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A Nantes, la tour de Bretagne va changer de visage

01 juillet 2020 à 08h09 Par Emilie PLANTARD
Crédit photo : @Hit West

A Nantes, la tour de Bretagne, 44 ans, 120 mètres de haut, 32 étages de bureaux en plein centre de la ville, a fermé ses portes ce mardi soir. Les propriétaires ont pris la décision en début d’année. Plutôt que de réinvestir dans une nouvelle série de travaux d’entretien, ils ont opté pour une rénovation totale et partent pour 5 à 10 ans de travaux.

Cinq, six, dix ans… ? Pour l’heure, personne ne peut donner de délai précis quant à la durée de fermeture de la tour de Bretagne. Ce mardi soir, toutes les entreprises qui occupaient les 32 étages ont déménagé leurs bureaux. L’aboutissement de plusieurs mois d’hésitations qui ont mené les copropriétaires à prendre la décision, il y a quelques semaines seulement, de rénover entièrement le bâtiment. A l’origine, une défaillance au niveau de la colonne à incendie exigeait un investissement de 2,5 millions d’euros pour la remettre aux normes. Une vision à plus long terme a finalement gagné les faveurs des propriétaires. Eric Warin est le directeur du CCO, propriétaire d’une partie de la tour, il est également président du Conseil Syndical.

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"Cette tour a un peu plus de 40 ans, elle faisait l’objet d’entretien, plus ou moins régulier depuis plus de 40 ans, on remplaçait une chaudière, ce qui est arrivé il y a peu de temps, on remplaçait un système de climatisation et chauffage, et ces travaux commençaient à présenter un coût de plus en plus élevé. Donc la copropriété devait réfléchir à une stratégie. Est-ce qu’on investissait au fil de l’eau des sommes de plus en plus importantes ou est-ce qu’on préférait tout remettre à zéro, et s’engager dans un projet de restructuration totale de la tour…"

La tour bientôt mise à nue...

Ce sont donc des travaux de grande ampleur qui vont être envisagé sur la tour. Aujourd’hui l’heure est aux transactions, des plus petits propriétaires vers des promoteurs immobiliers aux reins plus solides, comme Giboire, principal acteur de cette rénovation. Ensuite viendra le temps des études, complexes, longues, puis des travaux… Titanesques. Une période, lente, pendant laquelle les nantais risquent bien de ne plus reconnaître leur tour.

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"Tout est toujours plus compliqué dans une tour, en particulier ces projets de transformation. Il faut s’imaginer que pour l’avènement d’une nouvelle tour, il va falloir la démanteler complètement, visualiser qu’on ne va garder que les 4 poteaux qui la soutiennent, les poteaux métalliques et les planchers et qu’on verra probablement le jour à travers les étages quand elle va être démontée. La façade va être enlevée, tout va être désarticulé. Il ne restera que sa structure puis elle sera reconstruite sur un nouveau modèle."

Avant de présenter sa nouvelle tenue

La tour, longtemps considérée comme une vilaine verrue au centre du visage nantais, devrait donc dévoiler un nouveau visage. Mais aussi de nouvelles fonctionnalités. La tour de Bretagne nouvelle version devra répondre aux attentes de l’époque.

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"Cette tour a été construite en 1976, l’objectif c’est de l’adapter à son époque. Des bâtiments comme ceux-là représentent aussi un symbole de l’avènement d’une nouvelle aire. Donc sur la question de l’environnement la tour sera plus respectueuse qu’aujourd’hui. Le deuxième axe c’est la mixité des usages. Actuellement cette tour était utilisée pour des bureaux. A l’avenir on ira certainement vers un usage plus mixte. On peut imaginer un hôtel, des logements, des bureaux, des commerces et puis j’espère quelque chose qui ressemblera au Nid."

VUE NANTES DEPUIS NID.JPG (997 KB)

Depuis Le Nid, une vue imprenable sur Nantes et La Loire

Le Nid a fermé définitivement

Car la fermeture de la tour de Bretagne, c’est aussi la fin de l’emblématique Nid. Ce bar, né du Voyage à Nantes 2012, proposait à ses visiteurs de boire un verre au sommet de la tour, avec un accès à la terrasse qui offrait une vue imprenable sur la ville et ses environs. Le décor, une cigogne et ses œufs, était une œuvre de l’artiste Jean Jullien. L’établissement accueillait 300.000 personnes chaque année.

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"C’était une belle aventure, elle aura duré 8 ans et elle aura établi un lien tel entre les nantais et cette tour qu’il est difficilement envisageable que dans le futur projet il n’y ait pas un lieu du même type, avec la possibilité offerte au grand public d’accéder au sommet de la tour. Ça ne sera pas si simple puisque ça va générer des conflits d’usage notamment dans les ascenseurs mais pour moi c’est essentiel. On voit le bénéfice du Nid en terme d’attractivité territoriale puisque c’était presque un passage obligé."

Pour l’instant, personne n’a pris de décision quant à l’avenir du mobilier, réalisé en partie sur mesure, au sein même du bar. Pas de chiffre précis concernant l’enveloppe travaux de cette rénovation puisque les études n’ont pas commencé, mais elle devrait approcher les 100 millions d’euros.

Un reportage d'Emilie Plantard.