Bécassine et Le Doudou au cinéma aujourd'hui

20 juin 2018 à 3h25 par Alexandra BRUNOIS / Dolorès CHARLES

Le film Bécassine sort ce mercredi mais certains appellent à son boycott : Bécassine est la cible d'un groupe indépendantiste breton, qui menace de perturber les séances. Les réactions du réalisateur Bruno Podalydès et des premiers cinéphiles bretons.

HIT WEST

Le cinéma avec la sortie de la comédie français « Le doudou » signée du choletais Julien Hervé, auteur pendant 15 ans aux Guignols de l’Info. Dans ce film présenté en avant-première au Cinémovida, un papa interprété par Kad Mérad perd le doudou de sa fille et fait tout pour le retrouver. Film avec aussi Malik Bentalha. Sortie aussi de la comédie « A nous les gars » aujourd'hui dans les salles obscures de l'Ouest, et de "Bécassine".

Appel au Boycott

Le collectif d'extrême gauche "Dispac'h" dénonce l'utilisation même du symbole de Bécassine, jugé "insultant et méprisant pour le peuple breton". Le collectif estime que Bécassine, comme le personnage de Banania, est au service de la même vision colonialiste et humiliante.

Le film est accusé de rendre joyeux ce qui pour Dispac'h est un drame social et humain, à savoir l'émigration au début du XXè siècle de milliers de Bretonnes vers Paris, pour y travailler comme servantes.
Des accusations injustes et infondées pour Bruno Podalydès, le réalisateur du film.

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"Bécassine c'est un personnage qui n'a pas existé, un personnage de papier qui assez tôt a pu être récupéré pour plusieurs causes parfois opposées.. Banania c'était un logo, ce n'était pas un personnage de fiction, on ne peut pas comparer tout à fait les deux... Bécassine, cela commence en 1905 , et cela s'est fini presque dans les années 60, et je pense qu'elle a évolué, comme Tintin au début a commencé anti-communiste avec les Soviets, très raciste avec Tintin au Congo.. et personne, quand Spielberg a proposé le nouveau Tintin, n'est venu boycotter Tintin."

Pour Bruno Podalydès, la Bécassine de son film est un personnage plus universel que breton.

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"Si cela allait être interprété comme quelques chose d'ironique, de moqueur, cela aurait été un malentendu, donc j'ai préféré gommer toute référence directe, frontale, à la Bretagne, je n'ai pas tourné en Bretagne. Je suis revenu à une Bécassine telle qu'elle m'a touché : un personnage qui veut bien faire, une âme d'enfant dans un corps d'adulte. C'est cela qui m'a touché, ce n'était pas raconter l'histoire de la Bretagne."



Le film avait été présenté en avant-première en Bretagne. De nombreux spectateurs avaient entendu parler de la polémique qui entoure le film et souhaitaient se faire leur opinion. Réactions :

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"C'était vraiment tendre, ce n'est pas cliché du tout, il n'y a pas énormément de choses reliées à la Bretagne, il n'y a pas de polémique à avoir.(..) On s'identifie que l'on soit Breton ou que l'on soit d'ailleurs : c'est une jeune femme pleine de sentiments, très intelligente, qui nous emmène dans des rêves.(..) Moi je n'ai pas aimé : elle est neuneu, on n'est pas toutes comme elle, il parle de la campagne, on n'est pas tous comme ça à la campagne..(..) Bécassine est bonne pâte mais pas bête du tout : elle est conciliante, elle est dans le lien. Je n'ai pas du tout été affectée dans ma bretonnitude en voyant ce film."

Un reportage de Yann LAUNAY.