A Nantes, des légumes poussent un peu partout dans la ville

8 juillet 2020 à 4h51 par Emilie PLANTARD

Pendant le confinement, l'aide alimentaire a été nécessaire à de nombreuses familles. Ça a particulièrement touché les agents des espaces verts de la ville de Nantes, qui ont décidé d'apporter leur contribution, en cultivant des légumes.

HIT WEST
Crédit: @Hit West

En Mars dernier, la ville de Nantes a dû apporter son soutien à plusieurs associations d’aide alimentaire, tant les besoins étaient importants. Ça a marqué le service des espaces verts de la ville, dont les agents ont voulu s’organiser pour cultiver des légumes partout où c’était possible. Franck Coutant est responsable de l’événementiel dans le service, il lui a semblé logique de s’engager dans une telle démarche.


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"C’est une réaction à la crise liée au confinement, en fait il y a 2 choses qui ont donné naissance à ce projet, d’une part le fait que pendant le confinement on ne pouvait pas forcément entretenir les plants de fleurs des massifs. Et le fait de la crise alimentaire notamment… Crise économique et besoin d’aide alimentaire pour de plus en plus de personnes. Donc on s’est dit, plantons des légumes dans les massifs, comme ça, ça remplira 2 objectifs. Donc les légumes seront distribués à des personnes qui bénéficient déjà d’aide alimentaire."



Des plantes nourricières


Rapidement, les 25 équipes de jardiniers ont joué le jeu. Chacune a trouvé des emplacements, au total une cinquantaine, pour intégrer les plants de légumes. Directement dans les massifs de fleurs, sur une pelouse le long d’un boulevard (photo), dans les parcs ou dans un jardin ouvrier… Sur place, les agents ont ensuite dû apporter un peu de compost, de paillage et organiser une distribution d’eau, pour répondre à ces nouveaux besoins.


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"L’objectif ce n’est pas simplement de montrer les légumes, comme on a fait dans les stations gourmandes il y a quelques années. Là c’est vraiment d’avoir une productivité, en tous cas de pouvoir nourrir des gens, apporter des légumes frais à beaucoup de familles. On espère, en fonction de la météo et de beaucoup de choses, récolter 25.000 kilos de légumes. Pour se donner des bases, on s’est dit qu’on allait donner 25 kilos de légumes à 1000 familles."


Des légumes pour tout l'été


Les lieux sont facilement identifiables puisqu’ils sont tous paillés et disposent d’un petit panneau informatif. Pour cette première expérience, le service des espaces verts a sollicité le partenariat du CCAS. Lors des récoltes, les jardiniers de la ville seront donc soutenus par des habitants et des bénévoles des associations de quartier. Les variétés de légumes sont nombreuses et les premiers pourront être cueillis dès cet été.


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"Donc on a des tomates et des courgettes, qui vont être récoltées tout l’été avec des habitants, ensuite on a des patates douces, des choux, des betteraves et des cardes, des courges, butternut et autres variétés, donc ça, ce sont les sites qui sont dispersés un peu partout dans la ville, et on a 2 gros sites de production un peu plus intensive donc on a planté des pommes-de-terre, et des courges et on fera une récolte en septembre et octobre. Donc là, on a un peu plus de 2 hectares."


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Au jardin des plantes


Une expérience renouvelable


Car les colis alimentaires sont souvent composés de produits secs et de conserves, plus rarement de légumes frais. Or les espaces verts de la ville de Nantes comptent plus de 1000 hectares de surface à entretenir… Un peu moins de fleur, un peu plus de plants de potager, la mission est accessible. Elle va donc être analysée en fin d’été, pour évaluer sa pertinence.


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"Des légumes, c’est aussi des plantes donc quand on cultive des fleurs on peut aussi cultiver des légumes, il y a des petites techniques différentes mais ça se ressemble beaucoup. Et justement, peut-être faut-il s’interroger sur les objectifs de nos services. Là c’est vraiment une réaction spontanée, mais c’est aussi une expérimentation qui permet de se questionner sur l’avenir, sur l’agriculture urbaine, avec des agriculteurs, mais pourquoi pas une contribution du service public à des productions solidaires comme ça ?"


Pas de coût supplémentaire important pour la ville, si ce n’est les plants de légumes, bio. Et la consommation d’eau qui sera probablement un peu plus importante. Reste à souhaiter maintenant que le soleil arrive, pour faire pousser le tout. Et que les voleurs s’abstiennent….


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