Des formations pour lutter contre les violences au sein de la famille

25 janvier 2021 à 6h41 - Modifié : 25 janvier 2021 à 13h57 par Dolorès CHARLES

HIT WEST
Crédit: Cédric Mané (Hit West)

A l'heure du hashtag #MeTooIncest, reportage sur les formations données aux gendarmes de Loire-Atlantique pour mieux lutter contre les violences intrafamiliales.

Près d'un quart des violences constatées par les policiers et gendarmes se déroulent dans un cadre familial, et sur le terrain les forces de sécurité le disent, il n'y a pas un jour sans qu'ils n'interviennent sur ce sujet. En général, cela se déroule au sein même des foyers, le soir ou la nuit, sur fond de consommation d'alcool, et y entrer est toujours délicat...

Un cycle de formations

En Loire-Atlantique, les gendarmes ont comptabilisé l’an dernier 3 500 interventions pour des violences conjugales soit 400 de plus sur un an. Des violences devenues leur quotidien. Aussi, pour savoir réagir dans ce genre de situations, les militaires suivent des cycles de formation pour savoir comment séparer les personnes violentes, protéger les personnes dites vulnérables, comment aider à porter plainte ou reloger les victimes... Les gendarmes sont formés au sein d'une brigade de la Protection des familles, dont une antenne se trouve à Nantes. Cédric Mané a rencontré Valérie Tanguy, responsable de la brigade de protection des familles à Nantes :

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"Vous allez sur une scène de violences conjugales, vous constatez une infraction, ça va être les mêmes réflexes que sur une scène de cambriolage. Ça va être prendre des photos, noter les observations qu'on aura pu faire sur les réactions des victimes, de l'entourage ou des tiers qui sont présents au domicile. Les tiers ce sont les enfants, voir quelle est leur attitude, en prendre note, ça peut aussi être la réaction d'autres adultes présents, voir quel est le retentissement au moment où on arrive sur l'intervention, quel est l'impact émotionnel des personnes qui sont sur la scène".

Louis fait partie de la brigade du Pellerin en Loire-Atlantique :

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"Démuni par certaines situations où la violence est encore très présente ? Effectivement, peut-être. Après par le biais des formations et des rappels, non, pas vraiment parce qu'on met en place des process pour séparer les protagonistes, voir si les enfants sont en danger. C'est systématique... Etre dépassés, éventuellement ça peut être par le nombre si des personnes sont rameutées du fait des violences. Mais non en général on n'est pas dépassés... Ce qui est compliqué c'est la gestion psychologique des personnes, l'intervention c'est une chose mais après il y a la gestion de la plainte et de l'accompagnement : intervenir c'est une chose mais savoir prendre une plainte et accompagner correctement les victimes c'est une autre chose.

A Nantes, la sensibilisation aux violences intrafamiliales a démarré avec les membres du personnel du 17 et les référents VIF (violences intrafamiliales). 75 personnels au total, elle durera jusqu’en février. Le but, former 1 000 gendarmes de Loire-Atlantique d’ici la fin de l’année.