Cancers pédiatriques : Plus de cluster à Sainte-Pazanne !

23 septembre 2020 à 13h06 par Emilie PLANTARD

C'est un revirement de situation. Après avoir validé la présence d'un excès de cas de cancers pédiatrique dans le secteur de Sainte-Pazanne, Santé Publique France revient sur cette conclusion grâce à de nouvelles données. Cela ne remet toutefois pas en cause les résultats des analyses épidémiologiques effectuées par l'ARS et exposées lors du dernier comité de suivi, ce mardi soir.

HIT WEST
Crédit: @Stop aux cancers de nos enfants

C’était en novembre 2019. Lisa King, responsable de la cellule régionale de Santé Publique France en Pays-de-la-Loire, précisait : Nous avons informé le comité de suivi du fait que nous validons la présence d’un excès de cas de cancers pédiatriques sur le secteur de Sainte-Pazanne. Pourtant, c’est tout l’inverse qu’elle a annoncé lors du comité de suivi ce 22 septembre 2020. Il n’y a plus de cluster à Sainte-Pazanne. Pourquoi ? Parce que les données du Registre National des Cancers de l’Enfant n’ont été transmises que récemment à Santé Publique France et elles ont été affinées. C’est ce qu’explique aujourd’hui Lisa King :

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"C’est que c’est un travail de fourmi, il nécessite une vérification de chaque suspicion de cancer à l’échelle départementale ou nationale, d’aller chercher dans les services des dossiers médicaux, c’est un travail incroyable qui est fait par le registre, et ce temps est assez long. Et ce n’est pas toujours simple dans le contexte de suspicion d’agrégat ou de cluster. C’est pour cette raison que nous avons fait un calcul dans un premier temps, qui est plus facile à faire et plus réactif, qui est l’ordre de grandeur. C’est le compromis qu’on fait habituellement et qui a été fait en 2019."

Des chiffres traduits via un protocole scientifique

En somme, il n’y a pas plus de cas de cancers d’enfants autour de Sainte-Pazanne qu’en moyenne en Loire-Atlantique et en France. Environ 1750 enfants déclarent un cancer chaque année en France, entre 30 et 60 en Loire-Atlantique. Or, rien dans les données chiffrées ne révèle de situation singulière dans les 7 communes autour de Sainte-Pazanne.

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"C’est clair que ça interpelle quand des enfants tombent malades et c’est le point de départ de toute cette mobilisation mais notre travail à nous c’est de ramener ce chiffre à la population, qui a beaucoup augmenté à Sainte-Pazanne et qui a beaucoup augmenté dans le temps parce que, ça se peut avec des maladies chroniques, que pendant 2, 3 ans il n’y a aucun enfant malade, après il y en a 1, après aucun, après 3… c’est une distribution aléatoire et une fois qu’on arrive à une distribution fine, comme les communes, on peut voir ces variations avec des gens qui tombent malades, sans qu’il y ait une cause ou un problème."

Des résultats d'analyse enfin présentés

Si cette annonce est une immense claque pour les parents, elle ne remet pas en cause les résultats de l’enquête épidémiologique menée par Santé Publique France et l’ARS des PDL sur le secteur visé. L’analyse de ces données a d’ailleurs été exposée lors de ce dernier comité de suivi. Nicolas Durand, Directeur général adjoint et Directeur de la Santé publique et environnementale de l’ARS Pays de la Loire.

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"C’est quand même 600 prélèvements et 80.000 données qui ont été collectées et analysées et donc on ne constate pas d’exposition environnementale qui dépasse les seuils de référence. On a pu vérifier qu’il n’y avait pas de risque avéré, mais on a pu voir aussi qu’il y avait des situations qui n’étaient pas idéales, et on a fait des recommandations à l’école, dans certains logements, pour que les gens améliorent la qualité de l’air, la protection contre le risque radon et tout ça, ça a permis d’améliorer les milieux de vie"

Pas d'anomalie grave

Parallèlement aux levées de doutes effectuées par l’ARS, l’associations Stop aux Cancers de nos Enfants multiplie les analyses dans l’eau, l’air, le sol, les cheveux… Ses membres soulevaient dernièrement les doutes qui planaient autour des champs électromagnétiques, notamment émis par les éoliennes. L’ARS les balaie d’un revers de manche :

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"On a fait des investigations très poussées, on a fait 2 campagnes de mesures à l’école, et une campagne dans les logements des familles touchées par le cancer, des mesures fixes, en continu, on a demandé à des enseignants de l’école de porter des capteurs pour voir sur toute la journée quelle était l’exposition, et la conclusion de l’ARS et de l’ANSES, c’est qu’il n’y a pas d’exposition particulière. Les valeurs qu’on a constatées sont très faibles."

Les limites des autorités de santé

L’ARS est donc claire : Il n’existe pas de cause commune à tous ces cancers pédiatriques dans le secteur de Sainte-Pazanne et les investigations n’ont pas lieu de continuer. Cette conclusion bouleverse les familles qui voient le nombre d’enfants malades toujours augmenter. Mais les attentes des parents, l’ARS ne peut y répondre.

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"Le débat qu’on a toujours avec les collectifs et qui reste ouvert, c’est que nous on analyse exposition par exposition, on ne fait pas l’analyse du cumul des expositions. Un peu de radon, un peu de champs électromagnétique, un peu de pesticides, est-ce que ça présente un risque ou pas ? C’est une vraie question de recherche et des travaux de recherche au niveau national portent justement là-dessus. Et on va fournir aux chercheurs qui ont été sélectionnés, les 80.000 résultats qu’on a collectés, pour qu’ils puissent faire avancer les connaissances sur les causes des cancers pédiatriques."

En l’état actuel des choses, il n’y aura donc plus de comités de suivi, sauf en cas d’augmentation significative du nombre de cas de cancers. Cependant, la surveillance continue et l’ARS poursuit son travail pour agir en prévention et améliorer l’environnement des enfants en général.