Cancers pédiatriques : réunion bien suivie

5 avril 2019 à 2h53 par Dolorès CHARLES

A Sainte-Pazanne, au sud-ouest de Nantes, les habitants de la commune et des alentours se sont déplacés en nombre, hier soir, à la réunion publique sur les cas de cancers d'enfants.

HIT WEST
La réunion avait lieu à la salle Escale à Sainte-Pazanne
Crédit: Yann Launay pour Hit West

Près d'un millier de personnes se sont déplacées, et de nombreuses questions ont été posées aux médecins de l'Agence Régionale de Santé, du CHU de Nantes et de Santé Publique France. La réunion était organisée à la demande du collectif de parents qui a révélé l'existence de ce nombre de cancers supérieur à la moyenne nationale : depuis 2015, 12 enfants âgés de 3 à 19 ans ont été atteints, à Sainte Pazanne et dans les communes voisines, 3 enfants en sont morts.

L'inquiétude est grande, chez les habitants

Les riverains ont demandé s'ils devaient déménager ou en tous cas prendre certaines précautions pour protéger leurs enfants. La réponse du Dr Thierry Le Guen, de l'ARS Pays de la Loire, au micro de Yann Launay.

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"...Il ne faut pas sombrer dans la psychose, nous ne sommes pas face à une épidémie. Je ne sais vous dire aujourd'hui s'il y a un risque ou pas... on ne peut pas exclure le fait qu'il y ait un risque, mais qu'on ne connaît pas... On ne peut pas prendre de mesures paticulières... donc de la vigilance : au moindre doute consultez votre médecin, je crois que c'est le seul conseil raisonnable que je peux vous donner."

Aucune piste pour l'instant

Ce nombre de cas anormalement élevé de cancers chez les enfants reste inexpliqué, et de nombreux habitants réclament des études sur l'impact des pesticides, des lignes à hautes tensions, ou des téléphones portables. Les terrains pollués dans le passé par des activités industrielles sont cités à plusieurs reprises. De leur côté, les medecins soulignent que les investigations menées jusque là ont seulement permis de faire un premier tri parmi les hypothèses, aucune cause ne se dégage pour l'instant.

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"Par exemple, on a exclu que l'eau du robinet soit polluée par des métabolites cancérigènes... Donc, on a 4 pistes que l'on n'a pas exclues, même si on les considère très peu probables : les pesticides, le radon, les sols pollués par les hydrocarbures, le benzène lié au trafic routier... mais aucune de ces pistes n'a permis de trouver une cause commune qui pourrait expliquer ces cancers, il faut aller plus loin dans l'analyse."

Etude approfondie de Santé Publique France

C'est l'Agence nationale de santé publique (Santé publique France) qui prend maintenant le relais pour approfondir les recherches et tenter d'identifier la cause des cancers, mais comment va-t-elle procéder exactement ? La réponse du Dr Bertrand Gagnière, épidémiologiste à Santé publique France, avec Yann Launay.

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"On va sélectionner des diagnostics, on va sélectionner une période de temps, et une zone géographique... Il est possible et raisonnable de penser que dans 6 mois on aura les réponses, mais il est aussi possible qu'il faille prendre plus de temps, si de nouveaux cas surviennent, si des mesures prennent du temps, etc."

Le collectif "Stop aux cancers"

Pour les membres du collectif "Stop aux cancers de nos enfants", cette réunion était une première étape indispensable, pour avoir toute l'attention des services de l'Etat. A l'issue de ces trois heures d'échanges, Marie Thibaud et Johann Pailloux, co-fondateurs du collectif, sortent à la fois satisfaits et prudents :

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"On est très satisfaits de cette réunion publique, et il y en aura d'autres... Maintenant, on suivra de très près que l'étude de terrain ait bien lieu, nous allons faire la notre de notre côté... on ne lâche rien."