Pays de la Loire

Cancers pédiatriques : où en est-on ?

07 octobre 2019 à 08h17 Par Dolorès CHARLES
Crédit photo : Pixabay

8 mois après la seconde alerte lancée par la maman d’un petit garçon atteint d’un cancer à Sainte-Pazanne, le collectif « Stop aux cancers de nos enfants » veut secouer un peu les autorités sanitaires.

Face à la lenteur et la rigidité d’action de l’ARS, l'Agence Régionale de Santé, les membres du collectif ont fait le choix de réaliser leurs propres analyses via un laboratoire privé et les résultats sont édifiants. Marie Thibaud est maman d’un enfant en rémission, et membre du collectif. C’est elle qui a lancé l’alerte. Emilie Plantard l'a joint pour Hit West.

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"Les recherches sont parties comme ça, et si on allait voir dans le corps de nos enfants pour voir s'il y a quelque chose, ou pas... de manière générale et puis là on est tombé des nues avec des toxiques, ces polluants, pesticides et perturbateurs endocriniens, et métaux dans leur corps ... Or ils ne peuvent pas arriver tout seuls ces métaux..."

D’autres soutiens leur ont permis de procéder à des analyses de cheveux, afin de pouvoir mesurer des présences de molécules sur le long terme. Des analyses particulièrement instructives.

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"Dans l'école, a été retrouvé du radon... du radon avec des pics dépassant largement les 300 béquerels... et il y a des pics à 2 000. Il y a donc dnager et risque en effet. Il y a du tétrachlorométane qui est extrêmement dangereux... Il y a plein de toxiques à l'école et la question primodiale c'est pourquoi il y a tant de cancers d'enfants. A partir du moment où l'on voit qu'il y a suffisamment de toxiques, faisons en sorte de les enlever. Là les autorités sanitaires et l'ademe font le nécessaire avec des mesures d'aération de l'école."

Ils ont également découvert le passage de lignes à Haute-Tension sous la cour de l’école... où 4 enfants malades étaient scolarisés. Le collectif a conscience des blocages auxquels doit faire face l’ARS mais veut tout faire pour contrer ces blocages et avancer malgré tout dans les recherches de facteurs favorisant le développement de cancers.

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"On comprend que nos autorités sanitaires n'ont pas le droit de faire de recherches sur les causes de nos clusters, c'est à dire trop de cancers sur une période donnée sur une zone géographique donnée... Elles ne peuvent pas faire de la recherche, elles peuvent faire de la levée de doutes mais pas de la recherche... mais c'est de la toxicité chronique, il faut aller chercher et c'est pour ça que nous avons fait des analyses de cheveux ..."

Au total, 17 enfants malades ont été recensés, depuis 2015 (4 sont décédés).

Un cocktail désastreux sur la santé des enfants

Concernant les lignes HT, les parents ont découvert par eux-mêmes qu’il existait 4 lignes à HT qui passaient sous la cour de l’école. Une information qui leur a été donnée par des soutiens extérieurs et qui ont depuis été confirmés par les autorités. Ça ne peut pas être en soi une cause de cancer, mais ça peut y contribuer dans un effet cocktail.

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"ça fait partie des soutiens nationaux, des personnes qui nous envoient des informations précises et presques confidentielles, et qui nous les transmettent. Nous à chaque fois on transmet aux autorités sanitaires qui nous disent à chaque fois, effectivement c'est vrai...mais ils n'y avaient pas accès eux-mêmes... "

Marie Thibaud avec Emilie Plantard. A tout cela s’ajoutent les résultats des analyses de la qualité de l’air de l’école faite par les autorités sanitaires et les parents ont le sentiment d’être face à un effet cocktail désastreux pour la santé de leurs enfants mais dans l’incapacité de prouver quoi que ce soit via les procédures classiques. Ils lancent donc une cagnotte sur internet afin de réunir des fonds qui vont permettre de financer d’autres analyses. Les résultats seront transmis aux autorités sanitaires afin de leur apporter des éléments de réponse. Le but est de protéger les enfants.

Pour participer à la cagnotte rendez-vous sur ce site ! Plus de 7 000 euros ont été récoltés à cette heure. Jeudi, un nouveau comité de suivi est prévu à l’ARS à Nantes, il sera notamment question de l'étude épidémiologique, réalisée à partir du questionnaire de Santé Publique France.

Pour le rapport de l'ARS c'est ici !