Des soldes 2020, en demi-teinte

10 août 2020 à 6h36 par Emilie PLANTARD

Ces soldes 2020 étaient bien particulières⬦ Après 2 mois d'inactivité pour cause de confinement, le gouvernement avait décidé de les décaler dans l'été. A la veille de leur clôture, le bilan est mitigé.

HIT WEST
Crédit: @Hit West

Comme d’habitude, il y a les heureux et les déçus. Dans les rues de Nantes, le soleil accompagne cette fin de soldes et parmi les commerçants, on commence à faire les comptes. Décalés de 3 semaines, les soldes ont démarré cette année en plein mois de juillet en raison de la crise sanitaire, et les ventes n’avaient pas spécialement bien démarré. Aujourd’hui, le bilan est mitigé. On a interrogé 4 commerçants nantais des boutiques Astuce Lingerie, Patrice Chausseur, Comme Paulette (vêtements) et House of California (vêtements) :

Écouter le podcast
"Très, très bien, meilleur que d’habitude. Je pense que les gens ayant été confinés pendant 2 mois ont voulu sortir, dépenser, se lâcher… Il y a du monde, mais nous on a une clientèle un peu plus âgée que la plupart des magasins et ces gens-là n’osent pas tous sortir… Je pense que c’est un bilan mitigé, les soldes étaient un peu en retard, et je pense qu’on a eu le départ tant attendu des gens en juillet et du coup on a eu moins de monde qu’on aurait espéré… Non, pas de monde pour nous parce que les gens sont déjà partis en vacances, par contre les 3 à 4 semaines avant les soldes étaient excellentes pour nous tous."

Une année 2020 très particulière

D’abord les manifestations contre la réforme des retraites, puis le confinement… A Nantes, l’année 2020 est décidément difficile. Et même si la réouverture des magasins a été profitable au commerce, il reste des stocks dans les magasins.

Écouter le podcast
"Cette période de soldes repoussés c’était bien d’un certain côté parce que ça nous a permis d’écouler nos stocks avant, mais beaucoup de nos clients étaient partis en vacances donc c’est plutôt un bilan mitigé… Nous on a besoin de déstocker, si on a trop de stock ça étrangle nos petites sociétés, c’est dangereux… On n’écoulera jamais 2 mois de ventes c’est impossible de rattraper, on aura des problèmes financiers, comme tous… C’est ça le problème, c’est le stock. Bon, on est toujours là, on résiste, on attend la rentrée avec impatience et Noël sera déterminent."

Une fin d'année cruciale

A Nantes, comme dans beaucoup de villes de l’ouest, la municipalité soutient ses commerçants. Ici un premier « grand déballage » a été organisé début juillet, et un autre week-end de déstockage sera proposé le 1er week-end de septembre. Malgré tous ces efforts, le deuxième semestre sera déterminant pour nombre de professionnels. Olivier Dardé est le président de l’association Plein Centre :

Écouter le podcast
"On s’est débattus comme on peut, on a reporté les loyers, on a essayé d’arrêter les charges fiscales et sociales, les frais fixes, il y en a qui se sont endettés avec les PGE (Prêts Garantis par l’Etat) donc à un moment, tout ça, il va falloir le rembourser. Donc à court terme on a un peu de trésorerie avec tout ce qu’on a pu décaler, mais il va falloir rembourser tout ça. Et pour ça, il va falloir faire du chiffre d’affaire et du chiffre d’affaire qui a de la marge. Donc quand vous faites des soldes à -40, -60%, vous faites du chiffre d’affaire sans marge, et ça va être compliqué quand il faudra rembourser. Et je pense que d’ici le dernier trimestre, si en plus Noël n’est pas extraordinaire, il va y avoir de la casse."

Ce deuxième semestre sera conditionné par l’ampleur de la crise sanitaire et si les clients semblent s’accommoder des contraintes appliquées actuellement en magasin, il ne faudrait pas qu’elles se durcissent…