Confinement : la détresse psychologique des étudiants

4 décembre 2020 à 7h54 - Modifié : 4 décembre 2020 à 8h43 par Alexandra BRUNOIS

HIT WEST
Crédit: Yann Launay

Les universités tirent la sonnette d'alarme : une dizaine de présidents estiment que la distanciation qui se prolonge est une "bombe à retardement sociale et humaine". Reportage de Yann Launay sur la prise en charge psychologique des étudiants à Rennes 1.

A l'université de Rennes 1 comme ailleurs, l'inquiétude est réelle sur les conséquences pédagogiques, sociales, psychologiques de l'apprentissage en distanciel. Mais l'équipe de l'université, et les étudiants eux-mêmes, tentent d'atténuer son impact négatif, comme celui du confinement.

Les détresses psychlogiques les plus vives sont prises en charge par le Service de Santé des Etudiants, qui accueille un nombre de plus en plus grand de jeunes en souffrance, comme l'explique Marie-Amélie Castille, responsable du Service de Santé des étudiants de Rennes 1

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"Il y a quand même pas mal de démobilisation, vis-àvis des études, ce n'est pas évident de rester accrocher. Des étudiants qui marchaient très bien jusque là ont peur de rater leur année. C'est une génération qui a pas mal de pression : il y a beaucoup d'incertitude dans l'avenir, il faut réussir les études, et là ils n'y arrivent pas, c'est anxiogène..."

RENNES 1 SERVICE DE SANTE DES ETUDIANTS ENTREE.jpg (193 KB)

Devant l'augmentation du nombre détudiants qui expriment un besoin d'aide psychologique, le Service de Santé a dû se réorganiser :

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Tout le monde se mobilise, on essaie d'être un peu plus aussi sur les réseaux sociaux. En attendant que les psychologues se libèrent, parce qu'on a une petite liste d'attente, les étudiants sont reçus par des infirmiers aussi, on peut déjà commencer à débroussailler quelques points de stress ou d'angoisse. On propose de la relaxation et de la sophrologie, et puis la plateforme d'écoute, qui peut être un temps de soutien très ponctuel."

Le Service de Santé des étudiants redoute les conséquences du prolongement, jusqu'en février, des cours à distance :

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"On se prépare à avoir à accueillir davantage d'étudiants au fur et à mesure de l'hiver. Certains ont réussi à prendre sur eux, mais plus ça va durer, plus ce sera difficile. Les étudiants sont très demandeurs d'enseignants, de promo, de rythme, de reprise d'une vie sociale... Idéalement il faudrait reprendre le présentiel dès que possible, vraiment..."