Confinement : Des entreprises à l’arrêt

19 mars 2020 à 11h47 par Emilie PLANTARD

Dans la plus grande confusion, certaines entreprises continuent à fonctionner alors que nombre d'autres ont fermé leurs portes. Atlantique Travaux Publics, à Sainte-Luce-sur-Loire (44), a stoppé tous ses chantiers, ou presque.

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Crédit: @ATP

Se déplacer pour aller travailler, « lorsque le télétravail n’est pas possible ». Avec ces mots, le président de la république a autorisé les productions à se maintenir, lorsque l’arrêt n’est pas possible. C’est à priori le cas aux Chantiers de l’Atlantique et dans nombre d’autres entreprises et usines qui demandent à leurs salariés de venir travailler. Près de Nantes, l’entreprise Atlantique Travaux Publics, spécialisée dans les travaux d’assainissement, doit se plier aux exigences de ses clients mais elle a fait le choix, dès lundi, de mettre le maximum de ses chantiers à l’arrêt et d’adapter les autres. Des mesures de précaution face à la propagation du virus, pour protéger les salariés. Pierre Mille est le directeur général d’ATP :

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"On a aujourd’hui la majorité de nos maîtres d’ouvrage qui nous ont confirmé l’arrêt ou la suspension de nos chantiers. Et on a aujourd’hui un chantier qui est prioritaire, sur lequel il y a une activité, et puis il y a des équipes d’astreinte. Sur le gros chantier, les gens viennent individuellement, il n’y pas de transports en commun, etc. Sur les systèmes d’astreinte c’est 2 ou 3 personnes, qui seront dans des véhicules différents donc on a eu le temps dès lundi d’anticiper ce genre de choses et aujourd’hui, ceux qui travaillent sont dans des conditions sanitaires cohérentes et ce sont des chantiers qui le permettent."

Enorme manque à gagner

Une perte de chiffre d’affaire importante, pour ne pas dire colossale, pour cette PME de 80 salariés. Le directeur reste positif quant à l’issue de cette crise sanitaire, même s’il préfère ne pas trop penser comptabilité et manque à gagner…

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"Aujourd’hui on n’a pas évalué et pour tout vous dire je préfère pas faire des calculs au fur et à mesure de l’avancée de cette période. On le fera dès la reprise, ça fera l’objet de réunions, de concertations, on fera une évaluation de ces pertes pour au moins rattraper tout ou partie du chiffre d’affaire mais aussi des pertes qui ont été générées par cette période d’inactivité."

Mobilisation nécessaire après le confinement

Car le dirigeant pense déjà au redémarrage de l’activité. Une autre épreuve qu’il faudra organiser pour qu’elle se passe au mieux, dans l’intérêt des salariés et de l’entreprise, fragilisée.

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La reprise on y pense déjà parce qu’on va avoir un vrai challenge pour redresser cette situation économique qui va être difficile. On prendra certainement des mesures fortes concernant les congés, concernant le planning horaire, avec certainement des évolutions à la hausse sur le planning horaire, pour pouvoir amortir cette inactivité. Parce que nous craignons malheureusement que ce ne soit plus près des 6 semaines d’inactivité que des 2… 

Impact sur les congés

Il faudra bien sûr de la concertation, mais Pierre Mille compte déjà sur l’implication de tous ses salariés pour sortir de cette mauvaise passe financière. Le retard pris sur les chantiers devra être compensé et les vacances ou les RTT pourraient être des leviers intéressants. L’été 2020 ne sera probablement pas un été normal.

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"Il y avait des salariés qui avaient des soldes de congés donc il faudra les prendre. Et ensuite on va voir l’organisation de ces congés, qui vont être liés à l’aspect économique de l’entreprise, mais attention, on va aussi avoir des clients sur lesquels on a des engagements sur des travaux, qui peuvent aussi perturber la prise de congés d’été, avec des organisations qui vont aussi s’adapter à des clients qui aujourd’hui, vont aussi avoir des exigences par rapport à la reprise des travaux, qui sont programmés et utiles à la collectivité."

Un exercice exigeant puisqu’il faudra répondre au mieux à la situation de crise, tout en respectant la législation salariale. Plus que les semaines de confinement, c’est l’année 2020 entière qui risque de s’inscrire dans les annales.