Coronavirus : le CHU de Rennes centre de référence

25 février 2020 à 10h40 par Dolorès CHARLES / Alexandra BRUNOIS

Le Coronavirus a des implications dans l'Ouest.

HIT WEST
Crédit: Ronan Le Mouhaër (Hit West)

La pandémie désormais évoquée... Le dernier malade du coronavirus en France a quitté l’hôpital guéri hier, mais face aux cas enregistrés en Italie - 283 cas, 7 morts - notre pays a émis des recommandations pour les personnes de retour de Lombardie et de Vénétie. Les mêmes que celles en vigueur pour la Chine, Hong Kong et Macao. Si vos enfants reviennent de ces endroits, ils ne doivent pas être envoyés à la crèche ou à l’école. Dans l’Ouest, le CHU de Rennes est désormais centre de "référence" pour les tests de dépistage.


Deux nouvelles régions italiennessont désormais touchées par le Coronavirus… Il s’agit de la Toscane et de la Sicile. Une réunion d’urgence est en cours à Rome. L’Italie voudrait une stratégie frontalière commune avec les pays limitrophe comme la France. La Croatie, la Suisse, l’Espagne et l’Autriche sont désormais touchées aussi. En Iran, le vice-Ministre de la Santé est lui-même infecté par le virus.


La Chine, la Corée du Sud, l’Iran, l’Italie et aussi le Koweït et l’Irak … qui font face à leurs premiers cas avérés depuis hier. L’OMS a employé le mot « pandémie » hier pour la première fois et à la Bourse, les cours ont chuté. À Wall Street, le Dow Jones a connu sa pire séance depuis deux ans.


DES VOYAGES SCOLAIRES ANNULES


Le Rectorat de Rennes a demandé de suspendre tout voyage scolaire à destination de l’Italie. Des lycéens de La Mennais à Ploërmel (Morbihan) devaient partir dimanche en Italie justement. Le voyage à Rome est annulé. Même chose pour un lycée de Vannes et un autre de Pontivy et trois collèges de Séné, Languidic et Pluvigner.








LE CHU DE RENNES : CENTRE DE REFERENCE DANS L'OUEST


Alors que l’épidémie de corona virus s’intensifie, le CHU de Rennes se prépare. Pontchaillou est en effet un des 70 hôpitaux français désignés "centre de référence" dans le dépistage d’éventuels contaminés. Ça concerne tout le Grand Ouest. Le Professeur Matthieu Revest, du service des maladies infectieuses nous détaille le dispositif mis en place à Rennes.


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"Il y a un dispositif de consultation et de prise en charge ambulatoire des patients suspects. On peut voir le patient en consultations, faire les tests rapidement et éliminer rapidement le diagnostic. Puis, il y a un dispositif d'accueil des patients en hospitalisations pour ceux qui ont besoin d'être hospitalisé dans le service des maladies infectieuses et en réanimation médicale. C'est un lieu géographique dédié unique dans l'hôpital où les éventuels patients suspects sont isolés des autres malades. C’est un dispositif qu’on connaît dans le cas du « plan blanc ». On a des scénarii qui sont à préétablis au sein de l’établissement et on les adapte à l'épisode actuel. On ne ferait pas exactement la même chose pour un attentat par exemple".


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Un dispositif spécial est mis en place notamment en terme de prise en charge des malades. Mais le Professeur Matthieu Revest, du service des maladies infectieuses, se veut rassurant. Pour lui, les équipes soignantes sont déjà prêtes à faire face à un afflux massif de patients.


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"Les équipes des services d'urgence, de maladies infectieuses, de réanimation médicale du samu sont formées en permanence depuis plusieurs années à ce genre d'éventualité. Ces éventualités d’afflux massif de malades sont des éventualités qui sont, en temps normal, déjà explorée. Il y a des plans à Pontchaillou, mais comme dans l'immense majorité des centres hospitaliers. On a des chambres d'hospitalisation qui sont des chambres spécifiques d'isolement pour malades hautement contagieux qui existent en temps normal. Finalement, même si un cas qui arrive en dehors des épidémies, on est habitué, on n’est pas surpris. On n'a pas cette angoisse qui peut saisir des gens qui ne seraient pas formés par exemple".


ATTENTION PAS DE PANIQUE


Un dispositif spécial est mis en place notamment en terme de prise en charge des malades. Le Professeur Matthieu Revest, du service des maladies infectieuses, appelle toutefois à ne pas paniquer.


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"Il y a une espèce d'angoisse qui saisi beaucoup de personnes. Des patients qui se disent être symptomatiques et qui en fait quand les interroge et qu’on les examine n'ont pas de symptômes. C'est plus l'angoisse qui fait ça. Et donc il y a aussi parfois des tests qui sont faits pour des raisons plus d’anxiolyse malheureusement que de réalité médicale. Aujourd'hui en France (propos recueillis mardi 25 février, ndlr), il n’y a aucun patient victime du coronavirus hospitalisés. Donc on ne va pas mettre un nombre très important de personnel à attendre qu’un patient arrive. Le dispositif il est à géométrie variable en fonction de la situation et on s'adapte en temps réel".


Partout dans le pays, les centres de santé se tiennent prêts à affronter une pandémie. Une organisation à l’échelle nationale est donc la bienvenue pour le Professeur Matthieu Revest, du service des maladies infectieuses à Rennes.


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"C’est très important qu’on parle tous de la même langue et qu'on ait tous les mêmes messages. La première étape, c’est qu’il n’y avait que trente-huit centres de première ligne qui pouvaient prendre les patients potentiellement suspects. Ce sont les CHU. Du fait de ce qu'il se passe en Italie, de devoir augmenter notre capacité de réponse, il a été décidé d'activer d'autres centres hébergeant des samu. Donc il y a Vannes et St Brieuc. Puis il y aura une troisième ligne qui sera d’activer encore d'autres centres comme Lorient ou Quimper. Les procédures de capacité de réponse des centres hospitaliers sont déjà enclenchées pour pouvoir anticiper une éventuelle demande de la part du ministère".


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LES CONSEILS DU CHU DE RENNES


Un dispositif spécial est mis en place notamment en terme de prise en charge des malades. L’occasion aussi pour le Professeur Matthieu Revest, du service des maladies infectieuses, de rappeler la marche à suivre si vous êtes inquiets et de nous dispenser quelques conseils.


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"Le premier conseil, c’est d’être vacciné contre la grippe. La grippe, ça vous fragilise vis-à-vis d'autres virus respiratoires. Si on a des symptômes (fièvre, toux…), il faut au maximum éviter le passage aux urgences parce qu’il faut qu'elles continuent à faire le travail qu’elles ont à faire pour les patients qui ont d’autres urgences. Même si les patients ne doivent pas se présentent aux urgences et doivent d'abord appeler le 15, on sait bien que des patients risquent de se présenter. Il y a donc un circuit spécifique de réorientation immédiate de ces patients pour qu'ils n’entrent pas dans le circuit habituel des autres malades. Sinon, vous pouvez utiliser des solutions hydro-alcooliques, vous laver les mains. Et le port du masque, quand on est enrhumé, est une bonne chose. Ça évite la contagiosité".


Des propos recueillis par Ronan Le Mouahër