Administration, arnaque sur le Net !

19 septembre 2018 à 2h13 par Alexandra BRUNOIS

Une campagne de prévention contre les faux sites administratifs a été lancée lundi par la Secrétaire d'état à l'économie. Dephine Gény-Stephann était en visite au Centre de surveillance du commerce électronique à Morlaix.

HIT WEST
Centre de surveillance de Morlaix
Crédit: Yann Launay

Un million de Français se ferait arnaquer chaque année par de faux sites adminitratifs... Aussi, le ministère de l'économie vient de lancer une campagne de prévention contre ces sites qui ressemblent à de véritables sites officiels. Des sites qui vous font payer une somme symbolique pour obtenir un extrait d'acte de naissance ou un extrait de casier judiciaire, et qui en profitent pour vous faire souscrire un abonnement sans même que ne vous en rendiez compte... Vous êtes alors prélevé de 30, 40 ou 60 euros chaque mois sans l'avoir voulu...

La campagne de prévention a été lancée ce lundi à Morlaix par la secrétaire d'Etat à l'économie Delphine Gény-Stephann. C'est dans la ville finistérienne que se trouve le Centre de surveillance du commerce électronique, une division de la Répression des fraudes qui lutte contre ce type de pratique. De faux sites administratifs qui peuvent leurer n'importe qui, comme l'explique Hélène, enquêteur au Centre de surveillance du commerce électronique, en prenant l'exemple d'un site qui vous propose de vérifier combien de points il vous reste sur votre permis.

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"Le consommateur est mis en confiance lorsqu'il voit le drapeau bleu-blanc-rouge et des couleurs sobres. Le consommateur méfiant repérera sur le côté de son écran ce que l'on appelle "l'ascenseur" et saura qu'ils y a d'autres informations que celles qui apparaissent immédiatement à l'écran, mais la plupart du temps, on suit un cheminement simple : il y a un formulaire à remplir, on le remplit, il y a un bouton de confirmation, on confirme, et on ne s'occupe pas du reste..."

Un million de Français qui se ferait arnaquer chaque année sur ce type de sites... pourtant le nombre de plaintes reste faible, parce que les sommes en jeu ne sont pas forcément élevées, et parce que les sites frauduleux sont organisés pour cela, à travers leurs centres d'appels, comme l'explique Jean-Marc Le Rest, directeur du Centre de surveillance du commerce électronique à Yann Launay.

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"Si vous râlez un peu, ils vont vous rembourser un mois de prélèvement, si vous menacez de porter plainte, ils peuvent aller jusqu'à vous rembourser une année entière d'abonnement. Ils font en sorte que cela puisse perdurer, continuer à être une délinquance à bas bruit en limitant le nombre de plaintes..."

Et derrière ces faux sites officiels, il ne faut pas imaginer trouver de jeunes hackers en tee-shirts... ce sont des organisations très structurées, avec à leur tête des hommes d'affaires, et des ramifications dans plusieurs pays, comme pour cette structure démantelée récemment par le Centre de surveillance du commerce électronique.

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"La personne qui apparaît en premier plan, c'est un Français qui exploite un "kit" d'arnaque eu travers de 4 principales sociétés implantées en Hollande. Ce kit d'arnaque il l'aura achetées à une société implantée à Malte, à laquelle il reverse 30 à 40% du chiffre d'affaire réalisé."

Pour ne pas se faire arnaquer, quelques réflexes à avoir, rappelés par Delphine Gény-Stephann.

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"Pour toutes les démarches administratives en France il faut aller sur "service-public.fr". Deuxième réflexe : ne se fier ni à l'ordre d'apparition des sites sur un moteur de recherche -souvent des sites commerciaux arrivent en premier- ni à l'apparence d'un site aux couleurs bleu-blanc-rouge avec Marianne etc..."

Mais, ces faux sites officiels étant très visibles sur le net, et clairement identifiés comme hors la loi, alors n'est-il pas possible de les fermer, tout simplement ?

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"Les fermetures de sites doivent résulter de la décision d'un juge : il y a une enquête, c'est l'aboutissement d'un processus... Il y a des moyens d'intervenir plus rapidement, en collaborant avec les moteurs de recherche, pour agir sur le référencement, et éviter qu'un site frauduleux soit bien référencer sur un moteur de recherche..."

Pour plus d'informations, ou pour signaler une arnaque : www.economie.gouv.fr/dgccrf

Un reportage de Yann LAUNAY.