Eugénie Le Sommer : sa famille, sa première équipe !

23 juin 2019 à 4h19 par Dolorès CHARLES

C'est l'un des plus beaux palmarès de cette équipe de France féminine de football : à 29 ans, la Bretonne Eugénie Le Sommer est la meilleure buteuse des Bleues, à quatre réalisations du record de Marinette Pichon. Yann Launay a rencontré sa famille, fière d'elle forcément !

HIT WEST
Claudine Le Sommer avec le ballon de l'Euro
Crédit: Yann Launay pour Hit West

Avec 162 sélections au compteur, et des interventions décisives dans les premiers matchs de cette Coupe du Monde, Eugénie Le Sommer est un rouage indispensable à cette équipe de France, menée par Corinne Diacre, et qui affrontera le Brésil en 8èmes de finale ce dimanche soir au Havre. C'est dans le Morbihan, que vivent ses parents et une partie de ses 8 frères et soeurs, et c'est là que tout a commencé ! A 4 ans et demi, Eugénie vit ses premiers entraînements du mercredi à Ploemeur, près de Lorient. Sa famille part ensuite s'installer dans le Périgord (son père est policier), et c'est au club de Trélissac, à l'âge de 6 ans, qu'Eugénie prend sa première licence. Elle joue avec les garçons et ne passe pas inaperçue, comme l'évoque sa maman, Claudine à Yann Launay.

Claudine Le Sommer (podcast ci-dessous)


"Les garçons qui jouaient avec elle étaient stupéfaits, quand ils ont vu arriver cette petite blonde qui faisait des crochets, des amortis, des jongles... Ils étaient admiratifs, et la prenaient en considération. Quand on faisait les équipes, ils étaient contents d'être dans son équipe. Ils n'étaient pas jaloux, au contraire, ils étaient rassurés."


Les parents d'Eugénie, Claudine et Thierry, jouaient tous les deux au football. Claudine Le Sommer a même fait partie des pionnières dans les années 1970. Mais paradoxalement, la petite Eugénie a dû insister pour jouer au foot en club. Sa maman aurait même plutôt essayer de la dissuader.


Claudine Le Sommer (podcast ci-dessous)


"J'avais tellement souffert du manque de sérieux et du dégoût des gens pour ce sport au féminin, que je ne voulais plus en entendre parler... Je pense que depuis 10 ans il y a eu énormément de progrès. Dans les structures et dans les mentalités : avant on venait pour se moquer des filles, c'était une attraction... maintenant on va voir parce qu'il y a des filles qui jouent bien, aussi bien que les garçons."


La famille, sa première équipe


Eugénie est la 5ème de 9 enfants, et pour sa mère, c'est peut-être l'origine d'une sociabilité, d'un grand sens de l'intégration à un groupe :


Claudine Le Sommer (podcast ci-dessous)


"Parce que ce n'est pas le tout d'être bon, on brille et tout ça... mais il faut être accepté par les autres... souvent, les talents, cela engendre la jalousie, l'envie, des fois même la haine... et Eugénie, cela n'a pas été le cas ! On a déménagé souvent, et à chaque elle arrivait à se faire accepter... elle est discrète, altruiste, elle n'a jamais tiré la couverture, elle ne se mettait pas en valeur."


Au delà de ses qualités techniques et athlétiques, c'est le mental et le comportement exemplaire d'Eugénie qui forcent l'admiration de sa mère :

Claudine Le Sommer (podcast ci-dessous)


"Elle a beaucoup de maîtrise, elle garde son sang froid en match... et son hygiène de vie, elle ne fait pas d'écart. Physiquement, il faut tenir, moralement il faut tenir... cela me rend fière, parce que cela veut dire qu'elle a énormément de qualités, qu'elle a réussi un rêve. Même si cela s'arrêtait là maintenant, c'est déjà quelque chose de phénoménal, d'avoir marqué des buts aux Jeux olympiques, en Coupe du Monde.. et elle en a fait marquer, surtout."






A l'approche du match de dimanche en 8èmes de finale, Claudine Le Sommer ressent un mélange de bonheur et de crispation :


Claudine Le Sommer (podcast ci-dessous)


"Je suis très fière, mais en même temps je ne suis pas sereine, parce qu'Eugénie a une responsabilité, en tant qu'ancienne dans cette équipe, on attend beaucoup d'elle.. Elles sont trois ou quatre à avoir connu des échecs où elles sont tombées à côté du podium.. Là on est tout prêt de réaliser quelque chose.. si elles ne réussissent pas, cela va être compliqué pour elles.."


Sa famille dans les gradins au Havre


Eugénie Le Sommer pourra en tous cas compter sur la présence, dans les gradins du stade du Havre, d'une grande partie de sa famile : ses parents, Claudine et Thierry, qui feront le déplacement de Ploemeur et Lorient, mais aussi ses frères et soeurs, dont Octavie, 23 ans, tout juste revenu du Canada pour vivre ce Mondial.


Octavie Le Sommer


"On est vraiment à fond, comme pour chaque compétition, on est tout le temps derrière elle.. On ne s'en lasse pas, elle nous épatera toujours, son parcours est très beau.. Elle n'abandonne jamais : on peut le voir sur les terrains, mais elle est sur le terrain comme dans la vie privée : un peu timide, mais elle sait aussi se faire entendre."