4 skippers ont franchi le cap Horn !

4 janvier 2021 à 5h22 - Modifié : 4 janvier 2021 à 6h27 par Dolorès CHARLES

HIT WEST
Crédit: Yannick Bestaven (@vendeeglobe)

Le skipper de Maître CoQ IV et leader du Vendée Globe, Yannick Bestaven, a ouvert samedi la voie au Cap Horn. Son poursuivant Charlie Dalin l'a lui passé tôt dimanche, suivi par Thomas Ruyant et Damien Seguin cette nuit...

Ils en ont fini avec l’océan Pacifique ! Samedi après-midi à 14h42 (heure française), Yannick Bestaven a franchi la longitude 67° 17’ 21’’ Ouest qui prolonge l’extrémité sud de l’île Horn. C’est la première fois que le skipper de Maître CoQ IV passe le cap mythique. Une performance d’autant plus belle qu’il mène la course depuis une quinzaine de jours. Hier, c'était au tour de Charlie Dalin sur Apivia de passer le cap mythique avant Thomas Ruyant et Damien Seguin la nuit dernière.






YANNICK BESTAVEN


« Passer le Cap Horn c’est déjà quelque chose pour un marin ! Sur un premier tour du monde en solitaire encore plus, alors en tête du Vendée Globe c’est dingue ! » a déclaré Yannick Bestaven. Heureux, ému, fatigué et fasciné par les conditions dantesques qu’il endure, le skipper savoure, champagne à la main, son passage en tête du dernier des trois grands caps du Vendée Globe après 55 jours et 22 minutes de course... Après un océan Indien mené en embuscade dans le top 5, « Besta » prend les commandes de la flotte le 16 décembre, aux portes du Pacifique. Depuis, l’arcachonnais (installé à la Rochelle) qui a fêté ses 48 ans le 28 décembre, a réussi à mener à la perfection son plan Verdier-VPLP équipé de petits foils. Un bateau fiable et éprouvé de génération 2016, qu’il pousse à 100% de ses capacités. Le vainqueur de la Mini Transat 2001 et double vainqueur de la Transat Jacques Vabre en Class40 prend une petite revanche sur l’édition 2008 du Vendée Globe qui s’était achevée dans le golfe de Gascogne (démâtage) quelques heures après son départ. [Communiqué Vendée Globe ]






Après Yannick Bestaven, c'est donc Charlie Dalin le skipper d’Apivia qui a passé hier (dimanche) le Cap Horn :





DAMIEN SEGUIN


A 3h40 (HF), Damien Seguin a poussé un hurlement dans la nuit et s’est effondré en larmes. C’était au moment du passage du Cap Horn… son premier Cap Horn ! Un grand shot d’adrénaline savouré seul au milieu de l’océan après 56 jours 13 heures et 20 minutes de mer ! A bord de son groupe APICIL, Damien a été renversé par l’émotion, il n’en revenait pas de passer enfin ce cap tant attendu, le dernier de ce Vendée Globe, un peu celui de la délivrance pour tous les marins en course sur ce tour du monde... Pour Damien, ce n’est pas le seul fait de devenir Cap Hornier qui a généré tant d’émotions mais aussi la place qu’il occupe actuellement sur l’épreuve. 4e ! Le skipper de Groupe APICIL réalise un rêve, celui qu’il touchait du doigt depuis quelques jours : quitter les mers du sud dans le Top 5 de ce Vendée Globe ! Il a paré le Horn dans la nuit, un jour 12 heures et 58 minutes après Yannick Bestaven, leader et deux heures seulement après Thomas Ruyant, troisième !


Un exploit pour marin nantais


Un exploit pour le premier skipper handisport à participer au Vendée Globe et une récompense fabuleuse pour celui qui navigue sur un bateau d’ancienne génération équipé de dérives droites... En s’engageant sur ce Vendée Globe, Damien venait relever un nouveau défi, assouvir sa soif de compétition et porter un message fort autour de l’inclusion. Il a choisi de faire ce tour du monde et a tout donné pour s’y préparer mais même dans ses plus beaux rêves, il n’avait pu imaginer la course qu’il réalise actuellement. Ce passage du Horn restera désormais comme un immense moment dans sa carrière de marin au même titre que ses victoires en championnat du monde ou que les deux médailles d’or et la médaille d’argent qu’il a portées autour de son cou...


Les mots de Damien au passage du Horn : « Eh bien nous y voilà les amis ! Mon premier Cap Horn ! Un truc de fou ! Premier Cap Horn, quatrième du Vendée Globe. J’en reviens à peine, j’ai pleuré toutes les larmes de mon corps tout à l’heure en y repensant. Il y a eu tellement d’efforts pour en arriver là, c’est tellement dur ! Il ne fait pas beau il fait froid mais j’y suis arrivé, c’est top. Le chemin est encore long mais ça fait un bon bout de chemin déjà de fait ! C’est cool. Il reste la remontée de l’Atlantique sud, l’Atlantique nord et je vous donne RDV dans quelques semaines aux Sables d’Olonne si tout va bien ».