Dans l'ouest, les centres de vacances en mal d’enfants

8 octobre 2020 à 5h03 par Emilie PLANTARD

Le confinement et la crise sanitaire plus globalement, ont tenu éloignés les enfants des centres de vacances et de loisirs. Si les vacances d'été ont, en partie, rempli les structures, le calme est revenu à la rentrée scolaire et les centres craignent pour leur avenir.

HIT WEST
Crédit: @Association Séjours Plein Air

Après une courte éclaircie cet été, le ciel des centres de vacances et de loisirs s’est de nouveau assombri depuis la rentrée scolaire en Septembre. La peur de la Covid-19 est repassée par là et a privé de nombreux élèves des classes découverte habituellement proposées par les écoles. A Piriac-sur-Mer, l’association Séjours Plein air accueille des enfants depuis 1974 et se félicitait d’une bonne fréquentation, malgré un contexte fragile. Jusqu’à mars 2020 et le début de la crise sanitaire… Aujourd’hui, pas un enfant dans les couloirs du centre, au grand désespoir du directeur de l’association, Pierre Chénot.

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"A cette période on devrait être complet avec 160 à 170 enfants présents sur site. Ça c’est pour parler de l’automne qui est une période de plus en plus forte. Cette année, tout est à l’arrêt depuis le 15 mars, sur cette thématique-là des classes découverte, et les répercussions de la crise sont très importantes puisqu’elles nous empêchent de travailler, et surtout elles nous mettent en difficulté financière puisqu’on a un chiffre d’affaire qui fait une chute de 90%."

Des centres en pleine tempête

Dans les centres d’accueil des enfants, il a donc fallu gérer cette crise, comme toute entreprise qui voit son activité durablement impactée. Un mode survie que le directeur de l’association ligérienne n’imagine pas tenir sur le long terme. L’avenir de la structure est compromis.

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"La totalité de l’équipe est en activité partielle depuis mi-mars jusqu’au 4 juillet. Et puis depuis le 28 août jusqu’à tant qu’on pourra. C’est une activité qui est contrainte puisque sans activité on n’a pas la possibilité d’assumer l’ensemble de nos charges. On a aussi mobilisé tout un tas de dispositifs pour nous permettre de pérenniser les activités de l’association, on a des dispositifs de l’Etat, la région, le département, qu’on est en train d’activer."

Un manque de confiance

Un horizon bien sombre, alors même que rien ne les empêche de recevoir du public. Les protocoles sanitaires sont rigoureusement appliqués et aucun cluster n’a été recensé dans une structure. Pour éviter de couler, Pierre Chénot doit d’abord reconquérir la confiance des parents et des enseignants et il compte, pour cela, sur le soutient des rectorats, dont le discours ne doit pas se substituer à celui du ministre auprès des enseignants. Et puis il faut redresser la barre des comptes de l’association et pour cela, il compte sur l’Etat…

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"Tant qu’il n’y a pas d’interdiction de séjour, il n’y a pas d’interdiction et on devrait avoir la capacité à travailler. Et le deuxième point c’est sur l’aspect financier parce qu’aujourd’hui nos modèles économiques ne sont pas structurés de façon à générer un bénéfice conséquent or là, il est indispensable qu’on trouve de l’argent frais, par de la subvention. Pas par de l’avance de trésorerie, pas par du prêt, ça ce n’est plus possible. Pour être certains d’être là en 2021, il nous faut de la subvention."

Bientôt les vacances, vive les vacances !

A l’approche des vacances de la Toussaint, il faut quand même garder de l’espoir. Les enfants ne vont pas se garder tous seuls et le directeur croise les doigts pour voir du monde dans le centre à cette période, notamment via les 2 séjours proposés par l’association, tournés vers la découverte du milieu marin et l’environnement proche. Pour l’instant, force est de constater que ça ne se bouscule pas au portillon…

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"On espère avoir des enfants dans le cadre des colonies de vacances apprenantes qu’on compte de nouveau proposer pendant les vacances de la Toussaint. On espère qu’ils seront au rendez-vous. Très concrètement, on a aucune visibilité sur le remplissage sur les prochaines semaines, c’est pourtant dans 15 jours. On a bon espoir de pouvoir maintenir une activité d’accueil, en tous cas pas forcément avec les enfants que nous accueillons dans nos colos, amis aussi avec d’autres séjours qu’on pourra accueillir bien volontiers."

Plus d’informations sur www.sejours-plein-air.com ou sur la page Facebook de l’asso.