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Biodiversité : un tout nouvel Office français

24 janvier 2020 à 08h19 Par Alexandra BRUNOIS
Mieux connaître et mieux protéger la faune et la flore : c'est la mission de l'Office français de la biodiversité, créé au premier janvier. L'OFB regroupe en fait deux structures qui existaient : l'Agence française pour la biodiversité et l'Office national de la chasse et de la faune sauvage.

L'OFB, c'est 2800 agents sur toute la France, dont 87 à Brest, l'un des sites nationaux de l'Office.

Mais en moyenne, l'OFB, c'est entre 15 et 25 agents par département... Dans un contexte d'urgence, alors que la biodiversité est en forte baisse, y compris en France, ces moyens ne sont-ils pas un peu modestes ? : La réponse de Pierre Dubreuil, directeur général de l'Office français de la biodiversité :

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"Au moins le service public de l'environnement bénéficie de moyens constants, ce qui est assez rare aujourd'hui dans le paysage public... Il faudrait que l'on soit encore plus nombreux, mais nous ne sommes pas seuls : nous travaillons avec tous les organismes de recherche, les associations... La biodiversité, l'enjeu peut paraître gigantesque, mais ça commence près de chez vous : dans votre jardin, dans la forêt que vous fréquentez, et si vous agissez aujourd'hui, vous avez le résultat très vite..."

L'Office français de la biodiversité intègre donc les chasseurs... Des associations comme la Ligue de Protection des Oiseaux estiment qu'une trop grande place leur est accordée. Les chasseurs ont-ils trop de pouvoir au sein de l'Office ? La réponse de Pierre Dubreuil

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"Les chasseurs seront une composante parmi d'autres : ils seront 3 au conseil d'administration, sur 43, on ne peut pas dire qu'ils prennent le pouvoir... Les chasseurs sont des parties prenantes parce qu'ils connaissent la nature, ce sont des connaisseurs sur lesquels l'OFB s'appuiera, comme sur l'ensemble des autres acteurs qui sont dans l'OFB : les agriculteurs, les pêcheurs, les gestionnaires d'espaces naturels..."

Sur les 2800 agents de l'OFB, 1800 sont des inspecteurs, en charge de faire respecter les lois qui protègent l'environnement. Vous les reconnaîtrez sur le terrain avec leurs vêtements gris et leur sigle OFB. Et désormais, ces agents voient leurs pouvoirs renforcés : ils en auront presque autant q'un agent de police judiciaire, comme l'explique Loïc Obled, directeur général délégué à la police de l'OFB :

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« Par exemple, il y a des trafics d’animaux exotiques sur internet : des cornes de rhinocéros, de l’ivoire. Il y a aussi des trafics qui concernent des espèces beaucoup plus communes… Quand on fait une enquête sur ce genre de trafic, il faut faire l’ensemble de l’environnement du trafiquant dès lors qu’il y a des soupçons. On peut avoir recours à des fichiers de police comme par exemple l’immatriculation d’un véhicule. C’est quelque chose qu’on n’avait pas. Dès lors qu’on a l’ensemble de ces prérogatives, on peut faire l’enquête du début à la fin et avoir tous les éléments qui permettront au procureur de la République de décider de l’opportunité et des suites qu’il va donner à cette enquête ».

Des propos recueillis par Yann Launay