Bretagne

Covid : le CHU de Rennes prêt à affronter une potentielle deuxième vague

16 septembre 2020 à 14h55 Par Dolorès CHARLES
Crédit photo : Pixabay

Vit-on actuellement la deuxième vague de l’épidémie de Covid-19 ? C’est la question du jour, alors que les indicateurs ne sont pas bons France. Nos hôpitaux sont-ils prêts à recevoir les malades. La réponse du Professeur Le Tulzo du CHU de Rennes.

10 000 cas le week-end passé, et encore plus de 7.800 nouveaux cas positifs au coronavirus recensés ces dernières 24 heures en France, dont l’ancien Premier ministre Edouard Balladur, et 82 départements placés en situation de vulnérabilité modérée ou élevée, dont la Loire-Atlantique, la Sarthe, l'Ille-et-Vilaine et le Maine-et-Loire. Dans la région Pays de la Loire, tests et hospitalisations de patients sont en augmentation, 104 hospitalisations au total et 13 patients en réanimation. Trois décès ont aussi été enregistrés en une semaine (502 contre 499) selon l’Agence régionale de santé ligérienne.

Port du masque obligatoire dans les grandes villes

Pour lutter contre le coronavirus, le port du masque est désormais obligatoire dans de nombreuses grandes villes de l'Ouest à Rennes, Angers, Nantes, Saint-Herblain, Cholet ou Bouguenais. Dans les Côtes d’Armor, la Préfecture annonce ce mercredi l’obligation du port du masque en extérieur lors des rassemblements soumis à une déclaration en préfecture et ce pour une durée d’un mois. Sont concernés : les marchés, brocantes ou encore vide-greniers. Les enfants de moins de 11 ans n’y seront pas contraints. En Ille-et-Vilaine, la Préfecture a pris de nouvelles mesures en direction des jeunes : les bars vont fermer à 23h à partir de ce soir dans la capitale bretonne. Une décision prise par arrêté, jusqu’au 30 septembre.

Le CHU de Rennes est prêt

Le secteur de la santé est-il prêt à affronter une deuxième vague, c’est la question posée ce midi dans l'émission "Sur place ou à emporter" sur Hit West. Pour y répondre, le Professeur Yves le Tulzo, chef du service de médecine intensive et de réanimation au CHU de Rennes interrogé par Fabien et Julie.

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"On est prêt, parce qu'on a l'expérience de ce qui s'est passé précédemment, parce qu'on a monté des filières, parce qu'on a aussi appris à soigner les malades. Il n'y a toujours pas de traitement miracle mais souvent la médecine c'est une affaire de détails, et il y a un certain nombre de détails concernant cette maladie maintenant que l'on connait mieux, cela ne va pas transformer les choses, c'est à la marge ... c'est à dire que même avec ces améliorations, si jamais on est débordés il y aura beaucoup de morts, il faut très clair ! Donc, il ne faut pas qu'on soit débordé, la solution est avant tout épidémiologique, et elle est entre les mains de tous les français."

Et le personnel médical ?

Comment se prépare le personnel santé à cette possible 2ème vague ?

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"Les soignants ont très peur de revivre ce qu'ils ont vécu en février-mars-avril... Pour vous donner une idée, moi pendant deux mois je n'ai pas quitté l'hôpital, j'y étais tous les jours, samedi et dimanche compris. Les gens ont doublé leur rytme de garde et on a pu lors de cette première vague avoir des renforts sur les secteurs qui s'occupaient du Covid, parce qu'on a arrêté de soigner les gens pour ce qui n'était pas urgent. On n'a pas assez sur le marché en France de médecins, d'infirmières, d'aides soignants, d'internes pour assumer des grands débordements... c'est pour cela qu'on insiste beaucoup sur le fait qu'il ne faut pas que cela monte brutalement."

Les jeunes responsables ?

Le professeur Le Tulzo estime que les jeunes ont une responsabilité importante, notamment lors des réunions de famille vis-à-vis des plus âgés.

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"Même si actuellement la majorité des contaminations s'effectue dans des tranches d'âge plutôt jeunes, et c'est pour ça qu'il n'y a pas beaucoup de cas graves actuellement ... c'est parce qu'effectivement chez les 15-30 ans, il y a très rarement des cas graves - il y en a quelques uns - mais c'est rare. Tous ces gens qui ont entre 15 et 35 ans, ont des parents ou des grands parents, et même si les gens plus âgés font attention, il n'empêche qu'il y aura forcément des contaminations notamment lors des réunions familiales... C'est difficile, quand on a des enfants ou des petits enfants, de ne pas les voir, et les masques tombent au sens propre du terme. Contrairement à ce qu'on a dit, laissons les jeunes ce n'est pas embêtant, si parce que cela augmente la masse critique et le nombre  de possibilités de contamination des gens à risque."

L'interview complète est à retrouver ici :

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