Des stages pour les jeunes : la région lance un appel aux entreprises

19 février 2021 à 4h18 - Modifié : 19 février 2021 à 5h16 par Dolorès CHARLES

HIT WEST
Crédit: Capture d'écran

Pour les étudiants, la recherche de stage est encore plus compliquée qu'en temps habituel, aussi la région des Pays de la Loire a décidé de lancer une campagne de communication et a nommé des ambassadeurs locaux dans chaque département pour inciter les entreprises à prendre des jeunes en stage. Reportage de Cédric Mané.

La même galère pour tous... En BTS ou IUT et même au niveau Master à l'Université, les jeunes peinent à trouver des stages. Tous recherchent des périodes de 2 à 3 mois, mais pour beaucoup la réponse est la même : négative. Trop compliqué, surtout quand les entreprises mettent leurs salariés en télétravail. En temps normal, trouver un 'long" stage est déjà difficile pour cause de rémunération obligatoire pour deux mois consécutif. Souvent, les sociétés proposent de couper les périodes en deux afin de ne pas payer les stagiaires. Le montant minimal est de 480 euros par mois (pour deux mois consécutifs de stage).

Le télétravail ne facilite pas la recherche

Cédric Mané a rencontré Mathilde qui se forme aux métiers d'art et du design au lycée Livet à Nantes. Pour elle, le télétravail ne facilite pas sa recherche :

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"On est 13 dans la classe, il n'y en a que trois qui ont trouvé. Pour certains, c'est passé directement, ils ont beaucoup forcé aussi. On nous répond tout simplement "on ne prend pas" que la situation du covid "fait que", après quand les gens travaillent de chez eux, ils disent "on travaille dans 10 ou 15 m2 donc je ne peux pas accueillir quelqu'un"... Il faut viser les grandes structures, mais plus c'est grand et moins on a de chances. Il n'y a pas le choix, il faut élargir les champs, être prêt à partir à l'autre bout de la France s'il le faut, mais il faut qu'on trouve. On a la possibilité de diminuer la durée du stage, en passant de 12 à 16 semaines normalement, à 6 semaines au minimum pour valider notre année".

La question du logement déterminante

Mélissa étudie aussi au Lycée Livet, en arts appliqués mention design d'espaces. La question du logement est très compliquée, si le stage a lieu dans une autre ville. Point déterminant dans les recherches.

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"Je vise Nantes car j'ai mon logement ici, comme ce sont des stages séparés, deux mois puis un mois, du coup on n'est même pas payé (*) donc si c'est pour ensuite devoir trouver un logement, ce n'est pas possible. Mon plan B c'est de retourner chez mes parents dans le Finistère et de trouver un stage là-bas. Dans ce cas-là, je ne payerai pas de logement. J'y ai quelques contacts avec des entreprises dans lesquelles j'ai déjà fait des stages, mais bon c'est toujours pareil, retourner dans la même boîte ce n'est pas forcément la meilleure solution pour élargir nos connaissances".

Pour Mélissa, cette question de la ville où elle devra se déplacer se double d'un autre nœud : il faut que ça corresponde avec le secteur de son choix: le spectacle et les musées.

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"Je recherche dans la muséographie, et là c'est compliqué parce que les musées sont fermés. Sinon c'est ce qui est culturel, les scénographies de théâtre, événementiel ou de rue. C'est compliqué actuellement. Ils n'ont pas forcément de demandes. Du coup, je pense demander auprès d'agences d'architecture, ça ne m'intéresse pas forcément mais il faut un stage pour valider la formation. Ca serait du bureau, et on a eu des retours de la promo précédente, ils ont fait beaucoup de télétravail, donc peut-être qu'on ne rencontrerait même pas les personnes avec qui on travaillerait. On ne sait pas vraiment en fait".

Hier la région des Pays de la Loire a annoncé des mesures de soutien pour les jeunes, et lance un appel à mobilisation auprès des entreprises pour encourager l'accueil des étudiants. L'offre de stages est aussi renforcée sur le site internet choisirmonstage.fr, pour permettre la mise en réseau des entreprises et des demandeurs.

Il faut aller au devant des chefs d'entreprises

Une bonne initiative pour Patrick Cheppe, président du MEDEF 44, mais selon lui l'inscription sur une plateforme ou l'envoi de mails doit être doublée d'une prise de contact directe.

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"Il y a un truc qui marche, quand on a envie la personne qui est en face le sent... Les réseaux sociaux sont en échec, parce que sur un écran on ne voit pas si l'étudiant a vraiment envie... (Les réseaux sociaux), c'est très bien quand on veut inonder par contre quand on veut cibler... il faut vraiment aller au devant des chefs d'entreprise. Il faut le faire au moment où il y a moins les secrétariats, tôt le matin ou tard le soir, ne pas hésiter à venir deux ou trois fois, parce que le chef d'entreprise est pris. Il va dire "non j'ai pas le temps". Mais au bout d'un moment, on arrête de dire qu'on n'a pas le temps et ne pas recevoir, et là l'envie elle sort et il va quand même regarder s' il n'y a pas une possibilité chez moi, ou dans mon réseau".

Le groupe SYD a pris Camille en stage

Parmi les entreprises inscrites sur la plateforme choisirmonstage.fr, le groupe Syd (projets digitaux) a pris en stage Candice Lambert, étudiante en motion design à l'école de design de Nantes.

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"Les circonstances ont fait que je ne peux être qu'en distanciel, après on nous autorise parfois à venir dans l'entreprise, j'essaie de profiter pour voir s'il y a une personne présente pour m'expliquer des choses, m'encadrer un peu plus... et donc j'ai plusieurs maîtres de stage, ce n'est pas un seul, comme on d'habitude. Comme on a des projets différents, on va être avec des maîtres de stage différents... Du coup, on a des savoirs-faire, des méthodes et une organisation qui sont différentes, et donc ça enrichit beaucoup plus".

Rien que pour l'enseignement supérieur, 500 offres sont actuellement proposées sur le site choisirmonstage.fr, et 4300 inscriptions ont été effectuées, de la troisième au post-bac.

Reportage de Cédric Mané.