Coronavirus : Le Morbihan lance une étude inédite en France

21 avril 2020 à 5h55 par Alexandra BRUNOIS

C'est une première en France : le Morbihan lance une étude pour savoir combien d'habitants ont déjà été en contact avec le nouveau coronavirus. Un reportage de Yann Launay.

HIT WEST
Crédit: Hit West (Archives)

Les Morbihannais ne vont pas être soumis massivement à des prélèvements, en fait les échantillons qui vont être analysés existent déjà... Pour calculer la proportion de Morbihannais ayant développé des anticorps, et pour comprendre comment l'épidémie s'est développée, les biologistes du laboratoire départemental vont analyser les échantillons de sang congelés ces derniers mois, comme l'explique le Dr Patrick Guérin, directeur de la société vannetaise OpenHealth, en charge du traitement des données :

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"Quand une maman est enceinte, il y a des prises de sang durant la grossesse, et une partie du serum, après analyse, va être conservée. Vous avez aussi des personnes qui, quand elles se font prélever du sang, acceptent qu'une partie de ce serum serve à des fins d'étude. Il faut, pour avoir une "photo" représentative, un petit millier de serums, il faudra aussi regarder si on a toutes les tranches d'âges, si on a des hommes et des femmes : il y a une représentativité stgatistique à vérifier..."

Dans le Morbihan, les premiers cas avaient été détectés tout début mars, mais l'étude veut remonter plus loin dans le temps...

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"S'il y a suffisamment d'échantillons, s'ils sont suffisamment repésentatifs de la population... et s'il n'y a pas de pénurie sur les kits de réactifs d'analyse, peut-être qu'une photo du mois de janvier serait possible..."

Connaître le nombre de Morbihannais ayant développé des anticorps, connaître la vitesse de propagation du virus, pourrait aussi éclairer le cas particulier du Morbihan : ce foyer précoce du virus n'a pas connu d'explosion des cas, comme dans l'Est de la France ou en région parisienne. L'étude lancée cette semaine devrait permettre de confirmer ou d'infirmer cette hypothèse que le Dr Guérin retient comme la plus vraissemblable :

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"Il semble que les médecins qui ont vu les permiers cas ont vite identifié qu'il ne s'agissait pas d'une grippe habituelle, et la qualité de l'accueil de ces patients notamment au centre hospitalier Bretagne Atlantique a lui aussi été d'excellent niveau, et a sans doute éviter une propagation du virus..."

Les données de l'étude seront bien sûr anonymes. Les premiers résultats devraient être présentés début mai par la société OpenHealth. Si la méthode fonctionne, d'autres départements français pourraient imiter la démarche morbihannaise.