Contrats aidés : l'inquiétude des Banques alimentaires

7 septembre 2017 à 15h19 par Katell LAGRE

HIT WEST

Les protestations se multiplient, devant la baisse du nombre de contrats aidés : les Banques Alimentaires, à leur tour, tirent la sonnette d'alarme : la moitié de leurs salariés sont en contrats aidés. Et même si ces salariés sont une petite partie des équipes, constituées avant tout de bénévoles, ils jouent un rôle-clé, en assurant la continuité du service, et permettent de redistribuer 212 millions de repas à 2 millions de personnes en France. A la Banque alimentaire de Rennes, par exemple, l' un des 4 contrats aidés n'a pas été renouvelé par Pôle Emploi, et l'inquiétude grandit, comme l'explique Emmanuel de Longeaux, président de la Banque Alimentaire Ille & Vilaine :


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"En moyenne, un contrat aidé devra être remplacé par 3 bénévoles supplémentaires. Or nous avons déjà du mal à recruter des bénévoles. Si on nous supprime nos 4 emplois aidés, c'est une équation impossible"
 
 
Les Banques Alimentaires attendent de l'Etat une réponse rapide et des garanties. Pour Emmanuel de Longeaux, le gouvernement doit être conscient que le réseau des Banques Alimentaires aussure une mission d'intérêt général, et quasiment de service public :
 
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"Si les 80 bénévoles de la Banque Alimentaire (de Rennes) disaient demain matin : on arrête, parce que les conditions de travail ne sont pas satisfaisantes, alors 10 à 15 000 personnes auront de la difficulté à se nourrir.."


Et la Banque Alimentaire met en avant l'utilité de ces contrats aidés... pour les premiers concernés, les employés eux-mêmes, souvent dans une démarche de réinsertion. Karine, par exemple, est actuellement secrétaire comptable dans une entreprise du bâtiment, près de Rennes. Mais il y a encore un an, elle était en contrat aidé à la Banque Alimentaire d'Ille & Vilaine.


Elle y a passé 2 ans, et estime que ce contrat a sauvé sa vie professionnelle : Karine avait dû abandonner son ancien métier, dans la restauration, après un accident :
 
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"J'ai passé un bac pro secrétaire-comptable, et ensuite j'ai cherché du travail, mais je n'avais pas d'expérience... il faut trouver des petites entreprises ou des associations qui puissent nous mettre le pied à l'étrier. Moi, si je n'avais pas eu la Banque alimentaire, je ne sais pas où le serais.."


Reportage de Yann Launay