Pays de la Loire

C'est fini pour le site Michelin de Vendée

10 octobre 2019 à 13h39 Par Dolorès CHARLES
Crédit photo : Pixabay

Le site Michelin de La Roche-sur-Yon sera à terme fermé, et le site des Mauges impacté. Ce sont plus de 600 salariés qui sont concernés, pour la région des Pays de la Loire. Elus comme syndicats (CGT) sont choqués.

Cette fois c’est officiel. L’usine Michelin de La Roche-sur-Yon, menacée de fermeture depuis la publication d’un rapport interne dans Le Monde, soulevant son manque de compétitivité, fermera bien ses portes d’ici la fin 2020. Annonce de la direction ce jeudi matin aux salariés. Michelin, le fabricant de pneumatiques, avance des mesures de pré-retraite et des dispositifs de mobilité, et il promet de "proposer à chaque salarié yonnais de rester au sein de l’entreprise en France". C’est aussi l’inquiétude à Cholet, car 74 salariés Michelin travaillent à la fabrication de mélanges de gommes pour le site vendéen, ils sont donc eux aussi impactés par ce projet de fermeture.

Des salariés sacrifiés

Les employés en CDD ou CDI se verront proposer une solution de reclassement ou de licenciement ou ils n’auront pas de renouvellement de contrat. Denis Plard est délégué CGT à Cholet, Emilie Plantard l'a joint pour Hit West, et il ne décolère pas.

Écouter le podcast

"Il y a 615 salariés qui étaient spécialisés dans le poids-lourd qui sont impactés à La Roche-sur-Yon. Il y a 4-5 ans, les salariés de La Roche avaient déjà fait face à un plan de réactivité et avaient fait des sacrifices supplémentaires avec des horaires difficiles sous prétexte qu'il y aurait des investissements mais ils ne sont jamais venus. Les machines ne sont jamais arrivées et aujourd'hui le site est fermé..."

Grève générale le 24 octobre

Pour Denis Plard de la CGT, "il y a un marché "poids-lourds" suffisamment important pour maintenir le site de la Roche..."

Écouter le podcast

"Il y a un marché du poids-lourds suffisamment important pour maintenir le site et l'activités sur La Roche-sur-Yon. Je le rappelle que ce marché est en totale expansion depuis 10 ans, et les projections montrent qu'il sera toujours en progression d'ici 2024..."

La CGT appelle tous les sites à la grève le 24 octobre prochain afin de s’opposer à la fermeture du site.

Un "choc économique, social et humain."

La Préfecture de Vendée parle "de choc économique, social et humain." Pour elle, "l’État veillera à ce que le groupe Michelin respecte toutes les obligations légales et réglementaires qui s’imposent. En premier lieu, l’État sera attentif à la manière dont sera élaboré le PSE, le Plan de sauvegarde de l’emploi, à la qualité de la concertation avec les syndicats, et à l’effectivité des offres de reclassement interne et externe au groupe. En second lieu, l’État s’assurera que le groupe Michelin respecte ses obligations en matière de revitalisation du territoire et quant au devenir du site de La Roche-sur-Yon. Dès la semaine prochaine, le préfet de la Vendée réunira la direction et les acteurs locaux concernés."

Les élus locaux sur place

Dès jeudi, les élus de Vendée (Président du Département Yves Auvinet, maire de La Roche s/Yon Luc Bouard, etc. ont prévu de se rendre sur place, pour échanger avec les salariés.

La Présidente de Région LR Christelle Morançais :

"Sans aucune concertation, le groupe Michelin vient d’annoncer la fermeture du site industriel de la Roche‐sur‐Yon pour la fin 2020. Nous exprimons en premier lieu notre solidarité aux 619 salariés de cette usine inscrite dans le paysage industriel yonnais depuis plus de 50 ans, mais aussi aux 74 salariés de l’usine de Cholet impactés par cette décision. Tous sont en plein désarroi et nourrissent les plus vives inquiétudes sur leur avenir. Nous déplorons également les méthodes du groupe Michelin, qui traduisent un manque de respect des salariés et des élus. Manque de respect des salariés, qui ont fait des efforts considérables pour améliorer la compétitivité de leur usine, et dont la proposition de lancer une étude pour redimensionner ou diversifier l’activité du site n’a même pas été entendue par la direction. Manque de respect des élus, car cette annonce a été faite avant même que ne se déroule la rencontre que nous avions organisée cet après‐midi avec le PDG de l’entreprise, Florent Menegaux.

Cela n’est pas acceptable, d’autant plus que le groupe Michelin envisage de solliciter le soutien financier de la Région pour la revitalisation industrielle de l’usine ! Cette décision couperet traduit une froide vision des rapports économiques et sociaux, qui devraient d’abord être des rapports humains. Dès cet après‐midi, nous allons demander des comptes au président de Michelin et exiger, au‐delà même des obligations légales, qu’il prenne toutes les mesures pour assurer l’avenir des salariés vendéens et du site de La Roche sur Yon"

Christelle Morançais, présidente de la Région des Pays de la Loire et Bruno Retailleau, conseiller régional et sénateur de Vendée.

Peu d'impact en Bretagne

Pour la Bretagne, l'impact sur le site Michelin de Vannes, menacé en 2016, sera très faible, souligne le directeur de l'usine dans Ouest-France, qui a eu également en exclusivité le PDG de Michelin.