Chacun chez soi, dès 18h partout en France...

18 janvier 2021 à 6h09 - Modifié : 18 janvier 2021 à 6h27 par Dolorès CHARLES

HIT WEST
Crédit: Dolorès Charles (Hit West)

C'est désormais notre quotidien, le couvre-feu est étendu depuis ce week-end à 18 heures partout dans l'Hexagone, Bretagne et Pays de la Loire compris. Une mesure qui n'est pas sans conséquence pour les commerces, le reportage de Yann Launay.

Le couvre-feu à 18 heures est entré en vigueur samedi soir, partout en France, au grand dam des commerçants, et tout particulièrement pour ceux et celles situés sur les trajets domicile-travail. Ces derniers connaissent une forte fréquantation en début de soirée. Exemple à l'épicerie "Nous - Anti gaspi", de Melesse près de Rennes, où Morgane Blandin et son équipe ont dû se réorganiser :

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"On est déjà ouvert en continu depuis mi-décembre, donc la solution qu'on a trouvé c'est d'ouvrir un peu plus tôt, et d'avoir un maximum de marchandise pour que les gens s'y retrouvent quand ils viennent faire leurs courses... Ce qui me fait un peu peur, c'est que les gens se ruent dans les magasins le samedi, et que ce couvre-feu à 18h n'empêche pas les gens d'être un peu les uns sur les autres dans les grandes surfaces, dans les magasins... A nous d'être vigilants..."

EPICERIE ANTI GASPI MELESSE JANV 2021.jpg (346 KB)

Epicerie "Nous anti-gaspi" près de Rennes @yannlaunay

La vente à emporter impactée

Ce couvre-feu à 18h va venir compliquer (encore un peu plus) les choses pour les restaurateurs. Alors, c'est vrai, le gouvernement a annoncé un renforcement des mesures de soutien : le produit de la vente à emporter, par exemple, ne sera pas à déduire des aides, mais la vente à emporter risque de s'effondrer, le soir, avec le couvre-feu. Steven Vigneau est le gérant du restaurant "Les Jardins d'Avalon", à Rennes :

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"On va improviser et tenter de survivre... On va essayer de travailler avec les plateformes qui nous permettent de faire de la vente à emporter en livraison... C'est difficile, c'est un enchaînement de difficultés... C'est un coup dur de plus, et à mon avis, et c'est loin d'être le dernier..."

La fin des food-trucks ?

Isabella elle vend des crêpes et des galettes à emporter, dans son camion qu'elle gare sur des parkings de supermarchés, autour de Rennes. Elle se demande si elle n'aurait pas désormais intérêt à laisser son food truck au garage :

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"Finir mon service deux heures plus tôt, c'est catastrophique : les gens viennent après leur travail, j'ai du monde entre 17h et 20h... Jusque là je ne me sentais pas vraiment concernée, parce nous les ambulants avons été moins touchés que les restaurateurs qui étaient obligés de fermer... ça va être un réel problème... C'est bien de prendre des mesures draconiennes, mais je ne vois pas ce que ça change 18h au lieu de 20h... Ils disaient que c'était pour éviter les apéros... Moi je ne prends pas d'apéros en semaine...."

Des habitudes à changer

Les entreprises aussi cherchent à s'adapter, et modifient les horaires et les plannings. Sylvie et Christine, deux employées rennaises, vont devoir changer leurs habitudes, elles jugent que cette réorganisation ne va pas vraiment dans le sens d'une plus grande sécurité sanitaire :

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"On ne va plus pouvoir rentrer le midi : on avait deux heures, mais comme il faut finir plus tôt, la pause sera réduite... On va manger au travail, moins sainement et avec les collègues... Alors que chez moi je mange toute seule... Je faisais les courses le vendredi soir... Du coup on va être obligés de les faire le week-end, en même temps que tout le monde... "

Des témoignages recueillis par Yann Launay.