A Nantes, les professionnels de la restauration prêts, mais inquiets

28 mai 2020 à 6h31 par Emilie PLANTARD

Le 1er ministre devrait annoncer ce jeudi 28 mai la réouverture des bars, hôtels et restaurants le 2 juin prochain. A Nantes, les représentants des secteurs de l'hôtellerie et de la restauration se sont mobilisés mercredi pour alerter le gouvernement sur l'ampleur de leurs difficultés, mais également pour rassurer leurs clients.

HIT WEST
Crédit: @Hit West

Une table, chargée d’assiettes ou de verres devant la porte d’un restaurant, des toques ou des plateaux posés par terre devant un bar… Hier, les professionnels des CHR (Cafés, Hotels, Restaurants) réunis par l’Umih et le GNI (ainsi que Culture Bar Bars et l’association Plein Centre à Nantes), ont mené une opération symbolique.
Enthousiastes et impatients d’ouvrir, ils sont également inquiets pour leur avenir, après quasiment 3 mois de quasi inactivité. Et en attendant le feu vert définitif du gouvernement, ils redoutent que les clients n’osent pas franchir leurs portes. Alors devant le Café du Commerce à Nantes, où des toques et des plateaux de verres ont été jetés à terre, Catherine Querard, présidente du GNI Grand Ouest (Groupement des Indépendants de l’Hôtellerie Restauration) tient à les rassurer.

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"Vous savez, ça fait 3 mois qu’on entend parler des problématiques du Covid-19, du syndrome que ça engendre, des complications… Ça a mis beaucoup de clients en stress. On a besoin de les rassurer. Les plus en stress ne viendront pas dans nos établissements, mais il faut qu’ils sachent que tout le protocole sera respecté, on a l’habitude de ces protocoles, c’est quelque chose qui est commun chez nous, on apprend ça dès l’école hôtelière pour le protocole sanitaire, on l’a renforcé donc pas de souci pour venir chez nous en toute sécurité."

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Collectif Culture Bar Bars, Association Plein Centre, GNI Grand Ouest, Umih 44, unis pour la reprise

Des sociétés en péril

L’opération, nationale, vise également à envoyer un message au gouvernement. Le plan annoncé par le gouvernement semble un peu timide. Eux réclament une suspension des charges sociales jusqu’à la fin de l’année et le maintien des mesures de chômage partiel jusqu’à mars 2021, contre septembre 2020 actuellement. Si l’étalement des terrasses pourra éventuellement faciliter les choses cet été, ce ne sera pas le cas à partir de l’automne. Le GNI estime à 17% la part d’entreprises qui pourraient fermer d’ici à fin 2020, ça représente entre 70 et 80 établissements à Nantes.

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"La distanciation à l’intérieur des établissements va être compliquée parce qu’on va éparer les tables beaucoup plus, on va avoir moins de tables à l’intérieur. Donc moins de chiffre d’affaire après mois de fermeture. Le PGE, le prêt garanti par l’Etat, pour ceux qui l’ont obtenu, est une dette qui alourdit nos entreprises, donc ça correspond à un problème de trésorerie, mais ça ne répondra pas à nos problèmes de rentabilité. Et si nous n’avons pas de rentabilité, nous ne pourrons pas ouvrir très longtemps. C’est pour ça que nous interpellons l’Etat pour aller plus loin dans la mise en œuvre du plan de relance concernant le tourisme."

Les professionnels dans les starting-bloc

Le 1er ministre devrait annoncer jeudi, à partir de 16H, les mesures de cette 2è phase de déconfinement, dont fait partie l’ouverture des restaurants. Cette prise de parole est très attendue puisque les professionnels ne disposeront plus que de quelques jours pour se préparer, et notamment passer leurs commandes de produits frais. Catherine Querard gère plusieurs restaurants à Nantes :

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"On va les passer jeudi soir, on fera ce qu’on peut. De toute façon, on sait bien que dès mardi on ne va pas fonctionner à 100%, déjà du fait même des distanciations, donc on va démarrer petit à petit. Et puis on va s’adapter surtout, on va en avoir besoin. On a le protocole qui est écrit, on sait comment l’appliquer, on est en train de former et d’informer notre personnel à l’heure actuelle, il va falloir qu’on corrige un certain nombre de pratiques au fur et à mesure, et puis il va falloir qu’on jugule aussi notre clientèle, qu’on lui demande de la patience."

Les restaurants prévoient déjà d’étendre leurs services pour accueillir un maximum de clients cet été tandis que certaines communes devraient autoriser les établissements à étendre leurs terrasses. Une dernière inconnue subsiste à ce jour, concernant l’ouverture des discothèques, qui ne devrait pas faire partie de ce deuxième plan déconfinement.