on aurait le droit d’être 3 dans la voiture et pourquoi pour les leçons, sous prétexte qu’on doit avoir un protocole qu’on respecte depuis le 11 mai où on a repris le travail… ? En leçon on est 2, en examen on est 3 dans la voiture ! Et c’est ubuesque de mettre ça sur le compte du virus. Nous on est exigent, on respecte, on nettoie la voiture entre chaque élève, on a respecté le protocole au maximum."

Le ministre délégué Alain Griset a assuré mardi soir que « les auto-écoles qui font passer le permis seront considérées comme des activités fermées et bénéficieront du fonds d’aide de solidarité. »

Le désarroi des élèves sur Twitter

Sur les réseaux sociaux, les élèves, futurs candidats au permis de conduire ne cachent pas leur déception, voire leur colère...