Bretagne

Agent Paper, le papier recyclé qui cartonne !

02 décembre 2019 à 17h55 Par Emilie PLANTARD
Crédit photo : Agent Paper

C’est l’histoire d’une idée, née dans la tête d’un imprimeur rennais soucieux de recycler ses chutes de papier. Près de 40 points de vente plus tard, Agent Paper cherche à s’implanter à l’étranger, notamment aux Etats-Unis et en Chine.

Des carnets colorés, de jolies cartes postales et bien sûr le produit phare de l’enseigne, des trophées d’animaux en papier à accrocher au mur… Vous avez peut-être déjà croisé les objets Agent Paper, tous plus originaux les uns que les autres. Derrière ces créations, l’imprimerie rennaise Microlynx et son gérant Olivier Vénien, à sa tête depuis 1983. Sensible à la cause environnementale, ce dernier a imaginé comment il pouvait recycler ses chutes de papier ; C’était en 2015. Olivier Vénien :

Écouter le podcast 

"On a, au fur et à mesure des tirages qu’on réalise pour des clients en offset, des feuilles de base qu’on utilise pour se caler en impression, en façonnage derrière, ce qui fait qu’on imprime toujours plus de feuilles… Ou en prévoit plus et de ne pas toutes les imprimer. Donc on a toujours un stock de papier blanc qu’on accumule en fonction des dossiers. Donc plutôt que de recycler ce papier-là, en le mettant chez des transformateurs comme Véolia ou Paprec, c’est comment on pourrait les réutiliser chez nous et on a commencé à réfléchir à faire des produits qu’on vendrait à des particuliers."

Une bouffée d'air pour l'imprimeur

L’idée est de recycler mais aussi se diversifier. La réflexion dirige naturellement l’imprimerie vers la papeterie, mais aussi vers l’origami, avec des animaux à monter soi-même. Et surtout la décision est prise de vendre ces objets dans des boutiques dédiées et ainsi de maîtriser l’ensemble de la chaîne, de la production à la vente.

Écouter le podcast 

"L’imprimerie est quand même un secteur en difficulté. Le volume de papier baisse d’année en année, tous les ans, 10% du volume papier baisse donc il y a des questions à se poser… Dans la démarche qu’on avait en 2015 il y avait le recyclage du papier mais il y avait aussi de trouver à s’autoalimenter sur la partie imprimerie. Plutôt que d’aller vendre à des gens qui vont vendre dans des magasins, on souhaitait produire suffisamment de carnets pour pouvoir imaginer ouvrir soi-même des magasins, monter un réseau de franchir et trouver soi-même des revendeurs."

Un succès fondé sur des valeurs environnementales fortes

Et ça marche ! Le chiffre d’affaire de la petite entreprise est en constante augmentation tout en restant fondée sur des valeurs de respect de l’environnement. Même si, succès oblige, l’approvisionnement à quelque peu évolué.

"Au début c’était avec beaucoup de papier issu de l’imprimerie, mais au fur et à mesure, on intègre du papier qu’on achète spécifiquement, des papiers de couleur. Mais, dans la démarche qu’on met en place, il faut que les papiers soient certifiés PEFC ou FFC c’est-à-dire qu’on sait d’où ça provient, que quand on abat un arbre il est replanté… Ou du papier qui est recyclé par des gros faiseurs et qu’on achète pour faire nos produits."

Une nécessaire progression

Les produits sont aujourd’hui tous fabriqués à Rennes et distribués dans une trentaine de points de vente, pop-up stores et boutiques en France. Déjà implantée en Belgique, en Allemagne, au Canada, l’enseigne vient d’obtenir en Septembre dernier une aide de la région Bretagne (30.000 euros) pour continuer à progresser, notamment via La Chine. Une évolution fondamentale pour rester concurrentielle.

Écouter le podcast

"On imprime ce qu’on estime être capable de vendre et on n’imprime pas beaucoup pour avoir un prix unitaire pas cher. Ce serait un gros faiseur, il en imprimerait 10.000 et il vendrait ça quelques euros quand on est à quelques dizaines d’euros. Comment faire pour avoir des prix plus intéressants en magasin, c’est là où on est arrivés à se dire qu’il faut trouver des revendeurs en France, des gens qui ont des petits magasins de déco, quelques grandes enseignes et surtout, trouver à l’étranger pour revendre les produits Agent Paper et monter le volume. Ça bénéficierait à nos magasins où on pourrait vendre nos produits moins chers."

Agent Paper ne tremble pas face à l’immense marché chinois. Olivier Vinien mise sur la créativité, le renouvellement de ses modèles et le Made in France pour se démarquer !