Le procès Troadec vu par les dessinateurs de presse, et le public curieux

22 juin 2021 à 12h35 - Modifié : 22 juin 2021 à 12h38 par Dolorès CHARLES

Notre reporter Cédric Mané a suivi cette première matinée du procès Troadec, avec les observateurs du premier et du dernier rang, les dessinateurs de presse et le public venu par curiosité assister à l'audience. Le procès va durer jusqu'au 9 juillet.

Le procès de l’affaire Troadec a démarré ce mardi matin devant la Cour d’Assises de Loire-Atlantique, pour trois semaines. Un procès XXL avec des dizaines de personnes, des juges, des avocats, des enquêteurs, des témoins, des familles et des proches des accusés et victimes de la tragédie. Au premier rang, les discrets dessinateurs de presse. Faute de caméras dans la salle d'audience, c'est à eux qu'il revient d'apporter une image des acteurs du procès.

Le breton Joris Le Dain "crayonne" le procès pour Ouest-France :

"J'essaie de ne pas me renseigner du tout sur les faits, comme ça quand j'arrive je vois la personne (l'accusé) sans savoir vraiment ce qu'elle a fait. Dès qu'il y a l'énumération des faits, déjà la personne change complètement au fur-et-à-mesure, on voit quelqu'un qui n'est pas du tout dans un milieu serein... Il peut vraiment se passer plein de choses. C'est comme la mer : des fois il y a le creux de la vague et il ne se passe rien, et d'un seul coup il peut se passer quelque-chose, une énumération des faits qui va déclencher des choses. Ce sont plein de sensations mêlées et que j'essaie de rendre".

Joris Le Dain, dessinateur pour Ouest-France
Crédit: Cédric Mané

Un regard sur les accusés

Après une matinée d'observation et de découverte des accusés, le dessinateur de presse Joris Le Dain donne ses premières observations :

"Pour Hubert Caouissin, c'est quelqu'un qui reste stoïque, il reste de marbre par rapport à ce qui se déroule autour de lui. Par contre, Lydie (l'accusée qui comparaît libre) c'est complètement différent, on sent qu'elle est paniquée dès qu'on parle de ce qui lui est reproché. Elle n'est pas du tout dans un milieu serein, il peut se passer plein de choses. Ils essaient d'éviter tout regard aux familles des victimes".

Joris Le Dain, dessinateur pour Ouest-France
Crédit: Cédric Mané

Une première aux Assises

Dans la salle ouverte au public, on retrouve des curieux, des amateurs de faits divers ou des étudiants comme Bastien, qui envisage des études de droit, il assiste pour la première fois à un procès d’Assises :

""Voir la personne (l'accusé) en vrai, ça fait très très bizarre ! On pourrait la croiser dans la rue et on ne va pas se dire qu'elle a vraiment tué quatre personnes ! Bon j'espère que ça ne m'arrivera pas. L'ambiance est très pesante, même si on ne voit que des images vidéo. On peut voir des films choquants, mais se dire que ça peut arriver dans la réalité et que là c'est arrivé, surtout qu'on habite Orvault donc on connaît le quartier, on voit même où est la maison, donc se dire ce qu'il s'est passé dans cette maison, ça fait vraiment bizarre".

Bastien assiste à son premier procès d'Assises
Crédit: Cédric Mané

Hubert Caouissin est accusé du meurtre de 4 personnes à Orvault, en février 2017. Les fragments de corps ont été retrouvés dans une ferme isolée de Pont-de-Buis, dans le Finistère.